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Le marché du travail suisse profite aux régions frontalières

Plus de la moitié des frontaliers travaillant en Suisse habitent en France voisine.
Plus de la moitié des frontaliers travaillant en Suisse habitent en Frace.Keystone

Comment la Suisse rend service aux régions frontalières

Plus de 370 000 personnes franchissent la frontière pour venir travailler en Suisse. Cela a des conséquences positives pour les régions limitrophes: le taux de chômage y est parfois plus faible que celui dans les régions suisses voisines.
14.07.2023, 06:0326.03.2024, 08:16
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Le marché du travail suisse est étroitement lié à celui des pays voisins. Quelque 25 millions de personnes en âge de travailler vivent dans le bassin géographique formé par la Suisse et les 12 régions la jouxtant: l'Alsace, la Franche-Comté et la Région Rhône-Alpes en France, la Vallée d’Aoste, la Lombardie, le Piémont et la Province autonome de Bolzano en Italie, Freiburg et Tübingen en Allemagne, le Tyrol et le Vorarlberg en Autriche, ainsi que le Liechtenstein.

Les mouvements transfrontaliers au sein de cette zone montrent que la Suisse est «très demandeuse de main d’œuvre», écrit l'Office fédéral de la Statistique (OFS) dans un rapport publié jeudi: le nombre de personnes de nationalité étrangère se déplaçant pour travailler dans notre pays se montait à 372 900 en 2022. A titre de comparaison, seuls 29 000 Helvètes exerçaient une activité à l'étranger, essentiellement au Liechtenstein.

Les «régions» dont il est question dans cet article se réfèrent à une division statistique en vigueur en Europe, découpant les pays en unités comparables en fonction de la population, pas toujours correspondant à des unités administratives.

Faible taux de chômage

Plusieurs éléments illustrent «l'impact positif du marché suisse du travail sur ces régions frontalières», écrit l'OFS. A commencer par le taux de chômage.

Toutes les régions limitrophes affichent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale respective. La Région Rhône-Alpes et la Franche-Comté présentent par exemple un taux de chômage de 5,9 et 6,6%, contre 7,3% en France. L'écart est encore plus important en Lombardie (4,9% contre 8,1%).

Le taux de chômage dans les régions limitrophes est même parfois plus faible que celui dans les régions suisses contigües. C'est particulièrement le cas pour la zone lémanique, qui affiche une valeur supérieure à tous ses voisins:

Taux de chômage:

Région Lémanique: 6,9%
Franche-Comté: 5,9%
Rhône-Alpes: 6,6%
Vallée d'Aoste: 5,4%
Piémont: 6,5%

Les régions limitrophes affichent également un faible taux de personnes se trouvant au chômage depuis 12 mois ou plus (chômage de longue durée). Leur part est toujours inférieure à la moyenne nationale, à l’exception de l’Alsace, où ces deux valeurs s'équivalent.

Conséquences sur le taux d'activité

Un coup d'œil au taux d'activité montre que là aussi les régions limitrophes bénéficient de l'impact de la Suisse. La participation au marché du travail est plus élevée dans ces zones que sur le reste du territoire national.

L'écart est particulièrement marqué dans les régions italiennes: la Lombardie et la Vallée d'Aoste affichent des taux d'activité supérieurs à la moyenne nationale de 8,3 et 6,2 points de pourcentage, respectivement.

En France, la proportion de personnes actives était la deuxième et la troisième plus élevée en Rhône-Alpes (76,2%) et en Alsace (75,9%). Elle dépassait aussi la moyenne nationale en Franche-Comté (75,1%).

D'où viennent les frontaliers

On peut finalement s'interroger sur la répartition des frontaliers dans les régions voisines. La plupart d'entre eux, soit 201 400 individus, viennent de France. Le pourcentage de personnes franchissant la frontière pour aller travailler est particulièrement élevé en Franche-Comté, où 8% de la population active exerce une activité en Suisse.

L'Alsace et la Région Rhône-Alpes affichent des valeurs élevées, bien qu'inférieures: 4,3% et 3,8%. L'écart a une explication géographique, estime l'OFS:

«De par leur position géographique, les frontaliers Francs-Comtois se déplacent pour leur quasi-totalité vers la Suisse, alors que les Alsaciens se rendent aussi en Allemagne et les Rhônalpins en Italie»
OFS

En Allemagne, la plupart des flux vers la Suisse se fait depuis la région de Freiburg, soit 4,7% de sa population active. La situation change en Italie et en Autriche, où une seule région est à l’origine de la grande majorité des déplacements: la Lombardie (1,6% du total) et le Vorarlberg (3,7%).

L'OFS indique également que quelque 16 000 personnes de nationalité helvétique résidant dans l’un des cinq pays limitrophes, principalement en France ou en Allemagne, pendulent vers la Suisse pour des raisons professionnelles. (asi)

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source: sda / urs flueeler
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