Suisse
Politique

Parmelin appelle au consensus à Baden

Guy Parmelin célèbre le consensus au 500e anniversaire de la Dispute de Baden

À Baden (AG), le président de la Confédération a souligné l'importance du dialogue, de la réconciliation et de la coexistence à l'occasion des 500 ans de la Dispute de Baden.
31.05.2026, 17:0031.05.2026, 17:00
Swiss President Guy Parmelin speaks to the media, during a press conference at the Geneva Press Club, in Geneva, Switzerland, Friday, May 29, 2026. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
Un appel à préserver le consensus dans un monde marqué par les divisions et les bouleversements.Keystone

Le président de la Confédération Guy Parmelin a fait l'éloge du consensus dimanche à l'occasion du 500e anniversaire de la Dispute de Baden. Il s'est exprimé dans la cité argovienne en présence des représentants des deux principales confessions chrétiennes.

Dans son discours bilingue prononcé dans l'église de Baden, le conseiller fédéral est revenu sur les conséquences de la controverse qui a eu lieu il y a 500 ans. A l’époque, les érudits avaient cherché à se démarquer les uns des autres, et non à trouver un consensus. Un fossé s’est alors creusé, qui marque encore aujourd’hui la Suisse, a dit Parmelin.

La Dispute de Baden eut lieu en mai et juin 1526 à l'initiative de la Diète. Deux cents personnes y discutèrent des vérités théologiques et des fondements de la foi catholique romaine et de la foi réformée. L’objectif de la Dispute était de parvenir à un accord. Mais cela n’a pas abouti: deux confessions ont vu le jour en Suisse.

Cet anniversaire est important, a souligné Guy Parmelin:

«Pour célébrer la réconciliation, la capacité à supporter les différences, à vivre la diversité. Et à tirer notre force des contrastes.»

Des valeurs dont on peut s'inspirer aujourd'hui, selon le président de la Confédération qui constate qu'en de telles périodes, le consensus s’effrite souvent.

«C’est pourquoi il faut des rappels. Il faut que nous restions fidèles aux faits. Que nous cultivions nos valeurs sans nier celles des autres.»

Et Guy Parmelin d'ajouter qu'«il faut parfois beaucoup de temps pour que les fossés se comblent, que la justice s’impose, que la paix s’installe. Mais il est toujours juste d’y travailler».

A l’aube d’un nouvel ordre mondial

La recherche de réponses et l’échange constituent un meilleur moyen de résoudre les conflits que la guerre, a renchéri l’ancienne conseillère fédérale argovienne Doris Leuthard, membre du comité de patronage de cet anniversaire. Selon la ministre de l'ancien PDC (Le Centre désormais):

«Nous sommes sans aucun doute à l’aube d’un nouvel ordre mondial»

Mais plutôt que se laisser submerger par de tels changements, il y a de l’espoir, basé sur les valeurs éthiques, les normes et les attitudes communes reconnues dans le monde entier et inspirées de la Dispute de Baden, a affirmé Mme Leuthard à l'occasion de la cérémonie ponctuée de prestations de lanceurs de drapeaux, d’une chanteuse d’opéra, de danseuses de ballet et de breakdancers.

La diversité n’est pas une menace

Avant cette partie officielle et laïque s'est tenu un office œcuménique solennel. La présidente de l’Eglise évangélique réformée de Suisse Rita Famos a admis qu'il y a eu il y a 500 ans «des diabolisations de part et d’autre». Et au lieu de l'accord recherché, c’est la guerre qui a éclaté".

Aujourd’hui, «nous avons appris que la réconciliation, la coexistence et l’amour sont indispensables. Sans amour, l’Eglise perd toute crédibilité», a affirmé Mme Famos, précisant que la diversité n’est pas une menace, elle est le moteur du changement".

Son homologue catholique, l'évêque de Bâle Felix Gmür a souligné que le dialogue entre toutes les confessions et toutes les visions du monde était indispensable à la paix. Le Chant de la paix de Baden, composé spécialement pour cet anniversaire a mis un terme à la messe.

Les festivités du 500e se sont déroulées à Baden sur plusieurs semaines. Elles comprenaient notamment des débats et des expositions. La cérémonie officielle et la messe solennelle en ont marqué la fin. (dal/ats)

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