Suisse
Vaud

Vaud: ce député n'a pas aimé les manières expéditives du Parlement

Vaud: ce député n'a pas aimé les manières expéditives du Parlement

La réforme sur l'affichage publicitaire a été refusée la semaine dernière par le Grand Conseil vaudois. Un député écologiste juge néanmoins «très problématique» la manière dont le deuxième débat a été expédié. Il songe à saisir la justice.
30.06.2026, 16:24
David Raedler, Co-Praesident vom Verkehrsclub Schweiz, VCS, bei der Unterschriften-Einreichung Verkehr 45: Appell Nein bleibt Nein, am Montag, 22. Juni 2026, in Bern. Der VCS verlangt dass die Autobah ...
David Raedler n'a pas apprécié le déroulement de la séance de la semaine dernière.Keystone

Le Conseil d'Etat avait soumis la réforme sur l'affichage publicitaire au Parlement. Celle-ci devait répondre à une motion de David Raedler (Vert-e-s), acceptée en mars 2023. Le texte modifie de facto la loi sur les procédés de réclame (LPR), datant de 1988 et qui contraignait notamment les communes à octroyer un emplacement pour l'affichage publicitaire si elles en recevaient la demande du Canton.

Mi-juin, lors du premier débat, les parlementaires avaient accepté une plus grande autonomie des communes en la matière. Elles auraient pu, par exemple, refuser des affiches publicitaires commerciales sur leur territoire, exception faite pour l'affichage politique en période d'élections ou de votations.

Cette révision aurait supprimé notamment leur obligation d'autoriser au minimum un ou plusieurs emplacements d'affichage publicitaire. Elle aurait donné aux communes qui le souhaitent la liberté de bannir totalement la pub de leur territoire, sur le domaine public, mais aussi sur le domaine privé visible depuis le domaine public.

Tout le projet balayé

Mardi dernier, lors de la dernière séance du Grand Conseil avant la pause estivale, le deuxième débat était prévu en fin de journée, après le débat sur les comptes 2025 et juste avant les discours en lien avec la passation des pouvoirs entre ancien et nouveau présidents du Parlement.

«Le deuxième débat a été si vite expédié par le président Stéphane Montangero, qu'il n'y a eu aucune discussion, aucun débat, à tel point qu'un élu UDC n'a même pas eu le temps de déposer un amendement, dont j'avais connaissance et qui me convenait. Cette manière d'aller si vite ne va pas, elle est même très problématique»
David Raedler, député des Vert-e-s

Alors que la commission ayant examiné ce projet de réforme s'était exprimée en sa faveur, le bloc de droite PLR-UDC a finalement voté non par 59 voix contre 53 oui et une abstention. L'entier de la nouvelle loi a ainsi été balayée.

«Quel gâchis»

Selon Raedler, il y avait malheureusement beaucoup d'absents dans la salle, surtout dans les rangs de la gauche, au moment du vote arrivé si vite. «Quel gâchis», se désole-t-il. Le projet de loi retourne ainsi au Conseil d'Etat qui peut reproposer le même, le modifier ou le laisser tomber.

L'élu vert veut en discuter avec des membres du gouvernement. Il se réserve aussi le droit de vérifier s'il y a eu une potentielle «irrégularité» dans la manière de traiter ce point à l'ordre du jour et de «regarder de près s'il y a matière à intervenir juridiquement».

Impacts sur la faune

Les adaptations législatives prévues auraient par ailleurs aussi permis de mettre la LPR en conformité avec la loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager. L'objectif: encadrer davantage l'impact des publicités lumineuses sur la faune et les atteintes au patrimoine naturel et paysager.

Pour rappel, la possibilité de limiter l'affichage commercial avait été jugée légale par le Tribunal fédéral (TF). Selon un arrêt rendu en mars 2021 dans le cadre de l'initiative communale «Genève Zéro pub» – refusée en votation -, le TF avait relevé que les libertés économiques et d'expression étaient garanties par d'autres moyens de communication, notamment sur internet. (ats/vz)

La Coupe du monde 2026 en images:
1 / 33
La Coupe du monde 2026 en images:
source: sda / pamela smith
partager sur Facebookpartager sur X
Ceci pourrait également vous intéresser:
Cette méthode bien suisse fera avancer le financement de la 13e rente AVS
La 13ᵉ rente AVS impose de trouver un financement. La hausse de la TVA n’est pas une solution parfaite, mais elle traduit une méthode bien suisse, celle du consensus pour avancer, selon notre chroniqueur, Ivan Slatkine.
La Suisse n'aime pas les révolutions. Elle leur préfère le consensus. C’est certes moins spectaculaire, parfois plus lent, mais c’est ainsi que notre pays avance depuis des décennies sur les sujets les plus sensibles.
L’article