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Cette attaque montre une faille des Etats-Unis face à l'Iran

L’attaque contre une base jordanienne montre la vulnérabilité des Américains.
Une affiche anti-américaine à Téhéran. Depuis la nouvelle escalade du conflit, les missiles iraniens menacent les installations américaines au Moyen-Orient.Image: Abedin Taherkenareh/montage watson

Cette attaque montre une faille des Etats-Unis face aux missiles iraniens

Longtemps jugées invulnérables, les bases américaines au Moyen-Orient sont désormais menacées par les missiles et drones iraniens capables de percer leurs défenses.
21.07.2026, 12:0221.07.2026, 12:47
Thomas Seibert, Istanbul / ch media

Les bases militaires américaines au Moyen-Orient ont longtemps été considérées comme «invulnérables» en raison de leurs puissants systèmes de défense aérienne. Mais les missiles et les drones iraniens parviennent désormais de plus en plus souvent à franchir ce bouclier protecteur. Le dernier exemple en date est l’attaque menée vendredi contre une base en Jordanie, qui a coûté la vie à deux soldats américains.

Les progrès technologiques en matière de drones, des erreurs d’évaluation du côté américain et un possible soutien de la Chine et de la Russie rendent les missiles iraniens plus dangereux pour les forces américaines déployées au Moyen-Orient.

Une supériorité martiale qui ne suffit pas

Les Etats-Unis disposent cependant d’une supériorité militaire considérable dans leur confrontation avec l’Iran. En ce sens, ils ont stationné dans la région des centaines d’avions de combat modernes, ainsi que des porte-avions, des destroyers et des systèmes de défense sophistiqués. Mais cela ne suffit pas.

Malgré la guerre de douze jours menée contre Israël l’année dernière et le conflit qui a duré plus d’un mois ce printemps, l’Iran disposerait encore de milliers de missiles et de drones dans ses arsenaux, a estimé James Adams, directeur du renseignement militaire américain (DIA), après le début du cessez-le-feu en avril.

Les Iraniens ont également réussi à mettre à l’abri de nombreuses rampes de lancement avant les frappes aériennes américaines et israéliennes, puis à relancer la production de nouvelles armes pendant la trêve.

Les missiles balistiques d’une portée allant jusqu’à 2000 kilomètres sont particulièrement dangereux. Ils sont placés sous le contrôle des Gardiens de la révolution, la force d’élite du régime, et peuvent, grâce aux améliorations développées ces dernières années, être guidés pendant leur phase d’approche afin d’éviter les systèmes d’interception.

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Même les systèmes modernes sont dépassés

Depuis que les forces américaines ont lancé, il y a dix jours, de nouvelles attaques contre des installations militaires iraniennes situées sur le détroit d’Ormuz ainsi que contre des infrastructures civiles, les Gardiens de la révolution bombardent régulièrement des cibles à Bahreïn, au Qatar, au Koweït et en Jordanie.

La majorité des projectiles iraniens sont interceptés par les systèmes de défense des Etats-Unis, des Etats du Golfe et de la Jordanie. Mais même le système antimissile américain Thaad, considéré comme très moderne, n’a pas permis de protéger totalement la base jordanienne de Muwaffak Salti.

Affiche anti-Trump à Téhéran: l’Iran promet de se venger.
Affiche anti-Trump à Téhéran: l’Iran promet de se venger.Image: Abedin Taherkenareh

Des responsables américains, cités anonymement par le New York Times, estiment que l’Iran est aujourd’hui davantage capable qu’auparavant de franchir les défenses aériennes américaines. Des experts confirment cette analyse. La précision des missiles iraniens s’améliore constamment, a écrit Hamidreza Azizi, de la Fondation allemande Science et Politique, basée à Berlin, sur X.

Trump a-t-il été trompé par son administration?

L’armée américaine semble avoir été prise de court. Certains experts, comme Trita Parsi du groupe de réflexion américain Quincy Institute, accusent des membres du gouvernement américain d’avoir volontairement minimisé les capacités iraniennes afin de convaincre le président Donald Trump qu’une guerre contre l’Iran serait facile à gagner.

Au cours des quelque 40 jours entre le début de la guerre, le 28 février, et le cessez-le-feu du 7 avril, les Américains et les Israéliens affirment avoir frappé environ 17 000 cibles en Iran, notamment des dépôts de missiles et de drones, des usines d’armement et des rampes de lancement. Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que l’Iran n’avait:

«Presque plus rien»

Brad Cooper, commandant du Commandement central américain responsable du Moyen-Orient, a pour sa part indiqué en mai que plus de 85% de la base industrielle iranienne de production de missiles et de drones avait été détruite ou endommagée. Malgré cela, les Iraniens sont encore capables, dans la phase actuelle des affrontements, de tirer quotidiennement des missiles contre leurs adversaires.

La Chine et la Russie pourraient aider l’Iran dans ce domaine. Le gouvernement américain a imposé en mai des sanctions contre des entreprises chinoises accusées d’avoir soutenu l’Iran pendant la guerre avec des images satellites. Le chef d’Etat-major américain, Dan Caine, a également rappelé que la Russie était intervenue dans le conflit en faveur de Téhéran.

Selon des informations des médias américains, Moscou aurait fourni à l’Iran des technologies avancées en matière de drones ainsi que des données précises sur la position de navires de guerre et d’avions de combat américains. (adapt. ysc/dal)

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source: epa / sedat suna
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