La Guinée a donné dimanche lors d'une cérémonie des terres aux milliers de victimes d'évictions forcées menées par les gouvernements précédents. Certaines d'entre elles ont attendu plus de 25 ans pour être dédommagées.
Plus de 20 000 personnes avaient été déplacées de force lorsque le gouvernement de l'ex-président Alpha Condé (2010-2021) avait fait démolir les quartiers de Kaporo-Rails, Kipe 2, Dimesse et Dar Es Salam dans la capitale Conakry entre février et mai 2019, selon l'ONG Human Rights Watch.
Le gouvernement avait alors affirmé que les terrains appartenaient à l'Etat et qu'ils seraient utilisés pour y bâtir des bâtiments officiels.
Une précédente séquence de démolitions ordonnées par le gouvernement avait eu lieu dans les mêmes quartiers de Conakry en 1998, à l'époque durant la présidence de Lansana Conté (1984-2008).
Lors d'une joyeuse cérémonie organisée dimanche, les associations représentant les victimes ont reçu les actes de propriété de 258 hectares de terrain situés à Wonkifong, à quelque 60 km de Conakry, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le terrain sera géré par la société étatique SONAPI, qui sera responsable du développement du site et du relogement des victimes.
Pour le porte-parole des victimes, Samba Sow:
Sow a appelé le général Mamady Doumbouya, leader de la junte militaire au pouvoir, à mettre en place un fonds d'indemnisation pour les victimes.
Le général Amara Camara, un porte-parole de la junte, a participé à la cérémonie. Il a indiqué que le président «est résolument engagé à sécher les larmes de tous les fils de ce pays».
La Guinée, située en Afrique de l'Ouest, est au pouvoir d'une junte dirigée par Doumbouya depuis un coup d'Etat en septembre 2021 qui avait renversé le président Condé. (chl/ats)