Bienne fête 30 ans de bilinguisme et décroche à nouveau son label
Bienne a inscrit officiellement le bilinguisme dans le Règlement de la ville le 9 juin 1996, soit il y a exactement 30 ans. L'administration municipale a annoncé mardi avoir officiellement obtenu une nouvelle fois le Label du bilinguisme. Cette relabellisation confirme l'engagement de longue date de la ville.
Pour sa maire, Bienne représente «une passerelle entre langues et les cultures», notamment entre le Jura bernois et le Seeland.
Le Forum du bilinguisme procède tous les cinq ans environ à une relabellisation, en se basant sur un certain nombre de critères. Son analyse comprend une revue documentaire, un sondage en ligne, des entretiens et des focus ciblés sur certains services. La ville de Bienne a obtenu cette année un total de 161 points sur 170, alors que le minimum requis était de 140. Lors de la dernière relabellisation, en 2020, elle avait décroché 158 points.
Le Label mesure la qualité du bilinguisme à trois niveaux: les prestations et la communication externe, la composition et les compétences linguistiques du personnel ainsi que la communication interne et la culture linguistique.
Equilibre presque atteint
L'équilibre entre les populations germanophone et francophone est désormais presque atteint à Bienne, avec 44,8% des personnes parlant la langue de Molère comme première langue et 55,2% celle de Goethe. La répartition est pratiquement la même dans l'administration, puisque 55,9% des collaborateurs ont l'allemand comme langue officielle et 44,1% le français.
En 1950, la part des francophones à Bienne se montait à 31%, selon des chiffres du Forum du bilinguisme. Ils étaient 38,5% en 2001 et 43% en 2020.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, les immigrés italiens ont fait grimper la part de francophones, car ils choisissaient bien plus volontiers le français que l'allemand comme langue officielle. Mais l'effet des vagues migratoires sur le bilinguisme s'est ensuite estompé, a souligné Glenda Gonzalez Bassi. Les immigrés venus d'Asie, par exemple, choisissaient pour leur part plutôt l'allemand.
«Bilinguisme vivant»
L'évaluation salue notamment le fait que le site internet de la ville et les différents documents officiels soient «systématiquement disponibles en français et en allemand». Elle souligne aussi «la qualité de la culture linguistique au sein de l'administration municipale biennoise. Le bilinguisme y est perçu à la fois comme une nécessité fonctionnelle, une priorité stratégique et un élément essentiel de la cohésion sociale et insitutionnelle de la ville».
Selon Glenda Gonzalez Bassi, le bilinguisme fait pleinement partie de l'ADN de la ville. «Bienne construit des ponts grâce au bilinguisme, et pas des frontières», s'est-elle réjouie. «Le bilinguisme rassemble les gens, facilite la compréhension et rend notre ville unique.» Mais il y a encore des magasins et des entreprises «plutôt francophones ou plutôt germaniques», a poursuivi la maire.
Le Forum du bilinguisme soulève d'ailleurs quelques éléments qui peuvent encore être améliorés. Par exemple, l'usage du suisse allemand reste un défi pour beaucoup de francophones. De plus, la ville peut encore renforcer l'équilibre dans certains services et davantage favoriser le bilinguisme chez les cadres. Enfin, la documentation et les formations cantonales ne sont parfois pas bilingues. (mbr/ats)
