Le G7 se prépare dans l'ombre d'un incident qui a marqué la Suisse
A hauteur d’Allaman (VD), des altermondialistes avaient envahi l’autoroute et tendu une corde à travers afin de bloquer la circulation, avec deux militants suspendus de part et d'autre dans le vide. Un policier alémanique en renfort avait soudain pris la décision de sectionner ce câble avec son couteau sans mesurer le danger, ni avoir reçu d’ordre d'agir ainsi de l’officier vaudois présent. Un des deux activistes avait été grièvement blessé dans sa chute. Une longue procédure judiciaire s’en était suivie.
A quelques jours de la tenue du G7 à Evian (F), watson a interviewé le colonel Alain Gorka, actuel commandant de la Gendarmerie vaudoise et chef des opérations durant cet évènement.
Quelles leçons de ce type d’accidents ont été retenues dans la stratégie d'intervention avec des renforts d’autres cantons ne parlant pas français?
Je me garderais bien d'une quelconque critique sur la stratégie en juin 2003, car j'étais alors à d'autres fonctions et je n'ai pas les paramètres de l’époque. Si je reprends cet évènement survenu sur l’A1, il y avait des policiers suisses alémaniques et vaudois au sein des mêmes patrouilles mixtes. Tandis que cette année, il n'y aura que des gendarmes vaudois qui seront sur cet axe et qui interviendront. Les ressources humaines des forces de l’ordre seront essentiellement vaudoises cette année. Et nous aurons une petite quarantaine de policiers venant de Suisse alémanique.
De quels cantons alémaniques viendront-ils?
Je voudrais éviter de faire un impair en oubliant d’en citer un ou d'en nommer un qui n'est pas concerné.
Même dans le feu de l'action sur le terrain? Imaginons des ordres lors d’un imprévu qui pourrait alors court-circuiter la chaîne de la communication en amont…
Même dans le feu de l'action! Ce que je peux aussi vous dire, de différent de 2003, c'est que toutes les sommations ou tous les messages de prévention en français qui seront diffusés à la population ont aussi été traduits en allemand, en italien et en anglais. L'objectif est d'éviter qu'une personne présente lors d'un événement imprévu ne comprenne pas correctement les informations transmises.
Lors du G8 en 2003, divers postes de commandement étaient en place, ce qui pourrait avoir compliqué la chaîne de communication. Cela a-t-il été corrigé, centralisé?
Alors il y a des structures de commandement dans les cantons de Genève, Vaud et Valais. Ainsi qu’une chaîne de commandement à l'interne de chacun de ces cantons. Mais je ne veux pas actuellement dévoiler les détails sur la façon dont nous conduirons la gestion de cet évènement. Ce que je peux dire, c'est que l'organisation des postes de commandement s'appuie sur des dispositifs déjà éprouvés lors de récents événements de grande ampleur.
On s'est enrichi de ces expériences et on a une structure qui correspond à la gestion de ces derniers événements.
Y’aura-t-il une vigilance accrue sur l'autoroute Genève-Lausanne? Ainsi qu’au débarcadère de navigation Ouchy-Lausanne, qui dessert Evian et sa région?
Tout axe de communication fera l'objet d'une attention, mais pas spécialement particulière. La police cantonale avec l’Office fédéral de la douane et de la sécurité de la frontière seront présents à de nombreux débarcadères.
Ce qui complexifie la tâche. Ça veut dire que l’on doit garantir la sécurité pour un pêcheur comme pour un plaisancier. On devra faire la police du lac afin que personne ne débarque sur la partie française.
Pour ce genre d'évènement, verra-t-on, dans vos rangs, du matériel ou des véhicules spécifiques, ou prêtés par d’autres cantons, voire militaire?
L’armée est notre prestataire et nous fournira donc un certain nombre de matériels. Il y aura des véhicules militaires mis à notre disposition, mais munis d’inscriptions visibles «police» ou «gendarmerie», puisqu’ils seront utilisés par des policiers ou des gendarmes.
