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Politique

Surveillance de la Comédie de Genève épinglée et mesures dévoilées

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Séverine Chavrier: ancienne directrice de la Comédie de Genève.Keystone

«Scoop du jour»: la gouvernance de la Comédie va changer

Après des mois de crise et le licenciement de Séverine Chavrier, un rapport pointe les failles de surveillance de la Comédie genevoise.
21.08.2026, 12:2121.08.2026, 14:28

La Cour des Comptes genevoise épingle la gouvernance de la Fondation d'art dramatique (FAD). Elle lui reproche de ne pas avoir discuté d'objectifs avec la directrice de la Comédie de Genève Séverine Chavrier, qui se trouve au coeur d'une vive polémique. La Ville et le conseil de fondation annoncent des mesures.

Le gendarme administratif dit le cadre légal et réglementaire de la FAD «obsolète» et «incomplet». Avec une feuille de route, les problèmes de la Comédie «auraient peut-être pu être identifiés plus rapidement» et «n'auraient peut-être pas pris une telle ampleur», a dit vendredi à la presse celle qui a instruit l'affaire, Nathalie Brender.

Nathalie Brender, magistrat suppleant de la Cour des comptes, presente l'audit sur sur la gouvernance de la Fondation d'art dramatique (FAD) et la surveillance de la Comedie de Geneve, lors  ...
Nathalie Brender: magistrate à la Cour des comptes genevoise.Keystone

Elle a immédiatement précisé que la Cour ne faisait pas d'audit de ressources humaines, ni ne s'immiscait dans les problèmes internes à la Comédie. La Cour a formulé douze recommandations, toutes acceptées par la FAD ou par le Département de la culture de la transition numérique (DCTN) de la Ville de Genève.

La conseillère administrative Joëlle Bertossa a rappelé qu'elle l'avait mandatée après des accusations d'irrégularités sur les recrutements à la Comédie. Avant que la polémique ne «dérive» sur la personne de la directrice générale, mise en cause pour sa gestion par des collaborateurs.

La conseillere administrative Joelle Bertossa presente la feuille de route 2025-2030 du departement de la culture et de la transition numerique de la Ville de Geneve, lors d'une conference de pre ...
Joëlle Bertossa: conseillère administrative de la Ville de Genève chargée de la culture.Keystone

Les rumeurs étaient «justes», a conclu l'édile après le constat de la Cour selon laquelle des cas de non-conformité ont été observés. Selon elle, ce rapport montre que «la décision de licencier la directrice générale était la bonne».

Comme elle, le président de la FAD Philippe Juvet, en poste depuis février, charge la Franco-Suisse. «Les problèmes, nous aurions dû les voir», admet-il toutefois. Une commission ad hoc va plancher sur le futur de la direction artistique.

Sept procédures judiciaires

La fondation avait mis fin en mai aux relations de travail avec Chavrier. Un licenciement contesté par l'avocat de la directrice, Romain Jordan, qui parle d'une notification fin juillet.

Pas moins de sept procédures judiciaires sont en cours. Des mesures superprovisionnelles ont été obtenues pour la publication d'un rapport d'audit. Une médiation proposée par Juvet a été considérée comme «une mise en scène» et trop tardive par Me Jordan.

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Romain JordanKeystone

Tous ces rebondissements judiciaires absorbent beaucoup de financements, selon le président de la FAD. Il n'a pas exclu de devoir demander une rallonge à la Ville pour mettre en oeuvre d'ici fin 2027 toutes les recommandations de la Cour.

Un appel du pied auquel Bertossa répond par une fin de non-recevoir. «Il n'y aura pas de financements supplémentaires», a-t-elle dit devant la presse. Et d'ajouter que l'arrivée du Canton en co-gouvernance, «scoop du jour», ne s'accompagnera pas non plus de crédits.

Parmi les chantiers organisationnels, Bertossa souhaite déposer début 2027 au Conseil municipal des statuts révisés, les actuels remontant à 2009. Les discussions pourraient prendre plusieurs mois.

Face aux reproches d'un conseil de fondation trop grand selon la Cour, Bertossa veut le faire passer de 15 à 8 membres. Il serait constitué alors de quatre responsables politiques, d'un représentant du Canton, d'un de la Ville, d'un professionnel et d'un membre de syndicat.

Lacune sur les questions financières

Parmi ses recommandations, la Cour préconise de favoriser les compétences plutôt que la représentation politique pour choisir les membres du conseil. Il manque notamment un ou une experte sur les questions financières. Le président de la FAD est résolu à combler cette lacune, au moins avec un intervenant externe.

Autre changement, une table de rémunération des membres du conseil sera établie en septembre. Selon la Cour, il faut aussi mieux encadrer les liens d'intérêt.

Le conseil veut aussi s'engager davantage dans l'opérationnel de la Comédie. Des rapports financiers écrits seront demandés chaque mois. Un directeur opérationnel pourrait être engagé pour six mois pour remettre de l'ordre. Un membre du Bureau devrait assister aux réunions hebdomadaires de la direction de l'institution.

Le conseil de la FAD n'est pas épargné par la Cour. Les personnes que la fondation a directement engagées, notamment Chavrier, n'ont eu ni d'entretien pour fixer des objectifs, ni d'évaluation régulière. «En violation de son propre règlement du personnel», a fait remarquer vendredi Me Jordan.

Le DCTN est également pointé du doigt. La convention de subventionnement, 15 millions de francs pour la FAD pour la période 2025-2026, dont 13 millions pour la Comédie et 2 millions pour Le Poche, sera revue. Il manque une feuille de route pour la surveillance et des indicateurs financiers. Actuellement, seul un nombre de spectacles constitue un critère comme objectif.

Et Bertossa réfute n'avoir réussi à identifier des problèmes de gouvernance. «Il n'y avait pas de signaux très clairs» à son arrivée l'année dernière, affirme-t-elle. (jzs/ats)

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