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La Suisse se prépare à l'arrivée d'une drogue redoutable

Les villes suisses se préparent à l'arrivée d'une drogue redoutable

Le problème du crack persiste en Suisse, notamment parce que la cocaïne devient de plus en plus abordable. Une autre drogue menace de se répandre dans le pays: le fentanyl. La fondation Addiction Suisse réclame davantage de fonds pour la prévention des dépendances.
05.02.2026, 13:1005.02.2026, 13:10
Michael Graber / ch media

Les scènes les plus dramatiques disparaissent durant l'hiver. Les températures froides et la neige éloignent les consommateurs de drogue de l’espace public. Là où, en été, on parlait de «scènes de drogue ouvertes», comme à la Riponne à Lausanne, il n'y a actuellement presque personne. Cela ne signifie cependant pas que le problème a disparu. Le récent «MonitorStup» (rapport sur la dépendance) de la fondation Addiction Suisse en témoigne.

Une personne toxicodependante prend de la drogue (ici une boulette de cocaine qui sera prise par inhalation) dans l'espace de consommation securise (ECS) de la Riponne le vendredi 7 novembre 2025 ...
L'espace de consommation sécurisé (ECS) de la Riponne (image d'archive).Keystone

Une fois de plus, il est question de crack. Un véritable boom persiste, lié à une «vague de cocaïne sans précédent» à laquelle l’Europe fait actuellement face. Les prix baissent et, en même temps, la pureté de la cocaïne vendue augmente. Depuis 2018, selon une étude, le prix d’un gramme de cocaïne à Lausanne a «diminué d’au moins moitié». En Suisse, la baisse des prix est même plus importante que dans d’autres pays européens.

La cocaïne est le principal ingrédient du crack. Grâce à sa grande disponibilité et à ses prix bas, celui-ci est désormais la drogue la plus répandue.

Son effet est intense et court, beaucoup de consommateurs ont donc besoin de plusieurs doses. Ce qui engendre un stress constant pour s'en procurer et pousse certains consommateurs à devenir agressifs. La consommation régulière de crack mène également à une détérioration physique rapide. Tout cela rend les consommateurs de drogue plus visibles dans l'espace public qu'il y a quelques années.

Les villes se préparent à la prochaine drogue

Ce phénomène ne se limite pas aux grandes villes, mais touche de plus en plus les petites villes et les communes suburbaines. Ces dernières sont très actives dans la lutte contre ce problème, selon Addiction Suisse. En revanche, il y a «une réserve de la part des autorités fédérales». Bien qu'il existe des tables rondes sur le sujet, il «manque une analyse nationale de la situation, un soutien financier et logistique pour les projets pilotes locaux et une coordination nationale qui serait à la hauteur des difficultés et des urgences au niveau local».

A l'inverse, les spécialistes de la dépendance constatent que les opioïdes synthétiques, comme le fentanyl, ne sont pas encore un problème en Suisse. Heureusement, cette drogue redoutable, qui cause des centaines de décès quotidiens aux Etats-Unis et au Canada, n’est pas un problème en Suisse. Du moins, pas encore. Mais plusieurs villes se préparent déjà à cette éventualité et développent des concepts pour y faire face.

Le fentanyl n'est pas encore un problème en Suisse, car l'héroïne y est toujours disponible. Mais cela pourrait rapidement changer. L'opium utilisé pour sa fabrication provenait souvent d'Afghanistan. Depuis que les talibans ont pris le pouvoir dans le pays, la culture de l'opium y a été interdite, ce qui fait craindre une future pénurie d'héroïne. L'une des drogues alternatives possibles serait alors le fentanyl.

De manière générale, Addiction Suisse recommande d’investir davantage dans la prévention. On estime que les problèmes liés aux addictions coûtent 8 milliards de francs suisses par an, tabac et alcool compris. Or, partout, les budgets alloués aux campagnes de prévention sont réduits. «Un changement de cap s'impose», affirme la fondation. Car ceux qui investissent dans la prévention économiseront ensuite sur les coûts futurs.

Traduit de l'allemand par hun

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Drogue: à Lausanne, la Riponne est une «zone de non-droit»
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