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Faut-il vacciner les femmes enceintes? L'OFSP pourrait changer ses directives

Il y a confusion autour de la vaccination des futures mamans: le faut-il ou non? Les recommandations très floues de l'OFSP pourraient évoluer en faveur du vaccin.
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28.08.2021, 16:4929.08.2021, 09:29
Vanessa Hann
Vanessa Hann
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Il y a une confusion sur la question de la vaccination des femmes enceintes:

  • Certains disent qu'elles devraient être vaccinées contre le coronavirus, car l'infection peut mettre en danger la vie de l'enfant et celle de la mère.
  • Des autres assurent qu'elles ne devraient pas, car la vaccination n'a pas encore fait l'objet de recherches approfondies et des effets secondaires pour le fœtus ne peuvent être exclus.

Qui croire et que dit la Confédération? Eh bien ceux qui veulent suivre les recommandations des autorités seront plutôt déçus. C'est ce qui est arrivé à Nadine, 29 ans, habitante de Winterthur. Elle a écrit à watson:

«Je ne sais pas si je dois me faire vacciner pendant ma grossesse. Les informations de l'OFSP sont vagues et je n'obtiens pas de meilleure réponse par téléphone.»

Démunie, elle doit maintenant prendre sa décision sans recommandation claire. C'est désagréable, dit-elle. «Pour l'instant, les chances sont de 50-50 que je me fasse vacciner».

Un coup d'œil sur le site de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) le confirme: la communication est vague, voici pourquoi 👇.

«Pour l’instant, la vaccination des femmes enceintes n’est pas recommandée de manière générale parce que les données factuelles ne sont pas encore suffisantes. Toutefois, elles sont constamment complétées par de nouvelles données provenant d’études internationales et fondées sur la pharmacovigilance.»

En même temps, l'OFSP écrit dans la recommandation générale de vaccination: «La vaccination contre le Covid-19 peut être rendue possible pour toutes les femmes enceintes qui sont prêtes à se faire vacciner».

Le fait est que 👇

  • L'OFSP recommande aux femmes enceintes de se faire vacciner si elles sont dans le deuxième trimestre – du quatrième au septième mois de grossesse – et qu'elles souffrent d'une maladie chronique ou sont particulièrement exposées à l'infection, comme le personnel de santé.
  • Selon l'OFSP, les femmes enceintes ne doivent pas être vaccinées contre le coronavirus au cours du premier trimestre.
  • La vaccination contre le Covid est possible pour toutes les femmes enceintes, mais un certificat médical est requis.

Il se trouve que, Christoph Berger, le président de la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV), n'est pas non plus satisfait de la recommandation actuelle, même s'il a lui-même participé à sa rédaction:

«De nombreuses femmes enceintes qui seraient prêtes à se faire vacciner sont désorientées par la recommandation actuelle. Ce n'était pas l'idée.»

Christoph Berger explique que «sur la base de ces nouveaux résultats, l'OFSP et la CFV souhaitent réviser la recommandation de vaccination suisse». Le spécialiste est confiant:

«Je m'attends à ce que la recommandation puisse être adaptée dans les prochains mois»

Ne pas vacciner, c'est risqué

En attendant, il est clair que la vaccination Covid n'est pas dangereuse – ni pour les femmes enceintes ni pour l'enfant. Par ailleurs, elles ont un risque légèrement plus élevé de souffrir d'une forme grave de la maladie que les femmes qui ne sont pas enceintes du même âge, explique Christoph Berger.

Qu'est-ce qui permet à l'expert d'argumenter en ce sens? Il s'appuie sur le rapport de l'autorité sanitaire américaine CDC. Ce dernier indique que si l'évolution de la maladie est grave, elle peut être dangereuse pour la mère et l'enfant. Les risques mentionnés sont la naissance prématurée ou une fausse-couche. Bien que les complications soient plutôt improbables, le danger existe.

Outre les Etats-Unis, le Royaume-Uni recommande déjà la vaccination des femmes enceintes. Dans les deux pays, la recommandation s'applique surtout aux vaccins à ARNm de Moderna et de Pfizer-Biontech. Ils disposent de données provenant de près de 200 000 femmes enceintes qui ont été vaccinées et pour lesquelles il n'y a aucun problème, a déclaré, début août, Pat O'Brien, vice-président de l'Association britannique des obstétriciens et gynécologues.

Éviter les fausses rumeurs

Mais alors pourquoi l'OFSP ne va modifier que maintenant ses recommandations? Christoph Berger, explique:

«Nous étions très prudents au début, les femmes enceintes sont un groupe spécial sur lequel on ne teste pas une nouvelle vaccination.»

Le spécialiste précise qu'il voulait éviter autant que possible les fausses conclusions. En effet, statistiquement, la plupart des fausses couches ont lieu au cours du premier trimestre de la grossesse - même sans Covid ou sans vaccination.

«Nous voulions éviter que les femmes qui se font vacciner au cours des premières semaines de grossesse et qui font ensuite une fausse couche ne supposent que la vaccination en était la raison.»
Christoph Berger

Ce serait une conclusion erronée. En effet, scientifiquement, dans ce cas, on parle d'une association temporelle, et non d'une relation causale: «Rien ne prouve que le vaccin Covid provoque un avortement.» Aujourd'hui, des données de plus en plus nombreuses et de meilleure qualité montrent que le vaccin ne présente aucun risque pour la mère et l'enfant, «ni avant la grossesse, ni pendant, ni après, ni pendant l'allaitement», précise Christoph Berger.

Christoph Berger, de l'hôpital pédiatrique de Zurich, est infectiologue et président de la Commission fédérale des vaccinations.
Christoph Berger, de l'hôpital pédiatrique de Zurich, est infectiologue et président de la Commission fédérale des vaccinations.
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«J'espère que nous pourrons adapter la recommandation le plus rapidement possible»
Christoph Berger

L'expert aimerait que les femmes enceintes puissent se prononcer en faveur de la vaccination Covid en sachant ce qu'elles font. Les dernières données sont en ce moment examinées à nouveau en détail. En attendant, Christoph Berger espère une position plus claire de la part des médecins traitants.

«Je trouve dommage que les gynécologues ne soient pas plus nombreux à proposer à leurs patientes enceintes un entretien informatif sur la vaccination Covid pendant la grossesse.»

Les femmes enceintes ont des difficultés à accéder au vaccin

Le problème de la vaccination des femmes enceintes ne s'arrête pas là. La formulation vague de l'OFSP fait que les médecins ne remettent souvent pas de certificat autorisant la vaccination à leurs patientes enceintes. A titre d'exemple, une lectrice de 31 ans écrit à watson:

«Je suis enceinte et mon médecin ne veut pas signer le consentement qui serait nécessaire pour la vaccination.»

En effet, la prescription est obligatoire pour les femmes enceintes, conformément à la recommandation générale de vaccination.

La Société suisse de gynécologie et d'obstétrique (SGGG) se montre pour l'heure prudente sur la recommandation de la vaccination des femmes enceintes. Sur leur site web, ils font référence à la recommandation générale de vaccination émise par l'OFSP. Cependant, en arrière-plan, l'engrenage est déjà en marche: l'OFSP est en pourparlers avec la SGGG pour l'adaptation de la recommandation, indique Christoph Berger.

Adapté de l'allemand par jah, le texte original ici.

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