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Une pasteure destituée après un dérapage important à Neuchâtel

Une pasteure destituée après «un dérapage important» à Neuchâtel

L'Eglise réformée évangélique neuchâteloise a pris une décision inédite après une enquête portant sur plusieurs accusations graves.
10.06.2026, 16:4010.06.2026, 16:46
L'Eglise réformée neuchâteloise retire son agrégation à une pasteure.
Image: montage watson

Une ancienne pasteure s’est vue retirer mercredi à Saint-Aubin (NE) son agrégation d’exercer par l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (Eren). La décision a été arrêtée lors du Synode au terme d’une procédure disciplinaire tenue à huis clos.

L'affaire constitue une première pour l'Eren. «Cela signifie que la pasteure ne pourra plus exercer son ministère au nom de l’Eren de manière salariée ou bénévole», a indiqué sur les ondes de RTN Jacques Péter, l'un des sept membres du Conseil synodal, l'organe exécutif de l’Eren.

Quels reproches?

L'autorité reproche à l'ancienne pasteure «un dérapage important par rapport au code de déontologie pastorale. Elle est notamment accusée d’emprise spirituelle, d’atteinte sexuelle et de harcèlement», a ajouté le conseiller synodal. Une commission d’enquête de quatre personnes a été mise sur pied par l’Eren.

L'organe a rendu son rapport après avoir entendu la pasteure ainsi que deux victimes. L’ensemble des éléments et la répétition de faits ont fait pencher la balance", a détaillé Jacques Péter.

«Cela montre un fonctionnement qui est problématique en tant que ministre de notre église», a expliqué encore Jacques Péter, selon qui le retrait de l’agrégation s’est décidé à l’unanimité du Conseil synodal. Une procédure pénale est également ouverte à l’encontre de la pasteure. Au-delà, l'Eren ne veut pas voir un tel cas se répéter.

Comment éviter les répétitions?

«Nous avons mis en place une antenne de signalements qui nous paraissait être fondamentale», a relevé Jacques Péter. Plus loin, le Synode (organe délibératif) dit «avoir pris acte, avec sérieux, des souffrances en lien avec cette affaire et a chargé le Conseil synodal de réfléchir comment l’EREN peut faire amende honorable».

«Une remise en cause du fonctionnement de l’église réformée doit être mise sur la table», a conclu le conseiller synodal. Début avril, à la suite de l'enquête interne, qui avait révélé des manquements à la déontologie pastorale, l'Eren avait interdit temporairement de ministère l'ancienne pasteure.

Consacrée par l'Eglise réformée du canton de Vaud

«L'enquête interne a démarré à mi-février quand le Conseil synodal a été averti d'un signalement», avait déclaré alors à Keystone-ATS Yves Bourquin, président du Conseil synodal de l’Eren. La pasteure incriminée y a exercé son ministère pendant plus de 20 ans.

La ministre sanctionnée mercredi avait été consacrée à l'époque par l'Eglise réformée du canton de Vaud (EERV), mais agrégée par l’Eren, c’est-à-dire intégrée au corps pastoral neuchâtelois. L'EERV, son actuel employeur, a aussi pris des mesures, avec une suspension. (jah/ats)

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