Chine: les élites du PCC réunies pour des discussions
Le président Xi Jinping et les hauts responsables du Parti communiste chinois (PCC) se réunissent lundi à Pékin pour une session qui pourrait donner des indications sur la prochaine génération de dirigeants du pays.
Ce plénum du Comité central du PCC, qui compte environ 300 membres, porte sur la gouvernance du parti, avec pour objectif de renforcer la discipline dans ses rangs, réduire la corruption et rendre les cadres plus efficaces et plus loyaux, selon les médias d'Etat.
Peu de choses sur la rencontre, qui se tient à huis clos et sous haute sécurité, seront connues avant sa conclusion jeudi, mais le moment est crucial.
Cette cinquième session plénière du Comité central précède un remaniement prévu de la direction du parti lors du 21e congrès du PCC à l'automne 2027, où Xi Jinping, 73 ans, est presque certain d'obtenir un quatrième mandat historique. Les précédents plénums ont constitué des moments clés pour consolider son autorité.
Campagne contre la corruption
Depuis 14 ans, le président chinois mène une campagne anticorruption, qui s'est traduite par l'éviction de milliers de responsables, dont des dizaines de membres du Comité central. Mais il reste frustré par le fait que les cadres n'appliquent pas ses directives.
Les médias d'Etat ont publié, avant le plénum, un article s'inspirant d'un discours prononcé par Xi Jinping en janvier, dans lequel il fustigeait les fonctionnaires «hypocrites» qui semblent se conformer aux directives du centre, mais «résistent intérieurement», prônent «l'individualisme» et font preuve d'«opportunisme politique».
Selon des analystes, le président chinois cherche à maximiser l'efficacité et la loyauté des cadres par davantage de supervision et de règles.
Mais du fait de ses purges, la participation au plénum de cette année devrait être la plus faible depuis la mort de l'ancien dirigeant Mao Zedong en 1976. Huit sièges du Comité central sont vacants, tandis que 15 autres membres font l'objet d'enquêtes et risquent d'être remplacés.
La campagne anticorruption du président Xi a aussi ciblé l'armée, entraînant la chute de cinq des sept membres de la Commission militaire centrale (CMC), la plus haute instance du parti chargée des forces armées.
Sur les 44 militaires nommés au Comité central en 2022, seuls deux n'ont pas été écartés ou n'ont pas disparu, selon l'Asia Society Policy Institute.
La session plénière pourrait voir de nouveaux membres nommés à la CMC, ou le parti pourrait attendre le congrès de l'an prochain pour la renouveler.
Cette réunion intervient aussi à un moment de fragilité pour la deuxième économie mondiale, qui peine à relancer une demande intérieure atone et à résoudre une crise prolongée dans le secteur clé de l'immobilier.
Des relations politiques et économiques houleuses avec les États-Unis pèsent également sur les dirigeants chinois. Les autorités devraient publier un résumé des résultats, une fois la réunion terminée jeudi. (sda/ats/afp/svp)
