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Analyse

Mathias Reynard, le chouchou valaisan doit maintenant tout prouver

Le nouveau Conseiller d'Etat VS Mathias Reynard sur le plateau de Canal9, lors du second tour des élections au conseil d'Etat valaisan, le dimanche 28 mars 2021, au Techno-Pole à Sierre. (KE ...
Le socialiste valaisan Mathias Reynard, fraîchement élu au Conseil d'EtatImage: KEYSTONE / Olivier Maire
Analyse

Le chouchou Mathias Reynard va devoir maintenant tout prouver

En Valais, Mathias Reynard a accédé triomphalement au gouvernement cantonal. Un exploit pour un canton bien ancré à droite. Le socialiste va devoir maintenant faire ses preuves au sein d'un exécutif.
29.03.2021, 06:2729.03.2021, 09:03

Ce 28 mars 2021 est historique pour le Valais. D'une part, la majorité absolue du PDC au Conseil d'Etat a été brisée pour laisser place à un gouvernement à deux PDC, un PLR, un UDC et un PS. D'autre part, c'est la première fois qu'un socialiste du Valais romand accède à l'exécutif cantonal, en la personne de Mathias Reynard. Le Saviésan arrive même premier dans le Valais francophone.

Le nouveau Conseil d'Etat valaisan avec Franz Ruppen (UDC), Frederic Favre (PLR), Christophe Darbellay (PDC), Roberto Schmidt (PDC) et Mathias Reynard (PS), de gauche, pose pour la photo lors du  ...
Le nouveau Conseil d'Etat valaisan avec, de g. à d., Franz Ruppen (UDC), Frédéric Favre (PLR), Christophe Darbellay (PDC), Roberto Schmidt (PDC) et Mathias Reynard (PS), ce dimanche, 28 mars 2021, au Techno-Pole de Sierre.Image: KEYSTONE / Olivier Maire

Dans un canton qui a toujours été de droite, et pas qu'un peu – la gauche pèse actuellement 25,4% au Grand Conseil et le PDC, qui pèse 36,9%, est plus à droite que dans les autres cantons – l'exploit de Mathias Reynard mérite d'être noté. Comment comprendre le phénomène qu'il est devenu?

Des propositions dans l'air du temps

A lire les cent propositions de son programme, Mathias Reynard a l'avantage de beaucoup thématiser l'air du temps. Pas même besoin parfois d'avoir une vision qui convainc: c'est déjà le simple fait de se démarquer sur des enjeux actuels comme le harcèlement, l'égalité salariale ou l'aide covid aux acteurs culturels qui peut jouer dans une élection. De la bonne volonté pour de bons sujets, pourrait-on résumer. Sans compter que son engagement pour les femmes a certainement joué dans le vote de ces dernières.

Son profilage thématique est cependant à double tranchant. Certains citoyens, surtout de droite, reprochent à Reynard une certaine facilité. Difficile de leur donner tort devant des formules telles que «J'aime les gens» ou des projets un peu vagues consistant par exemple à «lutter pour l'ouverture». Mais Reynard, on le sait aussi, ne s'en tient pas aux mots et compte bien le prouver. Il aime d'ailleurs rappeler qu'il s'est battu pendant sept ans en tant que conseiller national pour faire aboutir la norme anti-homophobie, acceptée par le peuple en février 2020.

Un capital sympathie

Jeune, souriant, piercé, plutôt beau gosse. Reynard, de l'avis général, est charmant; il est aussi charmeur. Ce qui est plutôt bien pour se faire connaître et se faire apprécier en politique. D'autant plus quand il s'agit d'une élection de personnes, pas de partis, ce qui est le cas de la course au Conseil d'Etat valaisan, en vertu de son système majoritaire. L'une des raisons, sans doute, d'un score (49'094 voix) dépassant de loin la force électorale de sa famille politique.

