Ces villes européennes vont davantage taxer les touristes en 2027
Venise a encaissé cinq millions d’euros l’an dernier grâce aux droits d’entrée payés par les visiteurs à la journée. L’année prochaine, les touristes pourraient rapporter encore davantage aux caisses de la ville. La cité des Doges envisage en effet d’augmenter sensiblement le tarif imposé aux visiteurs qui n’y passent pas la nuit. Jusqu’ici fixé à dix euros certains jours, il pourrait atteindre 30 euros à l’avenir.
Avec cette mesure, le maire Simone Venturini entend mieux réguler le tourisme de masse à Venise, la taxe actuelle semblant manifestement trop faible pour avoir un véritable effet. Reste à savoir si son projet aboutira: l’accord du gouvernement italien est indispensable.
Venise est toutefois loin d’être un cas isolé. De plus en plus de villes voient dans les touristes une source de revenus supplémentaires ou tentent, par ce biais, de freiner le tourisme à la journée. Dans de nombreuses villes européennes, les taxes imposées aux visiteurs augmenteront également en 2027. Tour d’horizon.
Amsterdam réhaussera sa taxe de séjour
Balade le long des canaux, visite du Musée Van Gogh ou simple promenade dans les rues de la ville en dégustant des stroopwafels et des frites: Amsterdam reste extrêmement prisée des touristes. Ils ont été 9,5 millions à visiter la capitale néerlandaise l’an dernier, soit encore 2% de plus que l’année précédente.
Amsterdam prélève pourtant déjà l’une des taxes touristiques les plus élevées. Les visiteurs paient 12,5% du prix de leur nuitée. Pour une chambre à 100 euros, la taxe s’élève donc à 12,50 euros. Dès le 1er janvier 2027, elle passera à 16%.
Et la hausse ne s’arrêtera pas là. La taxe de séjour continuera d’augmenter les années suivantes pour atteindre finalement 20% en 2031. Une personne payant 200 euros pour sa chambre devra alors s’acquitter de 40 euros de taxe par nuit. Amsterdam arrive en tête en Europe pour le niveau de sa taxe touristique. A l’avenir, la ville néerlandaise pourrait également se hisser parmi les premières au niveau mondial.
Vienne passe sa taxe touristique de 3,2% à 8%
Vienne a elle aussi attiré nettement plus de visiteurs l’an dernier: 8,57 millions de personnes se sont rendues dans la capitale autrichienne, soit 5% de plus que l’année précédente. L’année 2025 a ainsi été la plus fructueuse de l’histoire du tourisme viennois. La cathédrale Saint-Etienne, le château de Schönbrunn et la culture des cafés sont particulièrement appréciés des touristes.
Depuis le 1er juillet de cette année, les touristes paient une taxe de séjour équivalent à 5% du prix net de la nuitée, contre 3,2% auparavant. L’année prochaine, cette taxe doit passer à 8% à compter du 1er juillet. Pour un prix net de 100 euros par nuit – soit le prix de la chambre hors TVA et petit-déjeuner –, il faudra donc payer huit euros de taxe à partir de juillet prochain.
Cardiff instaura un impôt unique et stable
Au Pays de Galles, les communes auront le droit de prélever une taxe touristique dès 2027. Alors que nombre d’entre elles réfléchissent encore à la question ou ont décidé d’y renoncer, Cardiff imposera une taxe de séjour aux touristes à partir d’avril 2027. Celle-ci ne sera toutefois pas calculée en pourcentage du prix de la nuitée, mais prendra la forme d’un montant forfaitaire. Les visiteurs devront payer 1,30 livre (1,40 franc suisse) par nuit. Ceux qui séjournent dans un camping ou une auberge de jeunesse paieront moins, soit 0,75 livre (80 centimes).
Barcelone vise spécifiquement les croisières
La métropole catalane veut lutter contre le tourisme de masse. Les personnes qui passent une nuit à Barcelone paient actuellement, selon le type d’hébergement, jusqu’à 15 euros de supplément par nuit. La ville a parallèlement adopté un calendrier précis prévoyant une augmentation de la surtaxe municipale d’un euro chaque année au 1er avril, jusqu’à ce qu’elle atteigne son plafond en 2029.
Barcelone entend faire payer encore davantage les croisiéristes qui restent moins de douze heures dans la ville. Leur surtaxe doit ainsi passer progressivement de cinq à 24 euros, auxquels s’ajoute une taxe touristique régionale de six euros. En 2027, les croisiéristes devraient ainsi payer 18 euros supplémentaires. Ce montant doit ensuite augmenter de quatre euros par an pour atteindre un total de 30 euros en 2030.
Comme les compagnies maritimes répercutent généralement ces taxes sur leurs tarifs, les croisières faisant escale à Barcelone devraient probablement devenir plus chères. Les passagers qui commencent ou terminent leur voyage à Barcelone, une pratique appelée «homeporting», sont exemptés de cette taxe. (mat/trad. hun)

