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A Lugano, la Suisse retarde la saisie d'avoirs russes de l'Ukraine

L'Ukraine réclame l'argent russe gelé par la Suisse, mais Cassis lui dit non

Lundi, Ignazio Cassis a répondu non à la demande de l'Ukraine de saisir les avoirs gelés des riches russes afin de reconstruire le pays en guerre. Alors que le président suisse a prôné la vigilance, le premier ministre ukrainien a revendiqué la nécessité internationale.
06.07.2022, 17:3606.07.2022, 17:53
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L'Ukraine veut reconstruire son pays actuellement en guerre contre la Russie. Une ambition de taille qui, à ce jour, requiert près de 750 milliards de dollars. Alors, au cours de la conférence de Lugano s'étant tenue les lundi 4 et mardi 5 juillet, le gouvernement de Volodymyr Zelensky a réaffirmé cette volonté en proposant de financer une partie du projet à l'aide des 300 à 500 milliards de dollars d'avoirs russes gelés par les Etats-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni.

Cette demande, formulée par le premier ministre ukrainien Denys Chmyhal, s'est, toutefois, heurtée à une ferme résistance: celle de la Suisse, hôte de l'événement diplomatique.

Le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal s'exprime lors de l'ouverture officielle du Forum économique lors de la conférence URC sur la relance de l'Ukraine, le mardi 5 juillet 2022 à ...
Le premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, lors de la conférence de Lugano, en Suisse, le 5 juillet 2022.Image: keystone

Un temps d'évaluation

Ignazio Cassis a préféré botter en touche et remettre à plus tard le projet de saisie ukrainien. Le président de la Confédération veut d'abord s'assurer que la capture d'un tel montant ne donne pas trop de pouvoirs à l'Etat vis-à-vis de l'individu, comme c'est nécessaire dans toute «démocratie libérale». En effet, il faut une base légale et des conditions claires pour éviter les abus. Il a avancé:

«L'Ukraine doit s'assurer que ses citoyens seront protégés contre le pouvoir de l'Etat»
Ignazio Cassis, président de la Confédération.

Le président suisse veut contrôler les bases légales qu'implique la demande de l'Ukraine. Car, du point de vue d'Ignazio Cassis, si le gel des avoirs des hauts responsables russes sanctionnés a été «légitime», il l'a plus particulièrement été dans le but de clarifier l'origine de la propriété des biens en question et leur lien de causalité avec la guerre en Ukraine qui fait rage depuis bientôt six mois. Le gel n'a, selon lui, pas été édicté afin de faciliter des confiscations.

Le président suisse Ignazio Cassis, ministre des Affaires étrangères, à droite, et le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, à gauche, prennent la parole avant de monter sur scène lors de l'ou ...
Le premier ministre ukrainien Denys Shmyhal (gauche) et Le président suisse Ignazio Cassis (droite), lors de la conférence de Lugano, en Suisse, le 5 juillet 2022.Image: keystone

Pour le premier ministre ukrainien, la validation de cette mesure apparaît de plus en plus urgente, car elle ne concernerait pas seulement son pays. Elle pourrait plus significativement jouer en la faveur du monde entier.

Sécurité mondiale

Confisquer les avoirs russes gelés et les transférer à l'Ukraine permettrait d'améliorer la sécurité mondiale en dissuadant d'autres «agressions non provoquées» et injustifiées de survenir dans le monde, comme l'a spécifié Denys Shmyhal aux journalistes lors d'une conférence de presse annexe:

«Nous proposons une formule pour créer une législation nationale et internationale qui permettra de confisquer des avoirs gelés en cas d'agression non provoquée»
Denys Shmyhal, premier ministre ukrainien.

Clamant «subir» une «agression non provoquée», le premier ministre ukrainien a déclaré «revendiquer» cette mesure afin que la Russie tienne ses responsabilités: «Il se révèle fondamental qu'un agresseur qui tue notre peuple, détruit nos infrastructures, nos écoles et nos hôpitaux paie pour cela.»

Si l'idée n'a pas semblé séduire la Suisse, qui a gelé 6,50 milliards de dollars d'actifs russes, la mesure réaffirmée par Denys Shmyhal, lundi, a tout de même remporté l'approbation de principe de la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss, rapporte The Guardian.

La Suisse est l'un des nombreux pays dotés de lois très strictes concernant le secret bancaire. En mai, alors que de nombreux pays officialisaient la chasse aux biens appartenant aux oligarques proches de Vladimir Poutine, le gouvernement de Cassis n'a pas semblé plus enthousiaste de le faire à des fins politiques. La Suisse a été accusée de sciemment trainer des pattes quant à la saisie de ces avoirs. (mndl)

Pour l'instant, le régime de Poutine s'en fiche de mes vidéos YouTube»
Video: watson
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