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Des experts de la gendarmerie française à Boutcha, le 29 avril 2022.
Des experts de la gendarmerie française à Boutcha, le 29 avril 2022. Image: sda

A Boutcha, l'identification des corps par ADN a débuté

Les premiers prélèvements ADN ont débuté mardi sur les familles des personnes disparues. Pour prêter main-forte aux autorités locales, une vingtaine d'experts français ont été dépêchés.
04.05.2022, 09:1604.05.2022, 11:25

L'identification des victimes de Boutcha vient de commencer. Il y a quelques semaines, les images des cadavres abandonnés dans les rues et les fosses communes de cette ville proche de Kiev, reprise début avril, aux mains des forces russes, ont choqué la communauté internationale.

Selon Franceinter, il reste 280 corps à identifier dans la région de Kiev. Toutefois, les chiffres varient très vite.

Valentina, une habitante de Boutcha interrogée par nos confrères de Radio France, espère pouvoir enfin récupérer la dépouille de son fils, Victor. Du moins, ce qu'il en reste. L'homme de 40 ans entamait son premier jour au sein de l'armée ukrainienne lorsqu'un obus «est tombé exactement sur sa position. Ça l'a déchiqueté», explique-t-elle. «Depuis, on le cherche pour pouvoir l’enterrer chez nous. Un mois est déjà passé, mon fils n’existe ni comme mort ni comme vivant.»

Grâce aux prélèvements ADN entamés mardi par le parquet de Boutcha, avec le soutien de gendarmes français, Valentina espère que le corps de son fils pourra être identifié.

Mission de l'IRCGN: déterminer les causes des décès

Cette première opération de prélèvements d'ADN est menée par le procureur-adjoint Andriy Turbar, avec l'appui de 18 experts français de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Une assistance technique quémandée par Iryna Venediktova, la procureure générale d’Ukraine en personne.

La procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova lors de l'inspection d'une fosse commune à Boutcha, le 12 avril 2022.
La procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova lors de l'inspection d'une fosse commune à Boutcha, le 12 avril 2022.Image: sda

Objectif des experts français? Déterminer les causes des décès des corps retrouvés (date et la cause probable de la mort, par balle, explosion, calcination, voire mort naturelle) afin de faire la lumière sur les évènements des dernières semaines dans cette zone lorsqu’elle était encore contrôlée par l’armée de Vladimir Poutine.

«Il s’agit de fixer l’état des lieux, ce que nous appelons le gel, d’une scène d’investigation, d’identifier les victimes et de rechercher les causes de leur mort», a expliqué le général Patrick Touron, chef du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, au Parisien.

Par la suite, toutes les analyses et éléments accumulés par les légistes et les gendarmes scientifiques permettront d'alimenter les dossiers d’instruction des enquêtes locales et internationales pour crimes de guerre.

Un laboratoire mobile unique au monde

«On espère que cela va vraiment faire avancer les enquêtes», confirme le procureur Andriy Turbar au micro de Franceinter. «Les gendarmes légistes français nous aident avec leur laboratoire qui permet de faire ces tests très vite, en seulement un ou deux jours… On pourra ensuite comprendre si cela coïncide avec les échantillons prélevés sur les défunts.»

Mais pourquoi faire appel à des gendarmes français pour effectuer ces identifications en Ukraine? En fait, l'IRCGN dispose d'un atout technique de taille: un laboratoire mobile unique au monde. Ce dernier consiste en un camion équipé de matériel de pointe, qui permet d’effectuer une vingtaine d’analyses ADN par demi-heure.

Une rapidité d'exécution bienvenue: «Auparavant, il fallait envoyer au laboratoire les prélèvements et attendre de sept à quinze jours pour obtenir des résultats», détaille le général Patrick Touron au Parisien.

«Autre avantage, en effectuant des comparaisons immédiates avec l’ADN des proches, on peut vite restituer les corps»

Une rapidité d'identification qui ne permettra toutefois pas d'accélérer le rythme des investigations. Selon le général, comme pour la guerre de Yougoslavie, les enquêtes risquent de se prolonger encore des années.

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