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Dans plus de 70% des cas de violence domestique, les femmes sont les victimes.
Dans plus de 70% des cas de violence domestique, les femmes sont les victimes.

Violences conjugales: le péril mâle

Le 25 novembre marquait la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Pour punir et sensibiliser les agresseurs, la pratique du «Qui frappe part» se généralise en Suisse. On fait le point.
27.11.2021, 08:18

En Suisse, un féminicide se produit toutes les deux semaines et demie. Les violences domestiques, elles, sont en légère hausse depuis plusieurs années. Un record a été battu, en 2020, avec 20 123 infractions commises. La proportion de victimes féminines est d'environ 71,9%. Elle oscille entre 76,1% et 78,7% dans des cas de couples actuels ou passés. En tout, 11 508 victimes de violence domestique ont été enregistrées en 2020. Sur une durée de cinq ans, 15% de ces personnes ont été plusieurs fois enregistrées à ce titre.

Vaud a montré la voie

Mais, malgré les chiffres alarmants, un programme intitulé «Qui frappe part» est en train de faire ses preuves dans tous les cantons romands et a fait une percée à Saint-Gall, Nidwald ou encore Obwald. Ce concept qui gagne du terrain dans l'ensemble du pays a été conçu dans le canton de Vaud en 2017, où il a eu l'unanimité du Parlement.

Aider et suivre les auteurs

Comme son nom l'indique, ce programme oblige l'auteur des violences domestiques à quitter le logement commun. «Cette expulsion immédiate vise à apporter une meilleure protection aux victimes et un meilleur suivi des auteurs pour éviter les récidives. Le but est la tolérance zéro», rappelle Jacqueline de Quattro, la conseillère nationale PLR initiatrice de ce concept lorsqu'elle était conseillère d'Etat vaudoise.

«Les auteurs de violences aussi ont besoin d'aide. Car sauf les psychopathes, personne ne peut avoir du plaisir en frappant»
Jacqueline de Quattroconseillère nationale PLR

De Lausanne à Berne

Dans le canton de Vaud, les auteurs de violence dans le couple ou la famille sont suivis par le Centre Prévention de l’Ale et un Centre de consultation rattaché au Département de psychiatrie du Chuv. «Qui frappe part» est d'ailleurs l'objet d'une initiative parlementaire, déposée symboliquement le 8 mars 2021, à l'occasion de la journée internationale de la femme.

L'ampleur du problème en chiffres
En 2020, 20 123 infractions ont été enregistrées dans le contexte de la violence domestique dont 89 homicides ou tentatives d’homicide. Environ la moitié des infractions enregistrées par la police dans le contexte domestique sont perpétrées dans des relations de couple actuelles (2020: 48,8%). Seulement 1% des infractions de violence dans le couple sont relevées entre personnes du même sexe. La statistique policière de la criminalité et les études sur les violences domestiques en Suisse convergent sur un fait: les chiffres ne reflètent qu’une petite fraction de l’exposition effective à la violence. Seulement entre 10 et 22% des victimes de violence domestique se tournent vers la police. Lorsque la victime et la personne prévenue forment un couple, la relation alterne régulièrement entre tempêtes conflictuelles et relations affectives. Ainsi, le seuil à franchir est particulièrement élevé avant que l'existence du problème soit connue par des tiers. Un site apporte une aide et des conseils aux victimes de manière gratuite, confidentielle et anonyme dans toute la Suisse. Il existe également une plateforme pour les maisons d'accueil des victimes ainsi que toutes les adresses des sites d'accueil.
La prévention tempère les ardeurs
Une étude menée dans les cantons de Bâle-Campagne et Bâle-Ville révèle que les auteurs de violence ayant participé au programme de prévention de la violence domestique ont un taux de récidive deux fois moins élevé que celui des hommes ayant refusé d'y participer (12% contre 24%). La même tendance est observée à Zurich dans le cadre du programme «couple sans violence». En 2020, 4,5 millions de francs ont été consacrés à la prévention de la violence en Suisse.

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Elles ne sont pas punies pour avoir manifesté seins nus, mais pour autre chose
Six personnes ont comparu, jeudi, devant le Tribunal de police de Lausanne. Elles contestaient leur condamnation pour avoir manifesté seins nus. Et le juge les a entendues, mais les condamne pour autre chose.

Le verdict est tombé, jeudi après-midi, pour les six personnes qui avaient manifesté – avec une vingtaine d'autres – torse nu, à Lausanne, le 8 mars 2021. Elles comparaissent, en effet, pour habillement contraire à la décence. Leurs avocates avaient plaidé l'acquittement.

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