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Afghan women attend an event to mark International Women's Day in Kabul, Afghanistan, Sunday, March 7, 2021. (AP Photo/Rahmat Gul)

Des Afghanes assistent à un événement pour marquer la Journée internationale de la femme à Kaboul, le 7 mars 2021 Image: AP

Les talibans «n'ont pas changé» témoignent des Afghanes

Les militantes féminines ne font aucune confiance aux nouveaux maîtres de l'Afghanistan et craignent plus que jamais pour leurs droits. Témoignages.

Homa Hoodfar / the conversation



Un article de The Conversation

Les talibans règnent désormais en maître absolu en Afghanistan, vingt ans après avoir été chassés du pouvoir par l'armée américaine.

C'est ce que craignaient le plus les 15 militantes que nous avons interviewées depuis un an, dirigeantes communautaires et politiciennes afghanes, dans le cadre d'une initiative internationale axée sur la défense et la protection constitutionnelle des droits des femmes en Afghanistan. Pour assurer leur sécurité, nous avons choisi de ne pas mentionner leur nom, ou de nous en tenir à leur prénom. Elles étaient extrêmement sceptiques sur le fait que les talibans aient pu changer.

«Toute réforme des talibans semble impossible. Ils prônent une idéologie fondamentaliste, en particulier en ce qui concerne les femmes.»

Une militante de Kaboul, âgée de 40 ans

De la soumission au Parlement

De 1996 à 2001, les talibans ont régné sur l'intégralité de l'Afghanistan. Si l'ensemble de la population a dû se plier aux interdictions découlant de leur interprétation conservatrice du Coran, ce sont les femmes qui en ont le plus souffert.

À l'époque, les femmes n'étaient pas autorisées à sortir de chez elles sans un chaperon mâle, et devaient porter une burqa les recouvrant de la tête aux pieds. Il leur était interdit de se rendre dans les centres de santé, fréquenter l'école ou travailler.

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Kaboul sous le règne des talibans, octobre 1996.

En 2001, les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan, renversé le régime des talibans et travaillé avec les Afghans à mettre en place un gouvernement démocratique.

L'occupation américaine du pays visait officiellement à mettre la main sur Osama bin Laden, le cerveau des attentats du 11 septembre à New York, réfugié en Afghanistan avec l'aval des talibans. Mais les Etats-Unis ont aussi invoqué les droits des femmes pour justifier leur occupation.

Une fois les talibans chassés du pouvoir, de très nombreuses femmes ont intégré la vie publique, y compris dans les sphères du droit, de la médecine et de la politique. Les femmes représentent aujourd'hui plus du quart des parlementaires afghans. Déjà en 2016, plus de 150 000 femmes avaient été élues à des postes locaux.

Rhétorique et réalité

L'an dernier, après 20 ans de présence en Afghanistan, les Etats-Unis ont signé un accord avec les talibans, s'engageant à retirer leurs troupes du pays à condition que les talibans coupent les ponts avec al-Qaida et entament des pourparlers de paix avec le gouvernement. Cet accord est évidemment désuet aujourd'hui, alors que les talibans règnent en maître sur tout le pays.

Les talibans avaient alors affirmé dans le cadre des pourparlers engagés, – et réaffirmé ces jours-ci – vouloir accorder aux femmes des droits «conformes à l'Islam».

Cela dit, selon les femmes que nous avons interviewées, les talibans rejettent toujours la notion d'égalité des sexes:

« Même si les talibans ont appris à apprécier Twitter et les réseaux sociaux à des fins de propagande, leurs actions sur le terrain montrent qu'ils n'ont pas changé.»

Meetra, une avocate

L'équipe de négociateurs des talibans ne comptait aucune femme, et, à mesure que leurs combattants locaux s'emparaient de districts, les droits des femmes y régressaient.

Une institutrice du district situé dans la province septentrionale de Mazâr-e-Sharif, tombé au printemps aux mains des talibans, nous a raconté:

«Au début, en voyant les interviews des talibans à la télé, nous avons cru qu'il existait un espoir de paix, que les talibans avaient peut-être changé. Mais je les ai vus de près, et ils n'ont absolument pas changé.»

Dans les zones sous le contrôle des talibans, il n'était pas rare d'entendre les haut-parleurs des mosquées claironner que les femmes doivent désormais porter la burqa et être accompagnées d'un chaperon mâle en public. Ils brûlent les écoles publiques, les bibliothèques et les laboratoires d'informatique.

«Nous détruisons ces lieux et mettons en place nos propres écoles religieuses pour former les talibans de demain.»

Un combattant local France 24, en juin 2021

Dans les écoles religieuses pour filles dirigées par les talibans, les élèves apprennent en quoi consiste le rôle «approprié» des femmes, selon leur interprétation stricte du Coran. Il consiste essentiellement en l'accomplissement de tâches domestiques.

Pour beaucoup d'Afghans, la manière d'agir des talibans prouve que ceux-ci rejettent les principes de base de la démocratie, dont ceux de l'égalité des sexes et de la liberté d'expression.

Une histoire d'égalité

De nombreux pays musulmans ont peu à peu progressé vers l'égalité des hommes et des femmes. C'est le cas de l'Afghanistan, où les femmes luttent depuis un siècle avec succès pour obtenir de nouveaux droits.

Une république résiliente

L'ère post-talibans a montré la résilience des femmes afghanes après le terrible recul de leurs droits. Elle a aussi mis en lumière le souhait des citoyens de voir mis en place un gouvernement plus démocratique et réactif.

Les talibans n'étaient pas en mesure de s'emparer du pouvoir par les urnes. En effet, dans le cadre d'un sondage mené en 2019 par The Asia Foundation, seuls 13.4% des répondants ont exprimé une certaine sympathie pour eux.

C'est la raison pour laquelle les talibans ont imposé leur autorité au peuple afghan par la force des armes, comme ils l'avaient fait dans les années 1990. De nombreuses femmes craignent que l'Histoire ne se répète...

Cet article a été publié initialement sur The Conversation. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

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La société de Mark Zuckerberg, propriétaire de la messagerie, est sous le feu des critiques. Un groupe Whatsapp utilisé par les talibans a été mis hors ligne.

Facebook a fermé une ligne d'assistance mise en place sur Whatsapp par les talibans. Le groupe en question se propose de répondre aux plaintes éventuelles des Afghans.

Les talibans, qui ont pris le pouvoir à Kaboul dimanche avaient annoncé, la semaine dernière, avoir mis en place un numéro spécial pour que la population puisse s'adresser à eux.

De leur côté, les talibans ont critiqué Facebook au sujet de la liberté d'expression, lors de leur première conférence de presse, diffusée en ligne mardi.

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