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La France se moque de son économie et la politique le prouve

Mélenchon a un plan pour effacer la dette de la France: «Une catastrophe»

Chômage, inflation, déficit: tous les voyants sont au rouge en France. Les promesses électorale se multiplient pour résoudre le problème, mais les solutions proposées n'ont pas de quoi rassurer l'Europe.
16.09.2026, 05:3116.09.2026, 07:16
Stefan Brändle

Le nouveau «malade de l’Europe» n’est pas un poids léger comme la Grèce, à laquelle Bruxelles avait pu imposer une cure d’austérité. Une grave crise financière frappe actuellement la deuxième économie de l’Union européenne (UE) – qui, de surcroît, apprécie peu que Bruxelles lui dicte sa conduite. La France doit désormais verser 4,4% d’intérêts sur ses obligations d’Etat à dix ans, davantage que l’Italie. Autrement dit: les marchés perdent confiance dans l’économie française. Avec une croissance de 0,4%, la conjoncture se rapproche de la stagnation. Le chômage remonte à 8,2% et l’inflation pourrait bientôt atteindre 3%.

Les tensions géopolitiques pèsent bien sûr également sur la France, où le prix des carburants atteint 2,30 euros le litre. Mais la plupart des problèmes sont d’origine intérieure. Le projet de budget 2026, que le premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter à la fin du mois, déborde de toutes parts avec un déficit de 5,1%. A l’approche de l’élection présidentielle du printemps prochain, Sébastien Lecornu ne peut toutefois pas donner un tour de vis budgétaire, la chute de son gouvernement serait inévitable.

Depuis des années, les déficits budgétaires français se maintiennent ainsi à plus de 5%, alors que l’UE n’en autorise que 3%. Maintenant que les taux d’intérêt augmentent, les avertissements lancés autrefois par les esprits les plus raisonnables semblent se confirmer: les finances publiques françaises se rapprochent du précipice.

Sous la présidence d’Emmanuel Macron, la dette publique a augmenté de 1000 milliards d’euros depuis 2017 pour dépasser les 3500 milliards. Si la dette a explosé sous ses quinquennats, Emmanuel Macron n’est évidemment pas le seul responsable: au cours des 50 dernières années, aucun gouvernement à Paris n’est parvenu à présenter des comptes excédentaires. Le système de santé et de protection sociale est désespérément surendetté.

Faire des économies? Non merci

Autrement dit: l'Hexagone vit aujourd’hui largement au-dessus de ses moyens. Cette année, la France paie 65 milliards d’euros d’intérêts, soit davantage que l’ensemble de son budget consacré à la défense ou à l’éducation. Mais à l’approche de l’élection présidentielle, personne ne songe à réaliser des économies raisonnables.

Le débat électoral est dominé par une proposition d’un tout autre genre. Le candidat de gauche Jean-Luc Mélenchon veut tout simplement annuler l’énorme dette publique, ou du moins les 18% détenus par la Banque de France. «Il suffit d’aller la chercher, de la prendre et de la jeter au feu», a déclaré le candidat à la présidentielle, bien placé dans les sondages.

«Alors, il n’y a plus de dette. Et personne ne remarquera même qu’elle a disparu»

Une absurdité? Pas forcément puisque 50 économistes donnent raison à Jean-Luc Mélenchon. Le banquier de gauche Matthieu Pigasse ne redoute «aucune conséquence financière» après une telle annulation. D’autres économistes qualifient en revanche les deux hommes de «charlatans»: les investisseurs privés, qui détiennent les quatre cinquièmes de la dette publique française, réagiraient immédiatement en exigeant des primes de risque exorbitantes si la France cessait de rembourser ses créanciers publics – la Banque de France et, indirectement, la Banque centrale européenne (BCE).

Ce serait une «catastrophe», a ainsi tonné Philippe Aghion, prix Nobel d’économie, qui se définit lui-même comme social-démocrate.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a elle aussi estimé que l’idée de Jean-Luc Mélenchon serait non seulement dangereuse pour la France et l’espace européen, mais également «incompatible avec le droit européen».

Le patron de LFI, qui veut désormais «mettre au congélateur» la dette publique détenue par la Banque de France, affirme au contraire qu’une fois président, il ralliera à la France d’autres pays comme l’Espagne, la Grèce ou le Portugal afin de modifier les règles de la BCE.

Le plan de Jean-Luc Mélenchon, s'il était élu, aurait de grandes chances de faire voler en éclats l’euro. Est-ce son objectif à terme? Quoi qu’il en soit, le débat autour de sa proposition montre sans ambiguïté qu’en France, certains ne souhaient plus respecter les règles européennes en matière de déficit et de dette.

Si Marine Le Pen, l’adversaire de Jean-Luc Mélenchon, était élue à l’Elysée, les finances françaises ne se porteraient pas mieux. Le parti d'extrême droite historique veut alourdir encore la charge qui pèse sur un système social déjà hors de contrôle, notamment en abaissant l’âge de la retraite de 62 à 60 ans. De nombreux Européens suivent donc avec une certaine appréhension la campagne présidentielle française, dominée par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. (trad. hun)

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