International
Allemagne

La police alerte sur l’essor des abus sexuels sur mineurs liés à l’IA

La police alerte sur l’essor des abus sexuels sur mineurs liés à l’IA

La police criminelle allemande met en garde contre la montée des infractions en ligne.
21.07.2026, 15:4921.07.2026, 15:49
FILE - A television screen reads "Alerting public organizations and people to cybersecurity" at the International Cybersecurity forum in Lille, northern France,on Jan. 23, 2018. (AP Photo/Mi ...
20'000 victimes en 2025, alimentée par le cybergrooming, le livestreaming et l’usage de l’intelligence artificielle.Keystone

La police criminelle allemande alerte dans un rapport dévoilé mardi sur «l'influence croissante» du numérique et de l'intelligence artificielle (IA) dans les abus sexuels envers les mineurs, via l'évolution des approches qu'elle permet aux auteurs.

Ce type de délinquance «se déplace de plus en plus vers l'espace numérique» qui pousse les statistiques globales «vers le haut», avec plus de 20'000 victimes recensées en 2025, soit une hausse de près de 5% par rapport à 2024, a résumé le chef de cette police (BKA), Holger Münch, lors d'une présentation de ce rapport à Berlin.

Un nombre d'infractions «effroyablement élevé» qui n'inclut pas «une importante part de criminalité cachée», a reconnu le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt.

Les abus sexuels sur mineurs sans contact physique sont en hausse de 16,5% par rapport à 2024, avec deux phénomènes «préoccupants», a dit Münch: le cybergrooming, qui consiste pour un adulte à gagner confiance d'un enfant dans le but d'en abuser, et le livestreaming, le fait de suivre en direct des abus commis en général à l'étranger.

«Les applications qui recourent à l'IA facilitent le cybergrooming» parce qu'elles «permettent de se fabriquer de fausses identités» et de «simuler dans les chats amitié et proximité», a souligné Kerstin Claus, la déléguée à la lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants.

Signalements en hausse de livestreaming

Une manipulation qui peut aboutir à une «sextorsion», un chantage sur des photos et vidéos intimes partagées volontairement, un phénomène qui concernerait «11% de tous les enfants et adolescents» selon une estimation mondiale, a-t-elle ajouté.

Quant au livestreaming, les signalements ont explosé entre 2024 et début 2026, passant de 25 à déjà «plus de 250» cette année, a souligné Holger Münch, citant les Philippines comme «point central».

Environ 40% des auteurs qui commettent ces abus en ligne «se rendent aussi sur place pour commettre des abus en personne», a-t-il encore indiqué.

Nouveau problème

L'IA permet non seulement à n'importe quel internaute de créer des contenus pédopornographiques, dont le nombre est aussi en hausse, «à partir d'images apparemment anodines», a encore dit Münch.

Mais aussi de recycler d'anciens fichiers et ainsi «commettre de nouveaux actes» illégaux, a souligné Alexander Dobrindt.

Münch a estimé que ce développement du numérique n'avait «aucun influence» sur le nombre de cas d'abus physiques concrets, mais qu'il représentait un nouveau «problème» pour la police qui doit déterminer «ce qui est réel et ce qui ne l'est pas».

Le parlement allemand doit entériner «à l'automne» le projet de loi obligeant les fournisseurs d'accès à Internet à conserver pendant trois mois les adresses IP, afin de mieux lutter contre toutes les formes de cyberdélinquance, a rappelé Dobrindt. (dal/ats/afp)

Le journaliste David Lemos épingle les travers de la FIFA
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Voici trois raisons pour lesquelles les patrons de l'IA ont la trouille
Les patrons de plusieurs géants de l’IA ont décidé de ralentir la course effrénée au développement de leurs produits. Le timing de ces annonces interroge. Pourquoi maintenant?
«Nous devons freiner le développement de l’IA», a écrit Dario Amodei, directeur général d'Anthropic, dans un billet de blog publié samedi. Après une longue réflexion, il est arrivé à la conclusion que l’ensemble du secteur devait ralentir le développement de ses modèles les plus puissants, «pour que la prévention des risques puisse suivre le rythme».
L’article