Le texte, qui a été adopté jeudi par le Parlement australien, devrait obliger prochainement les plateformes comme X, TikTok, Instagram, Facebook ou Snapchat à prendre «des mesures raisonnables» pour empêcher les enfants et jeunes adolescents d'avoir un compte.
En cas de non-respect de cette obligation, des amendes pouvant aller jusqu'à 50 millions de dollars australiens (30,7 millions d'euros) s'appliqueront.
Meta, maison mère de Facebook et d'Instagram, a déploré que tout ce que le secteur «fait déjà pour assurer des expériences appropriées en fonction de l'âge» n'ait pas été pris en compte - tout en promettant que la loi serait respectée.
Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) en Australie a également jugé que la loi n'était pas «une solution miracle» contre les dangers en ligne et qu'elle pourrait rediriger les enfants vers des espaces «cachés et non réglementés».
Le Premier ministre de centre gauche Anthony Albanese a reconnu que l'application de la loi ne sera pas parfaite, au même titre que la restriction liée à l'âge pour la vente d'alcool, mais qu'il s'agissait toutefois de la «bonne chose à faire».
Malgré de nombreuses réticences, les géants des réseaux sociaux se sont engagés à collaborer avec le gouvernement australien pour définir les modalités d'application de la loi avant son entrée en vigueur, prévue dans un an. Le texte ne fournit en effet quasiment aucun détail sur ses modalités d'application, si bien que certains experts ont exprimé des doutes sur la faisabilité technique de cette interdiction et se demandent s'il ne s'agit pas d'un texte à la portée symbolique, mais inapplicable.
Meta a plaidé pour que ces modalités d'application fassent l'objet d'une consultation afin de garantir un «résultat techniquement réalisable qui ne soit pas un fardeau onéreux pour les parents ou les adolescents». Un porte-parole de Snapchat a aussi assuré à l'AFP que l'application allait collaborer pour «aider à développer une approche qui équilibre confidentialité, sécurité et applicabilité». L'entreprise a toutefois exprimé de «sérieuses inquiétudes» quant à cette loi, dont l'application soulève «de nombreuses questions sans réponse» selon elle.
Pour Katie Maskiell, une responsable de l'Unicef en Australie, les jeunes doivent être certes protégés dans cette ère numérique, mais sans toutefois en être exclus.
Une des questions soulevées par cette nouvelle législation est celle des dispositions relatives à la protection de la vie privée. Des amendements ont été apportés au texte pour empêcher que les utilisateurs aient à fournir leur carte d'identité pour attester de leur âge.
Pour les géants des réseaux sociaux, la vérification de l'âge devrait être assurée par les magasins d'application, mais le gouvernement australien estime au contraire que cette responsabilité leur revient. Certaines plateformes comme WhatsApp et YouTube, dont les adolescents ont besoin pour faire leurs devoirs, devraient être exemptées. (mbr/ats)