La dette a atteint un seuil critique dans les pays en développement
Le coût de la dette dans les pays en développement explose et grève les budgets publics au détriment de priorités de développement telles que la santé et l'éducation, a affirmé jeudi l'ONU Commerce et Développement (Cnuced) dans un rapport.
Précisant que si «plus des deux tiers du stock total sont détenus par des économies développées, la dette a augmenté beaucoup plus rapidement dans les pays en développement», souligne la Cnuced. Elle ajoute:
Dans ces pays, les coûts de l'emprunt restent «durablement plus élevés». Ces pays ont payé un taux d'intérêt moyen de 5,2% sur leur dette publique, contre 2,2% pour les pays développés, alerte encore l'organisation, se basant notamment sur des données du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
En conséquence, les paiements d'intérêts sur la dette publique dans les pays en développement sont passés de 363 milliards de dollars en 2010 à près de 1000 milliards de dollars en 2025, ce qui a réduit les fonds disponibles pour les écoles, les hôpitaux et d'autres investissements publics essentiels, note la Cnuced.
Les dettes deviennent abyssales
Dans 51 pays en développement, qui abritent 3,7 milliards d'habitants, les paiements d'intérêts sur la dette publique ont dépassé les dépenses publiques consacrées à la santé ou à l'éducation, ajoute-t-elle.
Parmi ses recommandations, l'organisation onusienne préconise de «réduire l'écart des coûts d'emprunt avec les économies développées». Une telle mesure pourrait selon elle permettre aux pays en développement d'économiser 500 milliards de dollars par an en paiements d'intérêts.
La dette devrait aider les pays à investir dans leur avenir. Le rapport précise que depuis 2022, les paiements d'intérêts sur la dette publique extérieure sont supérieurs aux nouveaux prêts nets accordés aux pays en développement.
La Cnuced constate:
A l'échelle mondiale, la Cnuced recommande d'«inverser la baisse de l'aide publique au développement, accroître les prêts des banques multilatérales et régionales de développement et renforcer l'assistance technique pour consolider les capacités nationales».
Cette analyse est publiée en amont d'une réunion de la «Plateforme des emprunteurs», qui se tiendra le 12 octobre à Bangkok en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. (ats/afp)
