Genève s'engage à limiter le recours à du personnel de santé de France voisine. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le canton et les autorités françaises ont signé le 10 octobre à Lyon (F) une lettre d'intention dans ce sens. Objectif: améliorer l'accès aux soins en zone frontalière.
Comme l'a révélé jeudi 20 Minutes, la lettre que Keystone-ATS a obtenue indique que:
Selon ce document, les HUG s'abstiennent depuis plusieurs années de procéder à un démarchage proactif auprès de ces établissements. Reste que le personnel soignant provenant de l'Ain et de la Haute-Savoie a augmenté dans les cantons de Genève et de Vaud, où les salaires sont plus élevés. Selon l'Observatoire transfrontalier des professionnels de santé, les HUG comptent 52,4% d'infirmiers diplômés en France et qui y résident.
Les HUG pourront toutefois recruter des personnes qui leur adressent une candidature spontanée ou qui répondent à leurs offres d'emploi, a indiqué le Département de la santé et des mobilités (DSM). Pour pallier la pénurie, leur stratégie en matière de ressources humaines vise à mieux fidéliser le personnel soignant via l'amélioration de la qualité de vie au travail, une meilleure planification des horaires ou encore une meilleure gestion de la relève.
«Je crois que le texte qui a été signé est un vrai symbole. Ce document met noir sur blanc un gentlemen's agreement qui commençait à avoir lieu», estime Christian Dupessey, maire d'Annemasse (F), interrogé dans l'émission Forum de la RTS. Le démarchage actif «n'était pas acceptable» et ce document «nous permet, avec Genève, de travailler en confiance sur des solutions très concrètes. Car nous avons tous besoin de personnel».
Cela ne changera cependant pas «fondamentalement» la situation, reconnaît celui qui est aussi président du Pôle métropolitain du Genevois français (PMGF). La France ne peut pas s'aligner sur les salaires suisses, mais des possibilités d'améliorer l'attractivité des postes et de fidéliser les employés existent de leur côté, détaille-t-il aussi.
Pour répondre à ses besoins, le canton de Genève forme aussi davantage de futurs infirmiers depuis plusieurs années, grâce à une augmentation du nombre de places à la Haute école de santé. Chaque année, plus de 95% des jeunes diplômés sont engagés aux HUG dans le cadre de leur premier emploi, selon le DSM.
La lettre d'intention précise que la mise en oeuvre de ses dispositions fera l'objet d'une information annuelle des parties. L'idée est de suivre l'évolution des flux de personnels de santé au sein de la région frontalière et de développer des actions communes pour garantir un accès aux soins équitable et de qualité, tout en respectant l'accord sur la libre circulation des personnes. (chl/ats)