Il se faisait passer pour «Sarah»: ce Suisse arnaquait des hommes
Sur Telegram, «Sarah» flattait plusieurs hommes. Elle leur faisait des compliments et flirtait avec eux. A certains, elle finissait même par proposer des services sexuels. Ce que ses clients ignoraient: derrière ces échanges se cachait en réalité un Suisse d’une vingtaine d’années.
C’est ce qui est arrivé à une victime au début du mois d’octobre 2025. Elle échangeait assidûment des messages avec le prévenu, qui vivait alors dans le district de Zofingue (AG). Les conversations sont devenues plus intenses, plus intimes. Elles ont fini par tourner autour de vidéos. Sous sa fausse identité de «Sarah», le prévenu a vendu à l’homme des séquences érotiques. Comme il pouvait difficilement envoyer des vidéos de lui-même, il se les procurait sur une plateforme érotique avant de les revendre à son «client».
Au fil de la conversation, le contact virtuel a débouché sur la perspective d’une rencontre en personne. Sous l’identité de «Sarah», l’Argovien a convenu avec l’homme d’un rendez-vous pour des services sexuels et a exigé un paiement à l’avance. Son interlocuteur lui a alors versé 130 francs. Mais il a attendu en vain la prestation promise: la rencontre avec «Sarah» n’a évidemment jamais eu lieu.
D’autres hommes contactés
Selon le Ministère public, l’homme de 26 ans ne s’est pas contenté de cette seule victime. Sur une période de cinq jours, il a contacté d’autres hommes. Avec eux aussi, son objectif était d’obtenir de l’argent de cette manière.
Il n’a toutefois pas réussi à ses fins avec les autres hommes, ceux-ci ne lui versant pas la somme réclamée. L’ordonnance pénale ne précise ni combien de personnes il a contactées ni ce qu’il leur a concrètement proposé. Néanmoins, il est également possible que d’autres victimes n’aient pas pu être identifiées: par honte, les personnes escroquées ne se signalent souvent pas à la police.
Le Ministère public a considéré les agissements de l’Argovien comme des escroqueries répétées, dont certaines sont restées au stade de la tentative. Il l’a condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 80 jours-amende à 190 francs, soit un total de 15 200 francs. Le délai d’épreuve est fixé à deux ans.
L’homme a en outre écopé d’une amende de 2000 francs. S’il ne peut pas la payer, il encourt une peine privative de liberté de substitution de onze jours. A cela s’ajoutent 900 francs de frais liés à l’ordonnance pénale. L’homme qui avait payé pour la rencontre qui n’a jamais eu lieu recevra par ailleurs 180 francs du condamné. L’ordonnance pénale ne précise pas pourquoi il obtient 50 francs de plus que la somme qu’il avait versée. (trad. hun)
