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«Swarm»: critique de la série dérangeante de Donald Glover

Dans Swarm (2023), Dominique Fishback incarne Dre, fan d'une chanteuse ayant un faible pour assassiner les détracteurs de son idole.
Dans Swarm (2023), Dominique Fishback incarne Dre, fan d'une chanteuse ayant un faible pour assassiner les détracteurs de son idole. amazon studios

On a regardé «Swarm», la série d'horreur qui tape sur les fans de Beyoncé

Créé par les vétérans d'Atlanta Donald Glover et Janine Nabers, Swarm est une série d'horreur qui met en avant les dérives du culte de la personnalité autour d'un pastiche de Beyoncé.
20.03.2023, 21:4320.03.2023, 21:50
Sainath Bovay
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Disponible depuis vendredi 17 mars sur Prime Video, Swarm est la réponse arty d'Amazon à Netflix et sa série You. L'intrigue, qui tient sur 7 épisodes d'une durée d'une demi-heure chacun, est centrée sur Dre (Dominique Fishback), une jeune femme noire asociale et obsédée par Ni’Jah (Nirine S. Brown), une célébrité fictive calquée sur Beyoncé. Cette fan va se donner beaucoup de mal pour défendre son idole, quitte à devoir passer la panosse de temps en temps pour nettoyer le sang des haters qu'elle aura massacré.

Swarm, qui se traduit par «essaim» en français, est une série qui explore le côté toxique des «fandoms», ces communautés de fans qui sont à un suffixe du fanatisme. Si la série ne mentionne jamais Beyoncé par son nom, elle couvre par de nombreuses similitudes les années de carrière de Queen B, de ses drames personnels en passant par ses performances les plus emblématiques et fait référence à sa fanbase appelée «Bey hive» (la ruche).

La série, aux frontières du réel, n'hésite pas à le rappeler au spectateur puisque chaque épisode commence par ce message: «Ce n'est pas une œuvre de fiction. Toute similitude avec des personnes réelles, vivantes ou décédées ou des événements est intentionnelle.»

La bande-annonce à voir ici👇

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Le «Black Horror», ce nouveau genre

Swarm fait partie de cette mouvance initiée par Jordan Peel et son film Get Out où la culture afro-américaine est associée au genre horrifique. Le «black horror» est un courant cathartique écrit, réalisé et interprété par des Afro-Américains qui a vu naître depuis quelques années son lot d'œuvres plus ou moins réussies comme Get Out, Watchmen, The Underground Railroad, Lovecraft County, Candyman ou dernièrement Nope.

À la tête de la série, on trouve Donald Glover, lui-même musicien sous la casquette de Childish Gambino, ainsi que créateur et acteur de l'excellente série Atlanta. Il partage la plume avec la scénariste Janine Naber, également créditée comme showrunneuse, et qui a notamment travaillé avec lui sur Atlanta. Au scénario, on trouve également une guest et pas des moindres puisqu'il s'agit de Malia Obama, la fille de Michelle et Barack Obama, qui marque ici ses débuts en tant que scénariste.

Le rôle de Dre est campé par Dominique Fishback. L'actrice de 31 ans s'était distinguée dans le film récompensé Judas and the Black Messiah et la série The Deuce où elle incarnait une prostituée dans le New York des années 1970 aux côtés de James Franco et Maggie Gyllenhall.

Billie Eilish, également glaçante dans son rôle de zinzin.
Billie Eilish, également glaçante dans son rôle de zinzin.AMAZON STUDIOS

On trouve également à ses côtés la chanteuse Chloe Baily connue pour être la moitié du duo musical Chloe x Halle avec sa sœur Halle Bailey, elle aussi actrice puisqu'elle incarne la future Petite Sirène de Disney. Swarm marque également les débuts à l'écran de la chanteuse Billie Eilish qui tient le rôle d'Eva dans l'épisode 4. Un début d'acting qui a eu le don de rendre la toile complètement folle et qui aura fait plus parler que la série en elle-même.

Notre avis

Swarm n'est certainement pas pour tout le monde. C'est une série sombre, violente et parfois dérangeante. Néanmoins, le thème du culte de la personnalité qui y est abordé est suffisamment intéressant pour passer au travers de ces moments d'hémoglobines où Dre s'en prend à ses détracteurs à coups de marteau où de poêle à frire. L'intérêt de la série est avant tout dans le jeu de Dominique Fishback. Portant littéralement la série sur ses épaules, l'actrice livre une formidable prestation de sa sombre obsession.

Comme dirait Pascal Obispo: «Ma vie, c'est d'être fan»
Comme dirait Pascal Obispo: «Ma vie, c'est d'être fan» amazon studios

La réalisation, quant à elle, est aux antipodes des images sans âmes et proprettes des productions Netflix (coucou You!). Dans Swarm, c'est une ambiance visqueuse et parfois éthérée qui se dégage de l'écran, où viennent contraster des couleurs criardes qui semblent éclairées au néon.

Avec pour parti-pris un format original et du grain de pellicule, Swarm est un objet filmique qui lorgne du côté du cinéma indépendant. Rien que pour ça, dans un paysage audiovisuel où la plupart des œuvres sont formatées et standardisées à la pelle selon des résultats d'algorithme, cette série offre une vision d'auteur rafraichissante.

Les 7 épisodes de Swarm sont disponibles sur Prime Video.

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