Une pétition contre la réouverture des établissements Moretti
Récemment constituée, l'association des familles italiennes de survivants du drame de Crans-Montana se mobilise contre Jacques et Jessica Moretti. Elle veut lutter contre leur volonté de rouvrir leurs deux autres établissements publics, sur le Haut-Plateau.
L'association «Au-delà de Crans-Montana 1er janvier 2026 - familles italiennes des survivants» a été créée mardi 7 juillet, un peu plus de six mois après le drame. «Notre association représente la quasi-totalité des victimes et des survivants italiens», a précisé samedi à Keystone-ATS son président Francesco Riva, père d'un adolescent blessé durant le drame.
«Notre objectif est de faire en sorte que le nom de Crans-Montana ne reste pas exclusivement associé à la tragédie, mais qu’il devienne un point de départ pour garantir un soutien et un accompagnement concrets aux familles et aux jeunes concernés.»
Plus jamais ça
«Nous ne voulons pas alimenter la polémique, mais simplement soutenir nos enfants et obtenir justice pour eux», poursuit le président de l’association. «Nous souhaitons que les conditions soient mises en place pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.»
«Concrètement, nous travaillons avec le gouvernement italien, les hôpitaux et les centres de recherche», explique Francesco Riva. «Nous avons l'intention de financer la recherche médicale afin que l'expérience clinique acquise lors de cette situation d'urgence se traduise par de nouveaux protocoles de traitement pour les brûlures graves et les lésions respiratoires (ndlr: qui n'existaient pas avant le 1er janvier 2026, en Italie).»
Pas la même vision
Courant juin, l'association a choisi de se mobiliser d'une autre manière, en lançant une pétition en ligne contre la réouverture des deux autres établissements des époux Moretti, l'un situé à Crans-Montana, l'autre dans la commune voisine de Lens. A ce jour, près de 48 000 personnes y ont adhéré. «Cette pétition sera prochainement envoyée aux autorités fédérales, cantonales et communales concernées», révèle notre interlocuteur.
Selon les avocats des époux Moretti - Mes Yaël Hayat, Nicola Meier et Patrick Michod -, cette réouverture pourrait potentiellement servir à indemniser les victimes. «Nous nous opposons à la réouverture des locaux gérés par la famille Moretti tant que les enquêtes sont en cours, car nous considérons la sécurité publique comme une priorité», estime pour sa part l'association des victimes italiennes, qui ne croit pas dans l'objectif visé par le couple corse.
«La décence aussi est un principe»
«Nous ne demandons pas à la justice de condamner qui que ce soit avant son jugement. La présomption d’innocence est un principe que nous respectons», précise la pétition en ligne. «Mais la décence, aussi, est un principe. On ne rouvre pas les portes au public, quand la justice n’a pas encore fermé le dossier. On ne reprend pas le cours des affaires quand des familles attendent encore de comprendre comment leurs proches sont morts.»
«Nous appelons les autorités - et au premier chef les présidents de communes de Crans-Montana et de Lens - à ne pas ignorer cette mobilisation. Approuvez de nouvelles ouvertures dans le contexte actuel, soulèverait de sérieuses interrogations», a conclu Francesco Riva. (tib/ats)
