Ces deux hôtels suisses vous feront oublier les Maldives
Sable blanc, palmiers, mer turquoise: les Maldives sont une destination de rêve pour les amoureux. Mais un voyage dans cet archipel, avec séjour dans un bungalow sur pilotis, est aussi synonyme de luxe absolu. Une manière d'afficher un mode de vie privilégié. Un symbole de statut social.
Mon mari et moi avons un besoin urgent de romantisme. Longues journées de travail, rendez-vous à la chaîne, téléphone en surchauffe: côté amour, c'est l'âge de glace. Alors, direction les Maldives? Non. Nous n'avons rien à prouver à personne. Aucune envie de passer 15 heures à voyager, de subir le décalage horaire et de nous ennuyer sur une île minuscule où les possibilités de bouger sont limitées, tout ça pour dépenser des milliers de francs.
Castello del Sole Beach Resort & Spa, Ascona
Dolce vita à deux
La balançoire de la plage privée nous berce doucement, tandis que le vent caresse mes cheveux encore humides. Rêveuse, je contemple le lac en sirotant un Basil Smash sans alcool. Mon mari, bercé par le lac, la plage et le balancement de la balançoire, somnole pendant une bonne partie de l'après-midi.
Avant cette sieste, nous avions pris le large sans le moindre effort à bord du pédalo électrique de l'hôtel, avant de faire une halte dans le delta de la Maggia. Nous nous sommes baignés dans l'eau fraîche, puis avons pris le soleil sur la plateforme. La dolce vita à deux.
Ce complexe cinq étoiles est un havre de paix niché dans un parc qui abrite une réserve naturelle et ornithologique. Cyprès du Cachemire centenaires, érables champêtres, palmiers et margousiers composent un décor naturel exceptionnel.
A l'ombre de l'un d'eux, nous retrouvons Tessa Donati, de l'atelier Momento Ceramics. Elle donne des cours au «Castello» et l'assure: «La poterie est une activité incroyablement sensuelle.» Je pense au film Ghost, avec Patrick Swayze et Demi Moore, tout en façonnant mon bloc d'argile: il est censé devenir un photophore. Un moment méditatif, et romantique aussi.
Ici, les amoureux ne manquent pas d'espace. «Même lorsque l'hôtel affiche complet, chaque client dispose de 500 mètres carrés», explique le directeur adjoint Jochen Ebert. Le domaine s'étend sur 140 hectares, soit près de 200 terrains de football. L'hôtel, dont la partie la plus ancienne date de 1548 et qui appartient depuis 1942 à la famille d'industriels Bührle/Anda, propose de nombreuses activités.
«Cela va des dégustations dans notre domaine viticole à l'observation des oiseaux, en passant par les balades en Vespa et les cours de poterie», détaille Jochen Ebert. Il vante également le spa de l'hôtel, l'un des plus grands du Tessin.
Ici, tout est grand. Et pourtant, on ne s'y sent jamais perdu, car l'atmosphère reste familiale. Le «Castello» n'a rien de cette froideur impersonnelle que dégagent souvent les établissements de luxe. L'ambiance est détendue et la direction proche des clients. Au buffet du petit-déjeuner, je discute de confitures maison avec Simon Jenny, qui dirige les lieux avec son épouse Gabriela depuis 2003. Les fruits utilisés pour les préparer viennent des environs immédiats.
Des saveurs colorées
Le «Castello» est membre du réseau Responsible Hotels of Switzerland, qui réunit plus de 30 hôtels engagés en faveur d'un tourisme respectueux de l'environnement. Ici, la démarche se concrétise dans les assiettes: presque tout vient des champs et jardins voisins. Le domaine possède sa propre exploitation agricole, «Terreni alla Maggia». On y cultive du riz pour le risotto, du maïs pour la polenta, du blé, des tomates de toutes les couleurs, des aubergines, des kiwis, du raisin, des herbes aromatiques, du poivre et même du thé vert. Et du yuzu.
Le chef Mattias Roock s'est pris de passion pour cet agrume. Originaire du nord de l'Allemagne, il en fait non seulement de la confiture, mais aussi du gin, du sel et de la moutarde. «Pour moi qui aime cuisiner avec des produits locaux et proches de la nature, c'est un rêve.»
Les gourmets assurent que l'essence froide de tomate de Mattias Roock est légendaire. Lorsque nous la goûtons à la Locanda Barbarossa, le restaurant de l'hôtel récompensé de 18 points au Gault & Millau et d'une étoile Michelin, je retrouve en bouche la saveur concentrée des tomates que nous venons d'observer dans le jardin.
