Les températures augmentent à nouveau avant les fêtes de Noël. En plaine, le mercure peut grimper jusqu'à plus de 15 degrés à Noël, et sur le Crap Sogn Gion à Laax (2264 m), on prévoit des températures autour (voire au-dessus) du point de congélation. Mais c'est à partir de décembre que les jours importants pour les stations de sports d'hiver arrivent. Les pistes de ski doivent donc être prêtes.
Comme il n'y a eu que peu de neige en montagne jusqu'à présent, de nombreux domaines skiables ont dû recourir à la neige artificielle pour proposer une bonne offre aux clients à Noël et au Nouvel An.
De toute façon, la neige artificielle est devenue depuis longtemps un élément incontournable des domaines skiables suisses. Remontées Mécaniques Suisses, l'association de la branche, à laquelle appartiennent environ 350 des 500 entreprises de remontées mécaniques de toutes les régions de Suisse, écrit:
Autrement dit: autrefois, la neige artificielle était conçue comme un complément à la neige naturelle. Aujourd'hui, c'est plutôt l'inverse.
Interrogé à ce sujet, Marc Lagger, porte-parole de Zermatt Bergbahnen AG, explique:
La tendance des hivers plus chauds et de la diminution de la neige se poursuivra dans les années à venir. Ces points montrent comment les domaines skiables travaillent déjà avec la neige artificielle.
La neige artificielle a été produite pour la première fois en Amérique du Nord dans les années 50. Il a fallu attendre le début des années 1960 pour que les canons à neige s'y généralisent.
Au début des années 1970, c'était également le cas en Europe. En Suisse, Savognin (GR) a par exemple été l'une des premières stations de ski à utiliser des canons à neige en 1978.
Le succès de la neige artificielle a commencé chez nous après le tournant du millénaire. Alors que la part des pistes enneigées artificiellement était encore d'environ 7% en 2000, elle est passée à 30% en 2007. Aujourd'hui, selon les Remontées Mécaniques Suisses, sur les 22'000 hectares de pistes, environ 11'600 sont boostés par de la neige technique, ce qui correspond à 53%.
Ces données varient bien entendu selon les différents domaines skiables. Zermatt peut enneiger environ 80% des pistes, à Adelboden (uniquement le domaine des Bergbahnen Adelboden AG), c'est environ 60% et à Laax jusqu'à 37% - bien sûr cela dépend toujours de la neige naturelle.
Pour cela, 150 canons à neige et 1150 lances à neige sont utilisés à Zermatt, 430 installations d'enneigement à Laax (environ 50% de lances) et 70 canons à neige et 230 lances à Adelboden.
Avec 53%, la Suisse enneige à peu près autant de pistes que la moyenne des pays de l'espace alpin. L'Italie est en tête avec 90% des pistes enneigées artificiellement:
Ce que l'on constate partout: l'augmentation au cours des 20 dernières années est impressionnante. En Suisse, environ 60 gigawattheures d'électricité sont désormais utilisés pour l'enneigement en un hiver.
60 gigawattheures sont nécessaires à l'enneigement en Suisse. La fabrication de neige artificielle représente ainsi 35% de la consommation totale d'électricité en hiver chez les quelque 350 membres de Remontées Mécaniques Suisses.
A Adelboden, par exemple, les remontées mécaniques ont nécessité un total de 4,5 gigawattheures la saison dernière. 30% de cette quantité concernait l'enneigement artificiel, 60% les remontées mécaniques et 10% le reste.
Il apparaît aussi clairement que la consommation d'électricité de tous les membres est nettement plus élevée en hiver:
Aucun effort n'est épargné pour maintenir en vie cette activité si importante autour de Noël et du Nouvel An.
Sur les 60 gigawattheures dépensés chaque hiver pour la neige de culture, 46 ont été consommés en novembre et décembre la saison dernière.
Cette phase permet de poser les bases pour l'ouverture de la saison et les fêtes de fin d'année. Avec la diminution des chutes de neige, le début de saison et la fréquentation des stations à Noël ne pourraient pas être garantis sans neige artificielle.
La production de la neige technique a bien entendu un impact sur la consommation générale d'électricité. Ainsi, les mois de novembre et décembre sont nettement les plus demandeurs en électricité, bien que la pleine saison de ski se déroule entre janvier et mars.
Même si la consommation d'électricité pour l'enneigement représente une part considérable de la consommation totale des domaines skiables, elle ne représente que 0,1% de la consommation totale en Suisse:
Pourtant, selon un rapport de Remontées Mécaniques Suisses, l'efficacité des installations d'enneigement a doublé au cours des 13 dernières années.
L'Institut des services publics et du tourisme de l'université de Saint-Gall a calculé en mars 2009 une consommation d'énergie moyenne de 31 500 kWh par an et par kilomètre de piste enneigée. Cette consommation a diminué au cours des dernières années pour atteindre environ 17'000 kWh, soit plus ou moins la moitié.
Les lances à neige sont également très efficaces. Au cours des 18 dernières années, la consommation spécifique d'air comprimé par lance a été divisée par 10.
Et combien cela coûte-t-il? On ne peut pas le dire de manière générale. Selon les chutes de neige naturelles et la température, il faut plus ou moins de neige artificielle et l'efficacité varie. De plus, le prix de l'électricité varie lui aussi.
La situation énergétique actuelle va faire grimper les coûts. Pour les remontées mécaniques d'Adelboden, 1,16 million de francs ont été dépensés la saison dernière pour l'énergie et les consommables.
Cette année, la porte-parole Stefanie Inniger déclare:
Outre l'énergie, la production de neige artificielle nécessite surtout de l'eau. Comme l'indique Remontées Mécaniques Suisses dans sa fiche d'information sur l'enneigement, environ 13 millions de mètres cubes d'eau sont nécessaires pour couvrir les 11 600 hectares. Ce chiffre peut toutefois varier très fortement en fonction de la température.
Lorsque les températures sont basses et l'humidité de l'air faible, il faut moins d'eau que lorsque les conditions sont plus chaudes et plus humides. En règle générale, un mètre cube d'eau permet de produire jusqu'à 2,3 mètres cubes de neige dans de bonnes conditions.
L'eau n'est toutefois pas consommée comme l'électricité, mais «empruntée», comme l'écrivent les Remontées Mécaniques Suisses. Elle reste stockée à bonne altitude et retourne dans le cycle naturel avec la fonte des neiges.
Elle est parfois pompée directement dans des lacs d'accumulation. A Zermatt, l'eau provient par exemple des installations de la Grand Dixence. Interrogé à ce sujet, le porte-parole Marc Lagger déclare: