«Les Lausannois en pleurs»: le nouveau tram fait rigoler à Genève
Cet été, il a fait très chaud et les villes suisses ont souffert. On le savait, on l'a désormais expérimenté: les îlots de chaleur sont réels. Les initiatives pour «végétaliser» les villes suisses sont légion à tous les échelons politiques. Récemment, Genève a présenté un nouveau dispositif pour son tram.
La ville a posé, sur près de 700 mètres, des rouleaux de sédum, «des plantes particulièrement adaptées aux conditions urbaines». Ces plantes «succulentes», ou grasses, se plaisent dans des conditions arides et sont appréciées pour leur rusticité, nous indique un spécialiste en botanique.
Une plante qui demande peu d'entretien, idéale pour une surface végétale. En diminuant la surface de béton exposée au rayonnement solaire, la ville retient beaucoup moins la chaleur. Les travaux ont pris sept semaines. Sous la publication, plusieurs internautes réagissent:
Les utilisateurs font référence au nouveau tramway lausannois, qui circulera dès la fin de l'année entre le quartier du Flon et Renens. Les critiques fleurissent déjà pour dénoncer un projet particulièrement bétonné, qui promet de faire régner la chaleur en été.
La vert'libérale Virginie Cavalli, conseillère communale lausannoise et candidate au conseil d'Etat vaudois en 2027, déposera mardi une interpellation urgente sur cette question. Elle suit une pétition nommée «Le tram, oui, la fournaise, non», lancée il y a quelques jours. Virginie Cavalli estime que Lausanne a manqué une occasion d’adapter son nouveau tram aux étés de plus en plus chauds et demande des aménagements pour limiter les îlots de chaleur.
La différence entre Lausanne et Renens interpelle particulièrement Virginie Cavalli: si des solutions végétalisées ont été trouvées côté renanais, le béton domine côté lausannois.
Pas de revêtements en sédum à Lausanne
Les transports lausannois (TL) nous indiquent que «les zones non végétalisées correspondent à des tronçons présentant des contraintes techniques ou d'exploitation».
Concernant les arbres, la présence des infrastructures urbaines souterraines — canalisations, chauffage à distance, électricité, galerie technique, etc — rend difficile le développement de racines.
Contacté, le municipal socialiste Julien Eggenberger prévoit «des arbres supplémentaires dans les secteurs du Galicien, des Halles de Sébeillon, de l'Ecole technique des métiers ou encore le secteur de l'Ecole professionnelle».
Et du coup, va-t-on poser des revêtements en rouleaux de sédum, comme à Genève? Non plus. «La méthode retenue pour le tramway lausannois n’est pas la même que celle des TPG», indiquent les TL qui indiquent avoir également appliqué «un revêtement végétalisé»: concrètement, du gravier agrémenté de petites plantes grasses et autres mauvaises herbes côtoie un ou deux passages plus verts à Renens et Prilly.
Un enjeu aussi social
Julien Eggenberger nous indique que la ville de Lausanne doit encore s'occuper de végétaliser «l'aménagement des places et espaces publics alentours, notamment la place de l'Europe». Mais pas des voies elles-mêmes. Celles-ci resteront donc bétonnées du côté du Flon.
La Municipalité mise donc surtout sur les arbres et l'aménagement des espaces publics, plutôt que sur une végétalisation supplémentaire des voies. Une réponse insuffisante pour Virginie Cavalli, qui veut désormais contraindre les autorités à examiner d'autres solutions.
Car l’enjeu est aussi social: enfants, personnes âgées et usagers vulnérables «doivent pouvoir emprunter le tram sans subir des températures excessives». Son interpellation évoque «des températures au sol dépassant 45 degrés le long des voies, sans parler des abris des arrêts qui se transforment en véritables fours».
