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Les psychologues suisses portent plainte contre les caisses maladie

Les psychologues suisses portent plainte contre les caisses maladie

Suite au changement du modèle de prescription des soins psychologiques, certaines assurances maladie ont décidé de ne plus facturer les prestations des psychothérapeutes en formation. Contre l'avis des autorités sanitaires, dénonce la fédération nationale des professionnels du secteur, qui a déposé plainte.
12.01.2023, 10:0012.01.2023, 12:29

Depuis le 1er juillet 2022, les soins psychologiques sont désormais pris en charge par l'assurance de base. Un changement attendu et salué par les professionnels du secteur, mais qui risque d'avoir des conséquences néfastes.

En effet, suite au changement de modèle de prescription, certaines assurances maladie ont décidé de ne pas facturer les prestations des psychothérapeutes en formation. Le problème, c'est que ces derniers suivent des milliers de patients chaque année, jusqu'à 12 000 en Suisse romande et au Tessin, selon des chiffres avancés il y a quelques mois.

[Gestellte Aufnahme] Eine Psychotherapeutin, rechts, therapiert einen Klienten und dessen Tochter im Teenageralter in ihrer Praxis, aufgenommen am 31. Januar 2020 in Zuerich. (KEYSTONE/Christian Beutl ...
Les psychothérapeutes en formation suivent des milliers de patients en Suisse.Image: KEYSTONE

«Dans l'immédiat, des personnes perdent leur thérapeute», confirme Cathy Maret, responsable affaires politiques et communication chez la Fédération suisse des psychologues (FSP).

«Les patients payent le prix de ce refus des caisses, et à moyen terme, tout le système de formation postgrade est remis en question. Et cela n'est dans l'intérêt de personne»
Cathy Maret, FSP

«Incompréhensible»

Surtout, par ce refus, ces caisses maladie contredisent les autorités, déplore la FSP. «L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et le Conseil fédéral ont confirmé, à plusieurs reprises, que les prestations des psychologues-psychothérapeutes en formation peuvent être facturées via la personne encadrante», poursuit Cathy Maret.

«Le fait que certaines caisses refusent de payer est incompréhensible»
Cathy Maret, FSP

Pour la FPS, la situation est donc claire: «Nous sommes d'avis que les caisses maladie n'assument pas leur mandat légal», déclare la responsable affaires politiques et communication. Pour cette raison, la fédération a déposé plainte contre des assurances de Santésuisse auprès de l’autorité de surveillance, à savoir l’OFSP. Ce dernier doit maintenant vérifier si l’accomplissement du mandat légal des assureurs visés, à savoir garantir les soins de santé de base aux patients, est encore assuré, explique la FSP ce jeudi.

Changement de système

Il faut savoir que les prestations des psychothérapeutes en formation doivent être facturées via la personne chargée de leur encadrement. Dans l’ancien modèle, la personne encadrante était un psychiatre, alors que dans le nouveau, il s’agit d’un psychologue-psychothérapeute.

Certaines assurances ont profité de ce passage au modèle de la prescription pour se dérober, accuse la FSP. «Il semble que certaines caisses maladie ont décidé d'utiliser ce qu'elles considèrent être une brèche pour refuser de payer des prestations qu'elles facturaient auparavant», dénonce Cathy Maret. Et ce, malgré les indications de l'OFSP et du Conseil fédéral. «Il ne devrait plus avoir de doutes», ajoute-t-elle.

La situation a de quoi étonner, poursuit la responsable de la FSP:

«Tout le système de santé suisse repose sur ce modèle, qui consiste à facturer via les personnes encadrantes. Et ce, dans tous les domaines: ce n'est pas uniquement le cas pour les psychologues-psychothérapeutes, mais également des médecins-assistants, par exemple.»

Pas toutes les caisses maladie partagent le même avis. Certaines, à l'image de Swica ou Visana, ont décidé de prendre en charge les prestations des psychothérapeutes en formation. Comme le montre une liste dressée par la FSP, il ne s'agit pourtant que d'une minorité, la plupart n'ayant pas encore répondu aux sollicitations de la fédération.

«Par ce refus de prise en charge de Santésuisse, c’est tout le système de santé psychique qui est mis en péril», résume le communiqué de la FSP. La plainte a désormais été déposée. Et Cathy Maret de conclure:

«Maintenant, c'est à l'autorité de surveillance de s'exprimer et de clarifier les choses»
Cathy Maret, FSP

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