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Karin Keller-Sutter: «Poutine tente de déstabiliser l'Europe avec des réfugiés»

Le 24 mars, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter visite des Ukrainiens au Centre fédéral d'asile de Bâle.
Le 24 mars, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter visite des Ukrainiens au Centre fédéral d'asile de Bâle.Image: sda
Plus de 20 000 personnes ayant fui l'Ukraine sont enregistrées en Suisse. La conseillère fédérale en charge du dossier explique ce que le pays compte faire désormais pour faire face à cette situation.
02.04.2022, 09:4002.04.2022, 11:21

Au vu de l'ampleur du défi, l'accueil des réfugiés ukrainiens en Suisse se déroule bien, estime la ministre de la Justice Karin Keller-Sutter. Elle veut nommer prochainement une personne chargée de développer des scénarios pour la planification à long terme.

La Suisse a posé très tôt les jalons pour l'accueil des réfugiés avec le statut de protection S et a impliqué très tôt les acteurs importants, indique la ministre Keller-Sutter dans une interview, samedi, dans le Tages-Anzeiger. Et d'ajouter:

«Avec son fédéralisme, la Suisse est comme une machine de Tinguely. Il faut du temps pour qu'elle se mette en marche. Mais une fois qu'elle s'est mise en marche, elle fonctionne.»

C'est ça, pour ceux qui ne situent pas 👇

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La pression des réfugiés demande une réorganisation

De nouvelles questions se posent, toutefois, chaque jour, s'ajoute le fait que l'on ne sait pas combien de personnes viendront encore, détaille la ministre. Pour rappel, près de quatre millions d'Ukrainiens ont déjà fui leur pays. La Russie détruit sciemment des structures civiles afin d'anéantir les bases de vie des gens.

«Poutine tente de déstabiliser l'Europe avec les réfugiés. Il s'agit d'une guerre hybride»
Karin Keller-Sutter

Selon la conseillère fédérale, il faut également une planification à long terme: «si les personnes en fuite ont besoin d'une protection plus longue chez nous, nous devrons certainement chercher d'autres hébergements pour une partie des personnes hébergées chez des privés». Elle précise que cela relève de la responsabilité des cantons et des communes.

La ministre de la Justice a indiqué – sans plus de précisions – qu'elle allait nommer prochainement une personne chargée de développer des scénarios stratégiques à moyen et long terme pour gérer la situation.

Les réfugiés veulent rentrer à la maison

Les personnes qui ont fui en Suisse – pour la plupart des femmes avec enfants qui ont dû laisser leur mari derrière elles – ne se considèrent, toutefois, pas comme des réfugiés qui veulent rester en Suisse. Elles souhaitent rentrer le plus rapidement possible, note la Saint-Galloise.

Un avis partagé par la directrice du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), Christine Schraner Burgener indique, dans une interview au Temps:

«Le 30 mars, j'étais à Chiasso: toutes les Ukrainiennes rencontrées m'ont confié qu'elles ne voulaient pas être à la charge de la société et qu'elles désiraient rentrer chez elles le plus vite possible.»

En attendant, ces femmes, souvent très qualifiées, doivent pouvoir travailler et pour cela il faut régler le problème des crèches, ajoute-t-elle. Interrogée si elle craignait, au vu du manque de places actuelles, que des parents suisses se sentent désavantagés, la fonctionnaire répond que c'est dans l'intérêt de tout le monde que les enfants soient pris en charge afin que les femmes qui sont venues seules puissent travailler, grâce au fameux permis S (à lire à ce sujet 👇).

Des réfugiés russes arrivent aussi et les centres débordent

Christine Schraner Burgener rappelle que les opposants russes au régime de Vladimir Poutine peuvent également demander l'asile en Suisse. Cette année, la Suisse a reçu jusqu'à présent environ 40 demandes d'asile émanant de Russes, l'an passé 77, précise-t-elle.

Près de 22 000 réfugiés ukrainiens ont été enregistrés en Suisse jusqu'à présent. Les centres d'asile fédéraux atteignent leurs limites en matière d'hébergement. Des salles de gymnastique appartenant à l'armée seront ouvertes dans les prochains jours pour les seconder.

Actuellement, 9000 places sont disponibles dans les centres d'asile fédéraux, mais avec l'extension des possibilités, ce chiffre devrait passer à 12 000 dans les semaines à venir. Dans un premier temps, deux salles militaires seront ouvertes à Thoune (BE) et à Chamblon (VD). (jah/ats)

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