Un nouveau Valais

Reynard a su tirer parti de sa base partisane, de sa personnalité, mais aussi de l'évolution de la société valaisanne. Le PDC Christophe Darbellay, arrivé dernier parmi les cinq élus, a estimé que son parti devait davantage tenir compte de l'électorat plus jeune, plus urbain et plus progressiste désormais présent en Valais. Un constat que partage le socialiste:

«Le nouveau gouvernement élu aujourd'hui est le signal que le Valais bouge, qu'il devient pluriel et moderne»
Mathias Reynard, interrogé par watson

Il reste que la perte de la majorité absolue du PDC signe certes aussi la fin d'une époque, mais au profit du retour de l'UDC. Le Valais reste donc majoritairement de droite – et son gouvernement aussi. Il va falloir en tenir compte. Le principal intéressé dit en être pleinement conscient, prenant soin d'ajouter que la clef pour passer d'un législatif à un exécutif réside dans l'humilité et la capacité d'écoute. «J'apprendrai!» Pour cela, le phénomène et conseiller national Reynard, qui n'a jamais siégé dans un exécutif, devra maintenant montrer que la peau de conseiller d'Etat lui sied.

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«Aujourd’hui, la Suisse est unie dans le cœur»: Parmelin prend la plume
Guy Parmelin s’exprime au nom du Conseil fédéral pour adresser ses condoléances aux proches des victimes de Crans-Montana. Il remercie les secouristes ainsi que les Etats venus en aide.
Permettez-moi, en cette période de profonde tristesse et de grande souffrance, de vous adresser, en toute humilité, quelques mots.

Au nom du Conseil fédéral, le gouvernement suisse, je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes décédées. A toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de survivre à la catastrophe, mais qui ne sont désormais qu’au début d’un long et difficile chemin de guérison, nous adressons notre profonde compassion.

Je souhaite m’adresser tout particulièrement aux jeunes. Beaucoup des victimes étaient elles-mêmes jeunes, pleines de projets, d’espoirs et de rêves. Leur vie ne doit pas être réduite à la catastrophe, ni aux circonstances dans lesquelles elle s’est achevée. Elle doit être honorée pour ce qu’elle a été: une promesse, une énergie, une part de notre avenir commun.

Nous devons aux personnes touchées, aux familles et aux proches le respect, la mémoire – et l’engagement de tout mettre en œuvre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas. La justice examine actuellement dans quelle mesure des prescriptions de sécurité ont été enfreintes et en tirera les conséquences. C’est ce que nous devons aux victimes et à leurs proches.

Je tiens également à rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur aide, sous des formes diverses. A la police, aux nombreux services de secours et aux sapeurs-pompiers de milice qui ont risqué leur vie lors d’opérations de sauvetage dangereuses et éprouvantes. Et à l’ensemble du personnel médical, dans les hôpitaux en Suisse comme à l’étranger, qui s’occupe depuis des jours, sans relâche, des nombreux blessés graves.

Dans le grand malheur qui nous a frappés et qui — j’ose l’affirmer avec force — a fait de toute la Suisse une communauté unie dans le deuil, nous avons, pour un temps, la possibilité d’être ensemble afin de partager le poids de cette épreuve. Cette solidarité ne rendra pas la charge plus légère, mais si elle peut ne serait-ce qu’un peu contribuer à apaiser la douleur, alors elle trouve pleinement sa raison d’être.

Il est évident qu’aucun pays ne peut affronter seul de telles situations exceptionnelles. La Suisse a donc, conformément aux mécanismes internationaux prévus, sollicité un soutien, après que plusieurs Etats ont proposé leur aide. Des patientes et des patients souffrant de brûlures extrêmement graves ont ainsi pu être transférés des hôpitaux suisses vers des cliniques spécialisées dans le traitement des grands brûlés, dans différents pays européens. Ils y reçoivent les meilleurs soins possibles. Ces traitements dureront des mois, ce qui représente une charge supplémentaire pour les proches. Au nom de la Suisse, je remercie l’ensemble des pays concernés pour leur solidarité.

Aujourd’hui, la Suisse est triste. Mais aujourd’hui, la Suisse est aussi unie dans le cœur. Unie dans le deuil, unie dans le soutien, unie dans la détermination à comprendre et à protéger.

(Ce texte a été publié dans la Schweizer Illustrierte, puis partagé au groupe CH-Media. Il a été adapté de l'allemand par watson)
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