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Performance au travail, ou payer le prix fort de l’auto-exploitation

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Image: Shutterstock/généré avec l'ia
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Performance au travail, ou payer le prix fort de l’auto-exploitation

Pour un nombre croissant de personnes, la pression de la performance devient un fardeau psychologique. Tel est le constat issu de la dernière étude sur la santé de la CSS. Quelles sont les causes de cette évolution inquiétante?
23.09.2024, 16:50
Manuela Specker
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Il met en lumière différents aspects de l’étude sur la santé CSS portant sur l’état de santé de la population suisse. Les résultats de la dernière étude en 2024 sont approfondis dans cinq articles de ce format.

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Pour la cinquième fois consécutive, l’assurance-maladie CSS a interrogé la population suisse sur son état de santé. Cette étude ne fournit pas seulement une image précise du bien-être général, elle montre également les zones d’amélioration et les points de détérioration. La bonne nouvelle: la proportion de personnes qui se sentent malades a diminué, passant de 11% – un chiffre record en 2022 – à 7%. Le fait que la menace du coronavirus ait diminué et que la situation soit revenue à la normale en de nombreux endroits pourrait jouer un rôle. La crise psychique semble aussi avoir atteint son pic chez les jeunes adultes: en 2022, 42 % d’entre eux décrivaient leur état psychique comme médiocre voire mauvais, un chiffre jamais atteint auparavant. Depuis, cette proportion est tombée à 34%. Il s’agit toutefois du taux le plus élevé parmi toutes les tranches d’âge.

Par ailleurs, depuis la première enquête en 2020, les personnes interrogées n’avaient jamais été aussi peu nombreuses (15%) à se déclarer en parfaite santé physique et psychique. L’état général peut donc actuellement être décrit au mieux comme «mitigé»: moins de personnes vont très mal, mais moins de personnes vont vraiment bien.

Forte pression de la performance

Un aspect en particulier, dont les conséquences se manifestent à plusieurs reprises dans l’étude sur la santé, retient l’attention: jamais auparavant autant de gens ne se sont sentis sous pression pour être constamment en bonne santé et performants. Cette année, 57% ont indiqué ressentir cette pression.

L’étude sur la santé de la CSS est un reflet de la pression temporelle, des délais et de la réussite qui règne, et rien n’indique que cette spirale soit près de s’arrêter. Byung-Chul Han, philosophe et spécialiste des cultures coréen vivant en Allemagne, livrait il y a presque quinze ans déjà une analyse pertinente de la «société de la fatigue» qui, avec le recul, semble prophétique: de nos jours, chacun doit être son propre chef d’entreprise pour pouvoir survivre dans la compétition professionnelle. Les nombreuses possibilités et opportunités d’une réalisation de soi, vécue comme libérale, ont conduit beaucoup à s’auto-exploiter pour pouvoir suivre cette compétition de la performance.

Byung-Chul Han a également critiqué le flot de stimuli et d’informations. Depuis, avec les montagnes d’e-mails, l’omniprésence des smartphones et les réseaux sociaux, le phénomène a pris de l’ampleur. Il est prouvé que les réseaux sociaux ont accru la pression chez les jeunes de correspondre à une image précise et de se comparer en permanence. Dans son analyse de la «société de la fatigue», Byung-Chul Han en était convaincu: les maladies psychiques, telles que la dépression, sont favorisées entre autres par cette liberté paradoxale de l’attitude du «tout est possible», mais seulement au prix de suffisamment d’efforts. Cela génère non seulement une pression, mais aussi une peur de l’échec.

Beaucoup plus de personnes souffrent de burn-out

Cette évolution se reflète dans les résultats de l’étude sur la santé CSS: 17% des personnes interrogées affirment avoir déjà souffert d’un burn-out et sollicité une aide médicale ou psychologique. Il s’agit d’une augmentation marquée par rapport à 2022, où ce chiffre ne s’élevait qu’à 10%.

Le burn-out n’est certes pas un diagnostic psychiatrique reconnu, mais pour les spécialistes, il est clair depuis longtemps que le terme «burn-out» est un euphémisme. En général, il vaudrait mieux parler de «dépression» pour caractériser l’état psychologique des personnes concernées. Aussi le burn-out est-il tout simplement une étiquette socialement plus acceptable pour désigner la dépression. Une étiquette qui implique de s’épuiser.

L’augmentation de la proportion de personnes qui veulent cacher leur maladie – par peur de se heurter à un manque de compréhension – témoigne de l’ampleur de la pression au travail. En 2020, 20% des personnes interrogées déclaraient avoir dissimulé une maladie dans le cadre professionnel. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, ce pourcentage est de 35%. Il s’agit principalement de maladies psychiques, en particulier de dépressions et de troubles anxieux, dont personne ne doit avoir connaissance dans l’environnement professionnel. Il est frappant de constater qu’il s’agit surtout de maladies pouvant donner l’impression à la hiérarchie d’un manque d’efficacité. Ce résultat de l’enquête est donc un nouvel indicateur clair que la pression sur le lieu de travail pour être toujours performant a effectivement augmenté et ne repose pas uniquement sur une perception subjective.

De manière générale, l’étude sur la santé CSS montre que la pression accrue liée à la performance devient un problème sérieux pour un nombre croissant de personnes. Etant donné qu’aujourd’hui déjà, une demande AI sur deux est liée à une affection psychique, la situation pourrait devenir incontrôlable. Selon une enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS), à laquelle a également participé le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), le rythme de travail et la pression du temps sont plus élevés en Suisse que nulle part ailleurs en Europe.

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Je ne suis guère friande de salades en hiver. C'est pourquoi mes plaques de cuisson tournent à plein régime. Mais je n'en utilise désormais plus qu'une, en rassemblant tout ce qu'il faut au même endroit grâce à la cuisine tout-en-un.

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