Suisse
Politique

Nucléaire: Gerhard Pfister critique la nouvelle stratégie du Centre

L'ancien président du Centre atomise son parti sur le nucléaire

Gerhard Pfister, ancien président du Centre, a vivement critiqué la nouvelle position de son parti sur les centrales nucléaires.
Gerhard Pfister, ancien président du Centre, a vivement critiqué la nouvelle position de son parti sur les centrales nucléaires.Image: Keystone / Montage Watson
Ancien président du Centre, Gerhard Pfister a vivement critiqué le revirement de son parti sur la question du nucléaire. Selon lui, il pourrait coûter cher lors des prochaines élections.
17.07.2026, 18:5117.07.2026, 18:51
Christoph Bernet

Gerhard Pfister publie une chronique toutes les quatre semaines dans le magazine en ligne Republik depuis février 2024. Il y livre «un regard de philosophie politique sur la Suisse», selon la présentation disponible sur le site.

Le conseiller national zougois, qui a quitté la présidence du Centre l’été dernier, ne ménage pas ses effets. Dans sa dernière chronique, il s’en prend à ses propres camarades de parti, qu'il critique vivement. Gerhard Pfister ne cache pas non plus qu’il estime que plusieurs acquis majeurs de son mandat sont menacés sous la direction de son successeur, Philipp Matthias Bregy.

Le Centre à l'origine de l'interdiction du nucléaire

Gerhard Pfister s’intéresse à la question du nucléaire. Plus précisément, il revient sur la décision du parlement concernant le contre-projet à l’initiative populaire «Stop au blackout», soutenue de justesse par une majorité de son groupe parlementaire.

Ce contre-projet avait été lancé par le conseiller fédéral Albert Rösti (UDC) et prévoyait la suppression de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Gerhard Pfister a voté contre cette suppression, tandis que son successeur valaisan, Philipp Matthias Bregy, l’a soutenue.

L’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse avait été approuvée par le peuple en 2017 dans le cadre de la Stratégie énergétique. Celle-ci avait été largement façonnée par la conseillère fédérale en charge de l’environnement de l’époque, Doris Leuthard (PDC, aujourd’hui Le Centre).

Même s’il s’était montré critique envers cette stratégie à ses débuts, la position du Centre avait toujours été claire. Gerhard Pfister écrit:

«Je l’ai défendue avec conviction en tant que président du parti après les décisions prises par le parti et par le peuple»

Un revirement contre la base du parti?

Aujourd’hui, le parti «se rallie tout simplement à l’UDC et au PLR». Il opère un revirement contre la volonté de sa base, qui, selon les sondages, reste favorable à la sortie du nucléaire. Il s’agit également d’un pari risqué sur le plan politique, selon lui:

«Pour un grand parti du centre, il est plus difficile de développer des positions clairement identifiables et de s’imposer comme référence sur certains thèmes»

Entre les lignes, le message est limpide: Gerhard Pfister estime que cet objectif avait été atteint sous sa présidence et qu’il est désormais menacé depuis son départ.

Le nucléaire, symbole du Centre

Selon lui, un changement de cap ne se justifie que s’il est dicté par le peuple. Or, cette décision n’interviendra qu’en février 2027, lorsque la suppression de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires sera vraisemblablement soumise au vote.

Si la population devait rejeter cette réforme, Le Centre aurait abandonné «prématurément» et «sans nécessité une ligne claire». Si le groupe parlementaire était resté fidèle à sa position, le parti aurait alors été «le seul parti bourgeois dont la ligne aurait été confirmée» en cas de refus populaire des nouvelles centrales nucléaires.

En parlant de centrales nucléaires 👇

Gerhard Pfister rappelle également à ses collègues que la position jusqu’ici défendue par Le Centre sur la politique énergétique avait contribué à son succès lors des élections de 2023. Cette année-là, Le Centre avait «gagné un nombre substantiel d'électeurs pour la première fois depuis plus de 40 ans».

Le deuxième siège au Conseil fédéral menacé?

Selon lui, cette nouvelle base électorale risque d’être perdue lors des élections fédérales de 2027 et les conséquences pourraient dépasser le seul scrutin:

«La majorité du groupe parlementaire met ainsi en jeu le deuxième siège au Conseil fédéral visé après les élections de 2027»

Ces propos particulièrement tranchés que l’ancien président du Centre (jusqu'en 2024) adresse à ses camarades de parti doivent toutefois être tempérés. Une précision figure en effet dans sa présentation sur Republik:

«Gerhard Pfister attache de l’importance à ce que tout ce qu’il écrit puisse être contesté»

(btr/az)

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