Dimanche, la population suisse a largement accepté la loi climat. Le contre-projet élaboré par le Parlement veut atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et prévoit notamment de réduire la consommation de pétrole et de gaz. Pour ce faire, il va falloir passer par le secteur du bâtiment et, plus spécifiquement, par le chauffage.
Les autorités rappellent en effet que les chauffages à gaz et à mazout sont responsables d’environ 25% des émissions polluantes en Suisse. Les chauffages électriques sont également pointés du doigt, car ils représentent 10% de la consommation d’électricité nationale en hiver.
La loi climat prévoit donc «des mesures» pour agir en ce sens: les propriétaires d'immeubles chauffés au mazout, au gaz ou à l'électricité recevront des aides pour passer à des systèmes plus respectueux de l'environnement. Le projet prévoit 200 millions de francs au plus chaque année pendant dix ans pour y parvenir.
La tâche s'annonce importante. Plus de 60% des bâtiments à usage d’habitation sont chauffés avec ces trois sources d'énergie, selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique, relatifs à 2021.
Les chauffages à mazout sont les plus répandus en Suisse, malgré un constant recul observé sur les 40 dernières années. Un bâtiment d'habitation sur quatre est toujours chauffé avec ce combustible. Dans la plupart des cantons, la part du mazout se situe autour de 30 à 50%.
Cette situation s'explique par le fait que le mazout était la principale source d’énergie de chauffage des bâtiments construits avant 2001. Inversement, seuls 2% des immeubles bâtis après 2011 recourent à ce combustible.
Le gaz affiche une tendance inverse, la part de bâtiments chauffés avec cette substance est passée de 8,5% en 1990 à 17,6% trente ans plus tard. Leur distribution est beaucoup moins uniforme et concerne surtout les zones urbaines.
La consommation de gaz est particulièrement élevée dans les villes de Genève, Bâle ou Zurich, ainsi que dans l'arc lémanique et dans la zone autour du lac de Constance.
La raison est historique. Ce sont les villes qui, dès le 19e siècle, produisaient du gaz urbain à partir de la houille, principalement pour l'éclairage. Lorsque l'électricité est apparue à partir de 1890, le gaz a été utilisé pour l'eau chaude, la cuisine et le chauffage. Dans les années 1970, la Suisse a commencé à utiliser le gaz naturel pour le chauffage de grands bâtiments et dans l'industrie.
Les pompes à chaleur constituent la première source de chauffage non issue des énergies fossiles en Suisse: 17% des bâtiments d'habitation exploitent actuellement ce système, contre seulement 1,9% en 1990.
Comme pour le mazout, la date de construction des immeubles fournit un bon indice quant à la présence d'une pompe à chaleur. Une thermopompe est installée dans près de trois quarts des bâtiments construits depuis 2011 mais dans moins de 6% de ceux construits avant 1971.
D'un point de vue géographique, la proportion de pompes à chaleur est la plus haute dans le canton de Fribourg (32,2%) et la plus basse dans le canton de Bâle-Ville (2,7%).