faible pluie
DE | FR
Suisse
Valais

L'internat du collège de l'Abbaye de Saint-Maurice ferme ses portes

L'internat du collège de Saint-Maurice ferme ses portes.
L'internat de Saint-Maurice.Image: Keystone-ATS (Archives)

L'internat du collège de Saint-Maurice, c'est fini!

En Valais, l'internat du collège de Saint-Maurice ferme ses portes vendredi après 215 ans d'existence. Véritable institution, il a accueilli d'innombrables étudiants, dont des personnalités romandes.
15.06.2021, 11:1515.06.2021, 15:11
Plus de «Suisse»

Pourquoi ça ferme?

Clap de fin pour l'internat du collège de l'Abbaye de Saint-Maurice, en Valais. La structure qui existe depuis 215 ans a attiré d'innombrables étudiants. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ils ne sont plus que huit à dormir à deux pas de leur école.

Pour la petite histoire

L'internat du collège a ouvert ses portes en 1806. Dès les années 1960 et durant 30 ans environ, l'internat ne désemplit pas. En cause? La démocratisation des études et une tradition de l'internat.

Au milieu des années 1990, la baisse de fréquentation s'amorce. Elle va de pair avec le développement des transports publics (qui réduit le besoin de pension) et avec l'augmentation du nombre de gymnases en Suisse romande. Aussi, les internats attirent moins, tout comme le caractère catholique de l'établissement.

Les bons souvenirs...

Durant les années fastes, Alexandre Papaux, l'ancien juge cantonal fribourgeois, a passé trois ans au collège et à l'internat. Esprit libre et non baptisé, «je n'ai jamais été stigmatisé», souligne-t-il. Il se remémore «l'excellent enseignement des chanoines» et leur bienveillance à l'internat. «Quand Brel est mort, nous sommes allés dans la chambre d'un camarade qui avait un pick-up et nous l'avons écouté toute la nuit en pleurant».

...et les mauvais

Léonard Gianadda est aussi passé par l'internat. Il y entre à 11 ans, en 1946, alors qu'il n'habite pas très loin, à Martigny. «Ma maman me trouvait si peu dégourdi qu'elle disait que je ne serais pas capable de prendre le train pour rentrer à la maison», raconte le mécène et créateur de la Fondation Pierre Gianadda. Il y passera quatre ans. Et le souvenir est plutôt douloureux, aujourd'hui encore:

«Moi qui étais à peine sorti des jupes de ma mère, je ne pouvais retourner chez moi qu'une fois par trimestre. Je m'ennuyais et pleurais beaucoup»
Léonard Gianadda, mécène et fondateur de la Fondation Pierre Gianadda

Le garçon peine à s'habituer à la vie spartiate et disciplinée de l'internat, où s'enchaînent levers à l'aube, messes et études. Il a même pensé à s'évader!

Et maintenant?

L'internat appartient au patrimoine historique de l'Abbaye de Saint-Maurice. L'Etat du Valais va racheter le collège (c'est encore en négociation), le rénover et louer l'ancien internat. Celui-ci devrait accueillir des salles d'enseignement.

Ils sont passés par Saint-Maurice

Beaucoup de personnalités romandes sont passées par le collège (et parfois aussi par l'internat) de l'Abbaye de Saint-Maurice. Selon L'Illustré, on trouve entre autres Pascal Couchepin, Stéphane Lambiel, Bernard Nicod et Sepp Blatter. (as/ats)

0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le lobby paysan, cet obscur faiseur de rois
Le Grison Jon Pult ou le Bâlois Beat Jans? Lequel des candidats PS au Conseil fédéral aura les faveurs du lobby paysan? De la réponse à cette question dépend beaucoup le nom du vainqueur.

Peu de lobbies ont autant de pouvoir dans la politique suisse que celui des paysans et des paysannes. Ce groupe d'intérêts a réussi à faire échouer en 2022 l'initiative contre l'élevage intensif. Il parvient à édulcorer des projets du parlement en fonction des intérêts des agriculteurs, comme la politique agricole PA22+, qui ne contient plus d'objectifs climatiques additionnels ni d'exigences en matière de bien-être animal. Enfin, il influence le nom des personnes occupant les plus hautes fonctions en Suisse.

L’article