Hong Kong à l'heure du recueillement après l'incendie
Des hommes, des femmes et des enfants de tous les âges ont fait la queue des premières heures du jour à la tombée de la nuit pour placer des chrysanthèmes de saison jaunes ou blancs à l'emplacement réservé aux hommages, dominé par les huit immeubles noircis du complexe résidentiel de Wang Fuk Court.
Les autorités ont maintenu samedi le chiffre de 128 personnes tuées dans le sinistre qui s'est déclaré mercredi après-midi, pour des raisons encore inconnues, apparemment dans les parties inférieures des filets de protection couvrant le chantier et protégeant de la poussière et des chutes d'objets.
Le feu s'est propagé très rapidement, semble-t-il favorisé par les filets, les panneaux de mousse et l'emploi, commun à Hong Kong, de bambou plutôt que de métal pour les échafaudages.
Le spectre d'un nouveau drame
Le complexe de 2000 logements, inauguré en 1983, était en cours de rénovation, mais toujours habité.
Les pompiers ont confirmé les dires de nombreux survivants selon lesquels les alarmes n'avaient pas fonctionné.
Quarante-quatre des défunts ne sont toujours pas identifiés, selon la police samedi. Elle cherche toujours à connaître le sort de 150 personnes qui ont été signalées disparues, avec une fiabilité relative pour au moins les deux tiers des cas, a dit à la presse un responsable.
C'est l'incendie d'immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l'exclusion de feux survenus dans des nightclubs, des prisons ou des centres commerciaux, d'après des recherches dans la base de données des catastrophes de l'Université de Louvain (Belgique).
Le chef de la sécurité du territoire n'avait pas exclu vendredi que les policiers découvrent encore des corps en se rendant sur les lieux pour leurs investigations.
Mais les plus de 600 agents des services d'identification sur place samedi en combinaison blanche et casque bleu ont fini d'inspecter intégralement deux des huit tours, et n'ont «trouvé aucun reste humain».
Une commission a annoncé vendredi soir l'arrestation de huit personnes pour des faits présumés de corruption sur le marché de rénovation, après l'interpellation de trois hommes soupçonnés de «grossière négligence».
La tragédie a rappelé la vulnérabilité de cette place forte de la finance internationale, territoire à statut spécial de la Chine, à la densité de population parmi les plus élevées au monde. Elle a aussi suscité des questions sur la passation et l'exécution des marchés dans un territoire exigu soumis à une intense pression immobilière.
Le drame a aussi suscité un immense mouvement de solidarité. Le secrétaire en chef adjoint pour l'administration de Hong Kong a indiqué que les stocks étaient suffisants pour venir en aide aux sinistrés et suggéré au public d'arrêter les dons. (ats/afp)
