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Benjamin s'interroge

Comment occuper les enfants pendant l'été?

En été, les enfants ont trop de vacances. Pas «trop» dans l'absolu, mais trop par rapport aux parents. Alors que faire de tous ces mômes pendant tout ce temps?
19.07.2021, 20:3520.07.2021, 17:44
Benjamin Décosterd
Benjamin Décosterd
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Benjamin s'interroge
Benjamin Décosterd se pose des questions existentielles pendant (et à propos de) la période estivale. Il tente d'y répondre avec ses armes: Google, une formation non journalistique et une audace stylistique qui lui permettent de parler de lui à la troisième personne.

Tous les enfants de Suisse sont désormais en vacances. Il ne manquait que les Zurichois, qui avaient encore des cours jusqu'à vendredi (Pouah les NULS!). Mais ce n'est pas le cas de tous les parents. Et «il faut bien que quelqu'un bosse pour te le payer, ce jouet qui t'amusera sans te conditionner et te cloisonner dans un cliché de genre, Alix.»

En Suisse romande, les écoles sont plutôt généreuses puisqu'elles offrent entre six et huit semaines de vacances estivales, selon les cantons. Ce qui force les parents à se demander: comment occuper les enfants?
(Et pour les parents profs: à qui les refiler?)

Une question que l'on pourrait aborder de façon très pragmatique, comme pour les impôts, en regardant quel canton offre le moins de vacances d'été. Mais alors il faudrait déménager en Argovie (trois semaines de vacances seulement en été) et le jeu n'en vaut peut-être pas la chandelle dépression.

<b>QUE.DU.FUN.</b>
QUE.DU.FUN.Image: Pinterest/watson

Sinon, on peut opter pour un autre type de pragmatisme et répondre: NE PAS FAIRE D'ENFANTS. Ce qui est personnellement ce que j'ai choisi. Mais si vous avez cliqué sur cet article en désespoir de cause, vous ne pouvez plus rapporter votre progéniture au magasin à la maternité. Enfin quoique… Vous pouvez faire le test: si votre enfant ne rentre pas dans une boîte à bébés, c'est que c'est trop tard pour le rendre. À la place, vous pouvez le confier à un orphelinat, à une secte, ou à l'UDC : ils acceptent tout le monde.

Mais assez rêvé.
Donc: occuper ses enfants. Comme toujours quand on n'a pas d'idée, le plus simple est de demander à Google. Florilège des grandes pistes de solutions:

Les grands-parents

Comme le dit Génération-Plus, la plateforme «destinée aux 50 ans et plus qui cherchent à s'informer à échanger et se divertir en Suisse romande» dans un article: «J'ai le genou qui grince avec cette humidité. Quand les parents travaillent, c’est en été que les enfants passent le plus de temps avec leurs grands-parents.»

Donc avant de faire des enfants, il faut prévoir de faire des grands-parents, ça peut toujours servir.

Les activités existantes

La magie d'Internet propose rapidement des listes de choses à faire, près de chez soi (camps, ateliers, stages, centres de loisirs). Bien pratiques, ces articles doivent également répondre à des critères de référencement, ce qui donne des titres aussi naturels que des dialogues de pub suisse, comme: Que faire avec les enfants pendant les vacances d'été en 2021 en Suisse romande?

Les idées à réaliser soi-même

Une mine d'or. Non mais LES PÉ-PITES:

  • Faire pousser des pépins de citron (c'est long, non?).
  • Des courses de pop-corn en utilisant une paille (c'est un truc de bourré, non?).
  • Peindre avec des fléchettes (C'est un truc d'Irlandais bourré, non?).

La solution : Mixer les solutions

C'est en tout cas ce que fait Greg, deux fois papa(papa):

Attention, cette année, c'est très technique. Les deux premières semaines, ils ont chacun fait un camp de foot d'une semaine en alternance. Du coup, plus facile d'en placer un à la fois chez les grands-parents. Et comme on bosse les deux à temps partiel et que j'ai des horaires plutôt libres, on a réussi à jongler.
Et surtout, miser sur de grandes carrières sportives, des Ballons d'or et la possibilité de se faire entretenir: le bon plan.

Après, au jour le jour, il faut jongler (facile avec des enfants qui font du foot): «j'alterne les classiques: cinéma, bowling, balades au bord du lac, pique-niques avec les autres parents en vacances.»

Mais surtout, l'important c'est de rester réaliste:

«Comme j'ai plein de principes qui ont tendance à tomber en vacances, on va être plus souple sur les consoles et Disney+»
Image: imgflip/watson

De son côté, Tamara – qui garde sa fille de sept ans une semaine sur deux – la prend partout avec elle (même si «les grands-parents, ça sauve clairement la vie»):

La bonne astuce avec les enfants, c’est de leur donner une vue d’ensemble de leurs journées et activités. Ça prépare émotionnellement et sert également de «moyen de pression» pour garder le contrôle et les responsabiliser.
Il faut s’organiser, anticiper les besoins de l’enfant, beaucoup communiquer avec et savoir être reconnaissant.e de ses exploits: c’est tout un monde un enfant.
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Mais tout ça est «parfois éprouvant pour les parents qui ont les minus en continu», alors Tamara se prépare elle aussi:

«Le mieux pour ne pas céder au stress et aux réactions émotionnelles c’est d’être conscient.e.s de nos limites et d'en informer l’enfant»

Alors – après avoir lu tout ça – on a plein de pistes de solutions, mais on est en droit de se demander: Est-ce vraiment nécessaire d'occuper les enfants? Est-ce qu'ils ne pourraient pas juste se dé/merder/brouiller?
Anne Devries Hemma, pédopsychiatre, répond:

«En voyant mes patients, j'ai le sentiment que les enfants sont trop occupés et stimulés, de manière générale»

Un planning surchargé par la peur de mal faire: «Énormément d'exigences et d'attentes pèsent sur les parents. Il y a une pression sociale d'être mauvais parents si l'on ne prévoit pas beaucoup de choses pour ses enfants».

D'après la pédopsychiatre, c'est un phénomène de société et d'époque: «Quand j'étais enfant, il n'y avait rien d'organisé. L'été, c'était deux mois d'une liberté incroyable».

Tout cela a évidemment des conséquences, et pas forcément positives (ce n'est pas parce que votre enfant a un agenda de ministre qu'il ou elle le deviendra):

«Le fait de s'ennuyer, c'est le vecteur de l'imagination et de la créativité. Il y a bien sûr un juste milieu à trouver, mais c'est important d'oser laisser les enfants s'ennuyer»
Anne Devries Hemma, pédopsychiatre.

Donc vous avez compris: n'ayez pas peur de laisser vos enfants devant cet article. C'est justement pour leur laisser la possibilité de s'ennuyer qu'il fait 6 266 signes.
(Et en plus, ça vous fait une activité de moins à trouver pour la journée.)

0 Commentaires
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Les gens nés dans les années 1990 ont forcément connu ces 20 trucs
Hé, les gens nés dans les nineties, on est d'accord qu'on a grandi dans la plus belle époque, hein? Hé, les rageux nés avant ou après, on vous voit.

Bon, OK: tout n'était pas génial génial. La preuve avec deux-trois pépites déterrées à l'occasion de cette liste.

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