Je pense alors aux Maldives, où presque tous les aliments doivent être acheminés par avion, et me dis que je suis vraiment au bon endroit.
Habitat Lago Maggiore, Gambarogno
Quelques heures plus tard, le monde est à nos pieds. Enfin, pas tout à fait: juste le lac Majeur. J'ai souvent passé mes vacances à Locarno ou à Ascona, sans jamais aller sur l'autre rive. Depuis le «Castello», nous avons donc rejoint Piazzogna, dans la commune de Gambarogno, encore largement épargnée par le tourisme.
L'«Habitat Lago Maggiore»
C'est là, sur un vaste coteau entre lac et montagnes, que se trouve un nouvel hôtel unique en Suisse. L'«Habitat Lago Maggiore» se compose de cinq tiny houses au design minimaliste, en bois et en verre. Chacune dispose d'une terrasse privée, d'un jacuzzi chauffé, d'une cuisine et d'une immense baie vitrée. Depuis le lit, la vue est si spectaculaire que j'ai du mal à m'endormir: les lumières de l'autre rive scintillent comme des milliers de pierres précieuses.
Le voilà, le grand luxe. D'autant que la nature est omniprésente. La végétation luxuriante s'étend dès le pas de la porte et un sentier serpente dans la forêt voisine, le long du ruisseau. Aménagé pour l'hôtel, il est également accessible au public.
Elia Frapolli, ancien directeur de Ticino Turismo aujourd'hui reconverti dans le conseil touristique, a réalisé son rêve ici. Il est à l'origine de ce complexe de vacances, dont il est également propriétaire. Un sixième module peut accueillir des familles, des séminaires ou des retraites de yoga.
En théorie, Elia Frapolli aurait pu exploiter chaque mètre carré disponible et construire un complexe de plusieurs étages. Mais il s'y est refusé. Seuls 39% de la surface disponible ont été bâtis:
Sa clientèle compte de nombreux Américains, ainsi que des touristes venus du monde arabe et d'Australie. Seuls 50% des clients sont suisses, une proportion inférieure à la moyenne au Tessin.
Le nouveau venu dans l'hôtellerie semble avoir visé juste. Ouvert en mai 2025, l'«Habitat» a affiché complet pendant plusieurs semaines dès sa première année. Même à Noël, l'hôtel était complet. Alors que d'autres établissements tessinois ferment leurs portes plusieurs mois par an, l'«Habitat» reste ouvert toute l'année: «Quand le concept est bon, les clients viennent aussi en hiver», affirme Elia Frapolli.
Il n'y a pas de restaurant, mais une famille du village prépare le petit-déjeuner et le livre directement devant la porte. Des spécialités de Gambarogno sont également vendues sur place. Pour autant, les amateurs de bonne chère ne sont pas oubliés.
Le premier soir, sur notre terrasse, l'artiste culinaire Agnese Z'graggen et Ilaria Tettamanti, qui veille au bien-être des clients de l'hôtel, nous servent un menu en plusieurs plats. Au menu, uniquement des produits locaux: pain à la farine de maïs, tartare de boeuf et de radis, salade de brocolis, le tout accompagné d'un vin mousseux de la région.
Pour Elia Frapolli, la durabilité n'est pas un petit plus, mais une condition essentielle. Il travaille exclusivement avec des prestataires et des fabricants locaux. Parfaitement intégrés au paysage, les modules de l'«Habitat» sont presque autonomes sur le plan énergétique:
Il encourage aussi ses clients à venir en transports publics, puis à découvrir la région au volant du Microlino, la minuscule voiture électrique de l'hôtel.
Et c'est exactement ce que nous faisons: à bord de notre adorable petite voiture électrique, nous prenons la route d'Indemini, 800 mètres plus haut, un ancien village de contrebandiers à la frontière italienne. C'est l'une des localités les plus isolées de Suisse. Un véritable petit road trip, ponctué de nombreux virages en épingle que le Microlino négocie sans problème. Juste ce qu'il faut d'aventure, même pour une escapade en amoureux.
Le soir, nous nous offrons un verre et un bain dans le jacuzzi au coucher du soleil. Le ciel passe de l'orange au bleu nuit, tandis que les lumières de l'autre rive recommencent à scintiller. Comme quoi, le bonheur est parfois tout près.
Ce voyage a été réalisé avec le soutien de Responsible Hotels of Switzerland et d'Habitat Lago Maggiore. (trad.: mrs)
