Economie
Russie

La conférence pour la reconstruction de l'Ukraine s'ouvre sans Zelensky

The heads of delegations stand for the traditional family photo during the Ukraine Recovery Conference URC, Monday, July 4, 2022 in Lugano, Switzerland. The URC is organised to initiate the political  ...
La première conférence pour la reconstruction de l'Ukraine a eu lieu en juillet 2022, à Lugano.Image: KEYSTONE

La conférence pour la reconstruction de l'Ukraine s'ouvre sans Zelensky

Des responsables politiques et investisseurs se retrouvent en Pologne pour discuter de la rénovation du secteur énergétique ukrainien. Fait notable: l'absence du principal intéressé, en raison d'une brouille avec Varsovie.
25.06.2026, 13:0325.06.2026, 13:03

La conférence annuelle pour la reconstruction en Ukraine s'est ouverte jeudi en Pologne, en l'absence de Volodymyr Zelensky en raison de tensions avec Varsovie. A l'ordre du jour: la rénovation du secteur énergétique durement frappé par la Russie.

Les participants ont commencé à arriver vers 9h au centre de conférence Amberexpo de Gdansk, port hanséatique de la mer Baltique partiellement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les abords du centre étaient quadrillés par des policiers en armes déployés en nombre pour prévenir tout débordement. Un parti polonais ultranationaliste a en effet appelé à manifester en fin de journée, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Kiev a annoncé mardi, après plusieurs semaines d'âpres échanges au sujet de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, que la délégation ukrainienne serait conduite par la Première ministre Ioulia Svyrydenko et non le président.

La conférence de Gdansk, la cinquième du genre, doit rassembler jusqu'à vendredi responsables politiques et acteurs économiques – essentiellement européens – pour discuter de la reconstruction après la guerre avec la Russie. Les précédentes éditions ont eu lieu à Lugano, Londres, Berlin et Rome.

Parmi les participants à cette conférence, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ainsi que plusieurs membres de la Commission. Elle s'exprimera aux côtés des dirigeants de Pologne, Bulgarie, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Roumanie et Suède. La Suisse est aussi représentée, par Jacques Gerber, délégué du Conseil fédéral pour l'Ukraine. Le président portugais du Conseil européen Antonio Costa, critiqué en raison de contacts diplomatiques récents de son entourage avec Moscou, sera également présent.

A Gdansk, l'attention sera portée sur les secteurs les plus touchés par la guerre: énergie, infrastructures critiques et logistique. Les discussions porteront également sur les capacités de sécurité de l'Ukraine. En février, un rapport conjoint de Kiev, de la Banque mondiale, de l'Union européenne et des Nations unies a estimé que la reconstruction après-guerre de l'Ukraine coûtera quelque 588 milliards de dollars (plus de 500 milliards d'euros).

Investir dans l'énergie

Convaincre les investisseurs est un défi pour l'Ukraine, alors que les pourparlers promus par Washington pour mettre fin au conflit n'ont pas progressé. Mardi, Ioulia Svyrydenko a assuré:

«Nous prévoyons de signer un certain nombre d'accords importants avec des partenaires internationaux, en particulier pour renforcer notre secteur énergétique.»

Pour l'instant, le pays consacre la plupart de ses fonds à son effort de guerre et au maintien à flot de son économie.

L'Union européenne a approuvé en décembre un prêt de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine pour la période 2026-2027, dont une première tranche de 3,2 milliards versée en juin. Les deux tiers de ces fonds sont destinés à la défense de l'Ukraine.

Mais selon Glib Vychlinsky, directeur du Centre de stratégie économique à Kiev, il est également essentiel de «fournir des services essentiels et des logements aux personnes en Ukraine qui paient des impôts et soutiennent l'armée». Il affirme:

«Il sera impossible pour l'Ukraine de défendre le pays sans mener la reconstruction en parallèle»

L'expert confirme toutefois que les destructions dans le secteur de l'énergie ont fait de ce domaine une priorité en termes d'investissements.

Relations tendues

Pour la première fois depuis 2022, Volodymyr Zelensky ne sera pas présent à la conférence. Les relations entre Varsovie et Kiev se sont refroidies fin mai, lorsque le chef de l'Etat ukrainien a décidé de baptiser une unité militaire du nom de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne, une organisation nationaliste fondée en 1942 et tenue en Pologne pour responsable de la mort de plus de 100 000 Polonais.

En réaction, le président nationaliste polonais, Karol Nawrocki, qui cohabite avec le gouvernement libéral de Donald Tusk, a annoncé la semaine dernière retirer à Volodymyr Zelensky la plus haute distinction du pays, l'Ordre de l'Aigle blanc.

Le Premier ministre pro-européen a déclaré mercredi à la presse:

«J'espère que cette conférence sera (...) un moyen de faire retomber l'escalade émotionnelle, car elle n'est nécessaire ni pour nous, Polonais, ni pour les Ukrainiens»

Donald Tusk se démarque ainsi de son président.

Côté ukrainien, le porte-parole de la diplomatie Guéorgui Tykhy a assuré mercredi que Kiev cherche à «éviter toute politisation inutile de cet évènement international». (ats/tam)

Macron, Trump et l'émir du Qatar parlent du PSG en plein G7
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
2 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
2
Ces destinations connaissent un boom des réservations en Suisse
Le voyagiste TUI Suisse enregistre un effet de rattrapage depuis la fin de la guerre en Iran. La Turquie et Chypre sont notamment fortement plébiscitées.
Le voyagiste TUI Suisse profite d'un effet de rattrapage dans les réservations pour les vacances d'été. À l'attentisme de la clientèle en raison du conflit au Proche-Orient succède une vague de réservations de dernière minute. «Après une certaine réticence liée aux développements géopolitiques de ce printemps, nous constatons depuis quelques semaines une nette reprise et une augmentation réjouissante des réservations pour l'été», a indiqué jeudi devant la presse Nicole Pfammatter, fraîchement nommée à la tête de TUI Suisse.
L’article