Primes maladie: cette réforme fait espérer une baisse en 2028
Chaque année, la facture s'alourdit pour les payeurs de primes, et de nombreux ménages sont à bout de souffle. Une lueur d'espoir apparaît désormais, même si elle est modeste. En 2028, entrera en vigueur une réforme du financement qui freinera la hausse des primes. Dans certains cantons, cela pourrait même suffire pour les faire baisser.
La réforme s'appelle EFAS, pour «financement uniforme des prestations». Les Suisses ont accepté l'EFAS il y a deux ans, à 53,3%. Dès 2028, les cantons devront participer à l'ensemble des coûts de la santé, peu importe où ceux-ci sont générés.
Jusqu'ici, les cantons ne cofinançaient que les traitements stationnaires, c'est-à-dire, par exemple, les séjours à l'hôpital avec nuitée. Ils en assumaient même plus de la moitié avec une prise en charge atteignant 55% des coûts, laissant les 45% restants aux caisses-maladie.
Alléger les primes de 800 millions
Les coûts des prestations ambulatoires, en revanche, étaient assumés par les seules caisses-maladie. Cela comprend les traitements ou interventions après lesquels on peut rentrer chez soi le jour même. Il s'agit par exemple des consultations chez le médecin de famille, des coloscopies ou de la physiothérapie.
Ces dernières années, les coûts ont fortement augmenté dans le domaine ambulatoire. C'est l'une des raisons des hausses constantes des primes.
Dès 2028, le fait qu'un traitement soit stationnaire ou ambulatoire ne jouera plus aucun rôle dans le financement. Dès lors, les cantons prendront, en principe, au moins un quart des coûts en charge, et les caisses-maladie les trois quarts restants au maximum. Dès 2032, la même règle s'appliquera aux coûts engendrés dans les établissements médico-sociaux et par les services de soins à domicile (Spitex).
L'EFAS freinera la hausse des primes d'assurance-maladie dans toute la Suisse, prévoit l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cet été, à partir de chiffres de 2024, l'OFSP a calculé ce que sa mise en œuvre pourrait signifier pour les primes. Le résultat serait un allègement de plus de 800 millions de francs par an.
Si les coûts ambulatoires continuent d'augmenter, ce qui est à prévoir, cet effet devrait encore s'amplifier.
Aucune hausse d'impôts attendue
En moyenne suisse, la prime devrait ainsi diminuer de 92 francs par personne et par an, selon l'OFSP. Il existe toutefois de grandes différences d'un canton à l'autre. Zurich peut, par exemple, compter sur un allègement supérieur à la moyenne, de 120 francs.
La mesure dans laquelle la hausse des primes peut être freinée ou inversée dans un canton dépend de nombreux facteurs, raison pour laquelle aucune prévision fiable ne peut être avancée.
Ce qui est en revanche clair, c'est que les cantons devront davantage surveiller leurs dépenses. A Saint-Gall, la direction de la santé s'attend à une charge supplémentaire de 53 millions de francs. A Zurich, elle devrait atteindre 200 millions de francs. Ces charges supplémentaires ne semblent toutefois pas plonger les cantons dans un déséquilibre financier.
Une hausse d'impôts due à la seule EFAS n'est prévue dans aucun des cantons interrogés. (trad. ysc)
