Suisse
Commentaire

Crise à la Comédie de Genève: la justice rate l'essentiel

La nouvelle directrice de la Comedie de Geneve Severine Chavrier, gauche, accompagne de Lorella Bertani, droite, presidente de la Fondation d'art dramatique, s'exprime lors de sa presentatio ...
Séverine Chavrier et Lorella Bertani, à l'époque présidente de la Fondation d'art dramatique, qui l'a engagée comme directrice de la Comédie de Genève, en 2022.Image: KEYSTONE
Commentaire

Crise à la Comédie de Genève: la justice passe à côté de l'essentiel

En rejetant à son tour la plainte pour calomnie de l'ex-directrice de la Comédie de Genève, la chambre pénale de recours genevoise adopte une vision étriquée d'une affaire où la calomnie est au contraire au départ de tout.
30.07.2026, 18:5130.07.2026, 20:50

Diffamée dans la presse, qui reproduit un témoignage anonyme lui attribuant à tort la paternité de l’acronyme infamant «PPSDM» pour «petites productions suisses de merde», traînée dans la boue sur les réseaux sociaux suite à la diffusion de cette boule puante, Séverine Chavrier ne serait pas atteinte dans sa personnalité mais uniquement dans le «domaine des activités socio-professionnelles», considère la justice genevoise.

Dans un arrêt du 27 juillet, cette dernière rejette le recours de l'ex-directrice de la Comédie de Genève contre le classement, le 9 avril, par le ministère public, de sa plainte pénale contre X pour calomnie et diffamation déposée au début de l’année. Séverine Chavrier était alors encore en fonction.

Un argument trop restreint

Tant le ministère public que la chambre pénale de recours du canton de Genève, s’appuyant sur la jurisprudence fédérale, sont d’accord pour dire que l’«affaire Chavrier» n’excède pas la sphère «socio-professionnelle». Cette interprétation des choses échappe à la compréhension, tant beaucoup, ici, excède la sphère «socio-professionnelle».

En effet, chercher à nuire publiquement à un individu en l’attaquant sur sa réputation, celle-ci aurait-elle un lien avec sa profession, ce n’est pas l’attaquer en tant que professionnel, mais en tant que personne.

Le portrait d'une diablesse

En s’abstenant, manifestement, de juger des intentions d’anonymes qui, par la rumeur et des accusations dressant de Séverine Chavrier le portrait d’une diablesse, ont concouru à son licenciement, les juges genevois donnent l’impression de passer à côté de la véritable «affaire Chavrier». L’attaquer en tant que professionnelle, tout en dénigrant sa personne, était la manière la plus dans l'air du temps de lui porter préjudice.

On a du mal à suivre le raisonnement de la justice genevoise, pour qui «pourrir» quelqu’un dans le cadre de sa profession, au-delà de défauts dont il n'est peut-être pas exempt, ne serait pas le diffamer. Au demeurant, le métier d'un individu, en particulier dans le domaine artistique, c'est bien sûr son gagne-pain, mais c'est souvent tout son être, toute sa personnalité aussi. Non, vraiment, on ne comprend pas la décision rendue.

Incendie à Genève 6
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Moutier: malentendu à l'origine du double versement des rentes AVS
Un malentendu administratif entre Berne et le Jura a provoqué le double versement de la rente AVS à plus de 430 retraités de Moutier en janvier. Les deux cantons avaient chacun procédé au paiement après le transfert de la ville dans le canton du Jura.
Interpellé par trois députés PLR, le Conseil-exécutif bernois assure que la Caisse de compensation du canton de Berne (CCB) n'a commis aucune erreur. Côté jurassien, «il allait de soi» que l'Etablissement cantonal des assurances sociales (ECAS Jura) devait verser les rentes dès le mois de janvier.
L’article