À Hollywood, c’est visiblement toujours dans les vieux pots qu’on cherche à faire la meilleure confiture. Ainsi, après SOS Fantomes: l'âge de glace, ou encore Bad Boys: ride or die, c'est un autre grand nom des années 1980-1990 qui revient cette année, et pas des moindres, puisqu'il s'agit d'Axel Foley, le célèbre flic de Beverly Hills.
Eddy Murphy enfile donc à nouveau son vieux blouson Teddy, 30 ans après le Flic de Beverly Hills 3. Changement de nom cependant, avec une suite sobrement intitulée Le Flic de Beverly Hills: Axel F. en hommage au titre iconique composé au synthétiseur par Harold Faltermeyer lors de la sortie du premier volet en 1984.
Axel Foley n'est pas encore à la retraite et travaille désormais bien loin de la Californie, puisqu'il officie désormais à Detroit, sa ville d'origine. Il ne coule pas des jours heureux pour autant, parce que même là-bas, les dommages collatéraux de ses arrestations valent toujours à son chef d'avoir le maire sur le dos. Lorsque la vie de sa fille, aujourd'hui avocate, est en jeu, il va devoir reprendre du service à Beverly Hills et faire équipe avec elle pour déjouer un complot.
Si Eddy Murphy a désormais 63 ans, il n'a pas perdu pour autant l'énergie de sa vingtaine. Les aficionados de la VF découvriront cependant avec tristesse qu'il n'a plus la voix de leur enfance, puisque son doubleur Med Hondo est décédé en 2019.
Cependant, l'adage qui dit qu'on s'assagit avec l'âge n'est pas tout à fait vrai, puisque même si Axel Foley n'est plus aussi guignolesque qu'autrefois, Eddie Murphy sait encore faire le show et sa bonhomie le rend toujours aussi sympathique. Difficile de ressentir que près de trois décennies ont passé, ce qu'on retrouve également chez Will Smith, 55 ans, toujours en grande forme quand il s'agît d'incarner un autre flic, de Miami cette fois-ci, dans Bad Boys 4.
Cependant, les temps ont changé, et le Flic de Beverly Hills: Axel F. n'hésite pas à sortir la carte du héros d'antan, dont les méthodes expéditives n'ont plus leur place dans cette société. Ainsi, le film joue sur la confrontation de ce héros d’un autre temps avec un jeune flic, interprété par le sympathique Joseph Gordon-Levitt, qui incarne un nouveau modèle de masculinité que notre héros des années 1980 a du mal à cerner jusqu'à s'en moquer.
Cette suite se veut dans la lignée des précédents films avec son lot d'humour et d'action ainsi que les retours de quelques visages emblématiques (Bronson Pinchot en Serge, Judge Reinhold en Billy, John Ashton en sergent John Taggart). Un ensemble qui, avec sa bande originale particulièrement 80's, ravive ce petit élan de nostalgie pour toutes personnes ayant connu les aventures d'Axel Foley au siècle passé.
En revanche, un gimmick signe son absence et pas des moindres, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du rire particulier d'Eddy Murphy. Le rire du comédien était l'une de ses particularités marquantes au début de sa carrière, au point de devenir une marque de fabrique. En effet, l'acteur n'hésitait jamais à ponctuer les actions de ses personnages de son rire, en particulier lorsqu'il s'agissait d'incarner le Flic de Beverly Hills.
En 2024, Alex ne rigole plus. Le personnage n'étant pas devenu cynique pour autant, ce choix est en réalité une volonté d'Eddy Murphy un peu las d'être réduit uniquement à cela.
Le Flic de Beverly Hills n'est donc plus tout à fait le même, ce qui se ressent également dans sa mise en scène qui remplit le cahier des charges techniques d'un énième téléfilm Netflix.
Certes, la saga n'a jamais été une référence cinématographique, mais ce quatrième volet n'a pas la fulgurance du deuxième épisode réalisé par Tony Scott (Top Gun) ou le génie comique de John Landis (Les Blues Brothers) pour le troisième. Il est même réalisé par un illustre inconnu, puisque son réalisateur, Mark Molloy, n'a fait jusque-là que des publicités, ce qui est assez symptomatiques des productions Netflix.
Un retour en demi-teinte, dont les quelques notes de synthé nostalgique ne suffisent pas à combler le vide. Une vacuité mercantile qui rappelle celle d'un autre célèbre flic des années 1980, John McClane (Bruce Willis), dont le Die Hard 4 : Retour en enfer (2007) était clairement le volet de trop.