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Arabie Saoudite

Les Houthis disent avoir ciblé le ministère de la défense saoudien

Les Houthis disent avoir ciblé le ministère de la défense saoudien

Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont affirmé mardi avoir visé la plus grande raffinerie de pétrole d'Arabie saoudite. Ils ont aussi ciblé le ministère de la Défense dans la capitale du royaume, cible incessante d'attaques ces dernières semaines.
27.10.2026, 17:4927.10.2026, 17:49

Les Houthis ont «réussi à frapper la raffinerie de Ras Tanoura, dans la province orientale, à l'aide d'un missile balistique. Le tir a été précis et a provoqué d'énormes incendies», a écrit sur X leur porte-parole militaire Yayha Saree.

La société de sécurité britannique Vanguard Tech a confirmé qu'un incendie leur avait été signalé près du site pétrolier de Ras Tanoura, qui aurait été maîtrisé.

«L'ampleur des dégâts et tout impact sur les opérations de chargement de pétrole restent pour l'heure incertains.»

Le mouvement soutenu par Téhéran a également revendiqué des tirs de missiles contre deux avions de combat dans le sud du royaume, et le ministère de la Défense à Riyad.

Les forces saoudiennes, qui soutiennent le gouvernement yéménite face aux Houthis et bombardent régulièrement les positions houthies au Yémen, avaient annoncé auparavant avoir intercepté et détruit des missiles.

La raffinerie, exploitée par le géant saoudien Aramco, est l'une des plus grandes du Moyen-Orient et constitue une pierre angulaire du secteur énergétique du royaume, premier exportateur mondial de brut.

Elle avait déjà été visée par des frappes dans le cadre des représailles de l'Iran et de ses alliés, qui avaient perturbé ses opérations au début du conflit régional par des frappes américano-israéliennes contre Téhéran fin février.

«Service à Israël»

La reprise des hostilités au Yémen en juillet, après quatre ans d'accalmie, a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Le mouvement houthi a réussi en septembre, à prendre le littoral yéménite sur la mer Rouge renforçant son emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez, contrôlé par l'Egypte. Et depuis début octobre, il cible quasi-quotidiennement l'Arabie saoudite.

Face à cette offensive, Ryad a cherché à rallier un soutien international, sans que son allié américain n'ait jusque là donné suite. A la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, le Parlement égyptien a lui donné son feu vert lundi aux «mesures nécessaires pour soutenir le royaume saoudien». La nature exacte de cette assistance n'a pas été précisée, mais M. Sissi avait souligné qu'elle serait purement défensive.

L'Egypte et son Parlement «déclarent ainsi la guerre à la République du Yémen, tout en rendant un immense service à Israël», a fustigé Mohammed Ali al-Houthi, membre du bureau politique des Houthis, sur son compte Telegram.

«Peur d'aucune alliance»

Il réagissait à la tenue la veille d'une réunion à Téhéran entre des dirigeants iraniens et des hauts responsables de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie, membres du pacte de défense dit de La Mecque ainsi que médiateurs régionaux dans la guerre au Moyen-Orient.

«Il est vraiment remarquable que, tandis que ces gens vont discuter de ce qu'ils appellent "la paix dans la région", l'Egypte et son Parlement déclarent leur soutien à la prétendue défense.»

A l'occasion de ce rendez-vous, Riyad avait dépêché à Téhéran son ministre de la Défense Khaled ben Salmane, frère du dirigeant de facto du royaume, pour la première fois depuis fin février. «Nous n'avons peur d'aucune alliance», a réagi Mohammed Ali al-Houthi.

L'Egypte ne s'est pas jointe au pacte de défense de La Mecque, conclu en août, mais Riyad est depuis longtemps un soutien essentiel du Caire.

L'armée égyptienne est la plus importante du monde arabe, forte de centaines de milliers de soldats, d'avions de combat et de systèmes modernes de défense aérienne fournis par divers pays, dont les Etats-Unis, la Chine, la France et la Russie.

Au pic des hostilités au Yémen en 2015, elle avait rejoint la coalition dirigée par le royaume, en apportant notamment des forces navales et aériennes, et déployant des navires de guerre en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. (sda/ats/afp)

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