On a testé la nouvelle DS et on a été convaincus par sa sobriété
Remplacer un bestseller n'est jamais un exercice anodin. Chez DS, il s'agit même d'un enjeu majeur. Depuis son lancement en 2018, le DS7 représente l'essentiel des ventes de la marque qui a entamé en juin dernier sa 13ᵉ année d’existence.
Son successeur devait donc convaincre les quelque 200 000 propriétaires de l'ancien modèle et en acquérir de nouveaux sans se contenter d'un simple lifting. Alors, mission accomplie? Après un premier essai en Provence, la réponse est plutôt encourageante.
Plus sobre, ou moins baroque?
Une première évolution saute aux yeux: pendant longtemps, DS a parfois donné le sentiment d'en faire un peu trop. Chromes à gogo, détails, graphismes et décors alambiqués… le luxe à la française flirtait parfois avec une certaine démonstration pour le moins déroutante.
Le N°7 prend le contre-pied de cette approche. Son style gagne en prestance et devient immédiatement identifiable, sans verser dans l'arrogance. Les signatures lumineuses demeurent spectaculaires, tandis que les lignes tendues de la carrosserie lui donnent une vraie personnalité.
Surtout, DS résiste à la tentation de la bande lumineuse horizontale en poupe et/ou en proue, devenue un incontournable chez les SUV modernes, presque à en devenir ringarde tellement elle s'est généralisée.
Le même travail de simplification se retrouve dans l'habitacle. L'univers DS est toujours là, mais débarrassé d'une partie de la surcharge qui caractérisait la précédente génération. La planche de bord, commune au N°8, apparaît moins massive, les matériaux sont valorisants et les assemblages respirent le sérieux.
Les écrans, volontairement contenus et horizontaux, évitent l'effet «mur de téléviseurs» qui envahit aujourd'hui nombre de voitures premium. On apprécie aussi le maintien de commandes physiques, même si certains boutons de la console centrale restent franchement trop petits et peu explicites.
L’essentiel est préservé
Le confort reste évidemment l'une des priorités de DS. Les sièges avant, chauffants, ventilés, massants et même dotés d'un chauffage de nuque selon les versions, font référence en confort comme en maintien.
L'espace progresse également à l'arrière, grâce à un empattement allongé, tandis que le coffre de 560 à 1570 litres répond sans difficulté à un usage familial.
Mais le véritable progrès est ailleurs. Là où le DS7 excellait (ou exaspérait, c’est selon) par le moelleux de sa suspension au point de sembler flotter sur certaines routes, le N°7 trouve enfin un équilibre beaucoup plus convaincant.
Le confort reste une signature de la maison, mais les mouvements de caisse sont nettement mieux contenus, la direction gagne en naturel et le train avant communique enfin avec le conducteur.
Malgré plus de deux tonnes sur la balance, ce grand SUV se montre plus précis, plus homogène et finalement beaucoup plus agréable à conduire que son prédécesseur. C'est probablement la plus belle réussite de cette nouvelle génération.
Accent sur l’électrique
Notre version d'essai, l’électrique Long Range de 245ch et sa batterie de 97,4kWh, propose des performances suffisantes et surtout une autonomie jusqu'à 740km WLTP. C’est plutôt encourageant compte tenu de la vocation de voyageuse au long cours de l’auto.
A la conduite, la puissance et le couple sont progressivement distillés sur le train avant afin de ne pas trop chahuter les passagers.
En revanche, la recharge accuse déjà un léger retard. Limitée par une architecture 400 volts et une puissance de 160kW en courant continu, elle réclame 27 minutes pour passer de 20 à 80% de batterie.
C’est vraiment le minimum vital pour la catégorie aujourd'hui, d’autant que la plupart de ses concurrents premium récemment lancés a opté pour une architecture 800 volts, autorisant des vitesses de recharge éclair.
La gamme reflète d'ailleurs cette période de transition. DS mise clairement sur l'électrique avec trois versions de 230, 245 et 350ch, tandis que l'offre thermique se résume pour l’heure à une très timide hybride légère de… 145ch.
Un choix basique qui surprend lorsqu’on se souvient que le DS7 offrait des puissances de 225, 300 et 360ch dans ses déclinaisons hybrides rechargeables.
La marque promet toutefois l'arrivée d'une nouvelle motorisation hybride d'environ 200ch d’ici à deux ans. Mais une mouture hybride rechargeable de 225ch comme les cousins Peugeot 5008, Citroën C5 Aircross ou Opel Grandland, ne semble pas à l’ordre du jour. Curieux positionnement.
Des prix accessibles, mais attention aux options
En attendant, les tarifs de base semblent avenants: dès 42 900.- francs pour l’hybride, 51 900.- francs pour l’électrique 230ch, 59 900.- francs pour le Long Range 245ch et 64 500.- pour le Long Range 4x4 de 350ch.
Mais il faudra bien comparer la dotation en équipements de série et optionnels suivant la version choisie, car la note grimpe relativement vite. Quitte à flirter avec les 80 000.- francs toutes options pour la série limitée «La Première» en 350ch.
Sans révolutionner la recette DS, le N°7 l’ajuste et la rend plus cohérente. Plus élégant et moins caricatural à la conduite pour le plaisir du plus grand nombre, il conserve ce qui faisait le charme du DS7 tout en abandonnant une bonne partie de ses excès. Il lui manque encore une recharge plus rapide, une gamme mécanique et un environnement technologique plus étoffés pour rivaliser avec les meilleures références du segment. Mais DS donne surtout l'impression d'avoir trouvé sa voie… plus en retenue.
