Les délégués du syndicat Unia sont favorables à la libre circulation des personnes avec l'UE, à condition que les salaires soient efficacement protégés. Lors de leur assemblée samedi à Berne, ils ont adopté un manifeste dans ce sens.
Selon le syndicat, des relations réglées avec l’Union européenne (UE) et des Bilatérales III ne sont possibles que sur la base de droits du travail forts et égaux pour toutes et tous. Les délégués rejettent clairement le dumping salarial et les dérégulations d'une part, les discriminations et le discours démagogique sur une «Suisse à dix millions» d'autre part, a indiqué le syndicat dans un communiqué.
Le manifeste adopté samedi «réaffirme l'engagement d'Unia en faveur d'une Europe démocratique et sociale, dans laquelle on peut se déplacer librement, et qui garantit la protection des salariés avec de bonnes conditions de travail et de salaire».
Les membres du plus grand syndicat de Suisse appellent ainsi le Conseil fédéral et la Commission européenne à accompagner «impérativement» l'ouverture du marché intérieur par «des mesures encore plus efficaces de protection des salaires et des conditions de travail». Cité dans le communiqué d'Unia, un de ses membres, installateur sanitaire, a éclairé cette exigence.
Le principe du salaire égal pour un travail égal au même endroit doit absolument être garanti, et ce pour tous les éléments du salaire, y compris les frais, a déclaré le Bruntrutain, lui aussi cité dans le communiqué. Pour cela, on a besoin des mécanismes de prévention et de sanction existants, soit des contrôles paritaires, des cautions, des amendes et des interdictions de fournir des services.
Evoquant la libre circulation des personnes, Unia estime qu'elle devrait aller de soi, à l'instar de l'égalité des droits pour la totalité des travailleurs. Elles sont la base d'une cohésion solidaire de tous les salariés en Suisse, indépendamment de leur origine, a précisé un autre membre de la base qui a participé aux ateliers à l'origine du manifeste, Lilia Benyezzar, formatrice d'adultes, à Delémont.
Les contingents et la discrimination n'ont jamais empêché le dumping salarial et le travail au noir, a précisé la Jurassienne, elle aussi citée dans le communiqué du syndicat.
C'est notamment pour ces raisons qu'Unia «s'oppose avec véhémence à l'initiative de l'UDC contre une Suisse à dix millions d'habitants». Le syndicat précise avoir déjà commencé les préparatifs pour une campagne active opposée à ce projet démagogique. Selon lui, l'abolition de la libre circulation des personnes qu'elle réclame ne ferait que monter les salariés les uns contre les autres et les priver de leurs droits. (dal/ats)