Des manifestations à Rome et Milan se sont déroulées dans le calme
Les forces de sécurité ont été massivement déployées en Italie lors de manifestations samedi qui se sont révélées finalement modestes et en grande partie pacifiques, après une vaste opération de répression consécutive à de violents affrontements le week-end dernier.
Neuf personnes ont été arrêtées et 371 brièvement détenues lors de ces rassemblements, a annoncé la police, précisant que 110 d'entre elles étaient mineures.
3000 personnes à Rome, autant à Milan
Le gouvernement de la première ministre Giorgia Meloni a approuvé cette semaine des réformes sécuritaires strictes à la suite des violences, qui présentaient des similitudes avec les manifestations en France, et la police avait procédé à des dizaines de perquisitions et d'arrestations avant les rassemblements prévus samedi.
Quelques milliers de personnes ont manifesté à Rome et à Milan malgré le dispositif de sécurité renforcé, scandant des slogans contre le gouvernement et la police. Des hélicoptères survolaient samedi la Piazza del Duomo au centre de Milan. Des soldats en treillis circulaient par groupes, cinq véhicules militaires et un canon à eau étant garés à proximité.
En tout, quelque 3000 personnes ont défilé dans la cité lombarde, paralysant la circulation dans le centre-ville. Un nombre similaire s'est rassemblé à Rome, dans des zones proches du Colisée et de la gare centrale, Termini, face à des rangées de policiers en tenue antiémeute.
Le coût de la vie également visé
A Milan, certains magasins ont fermé plus tôt et d'autres ont barricadé leurs vitrines après des épisodes de pillage survenus le week-end dernier dans la capitale de la mode. D'autres sont restés ouverts par défi, après un appel du maire de la ville, Giuseppe Sala, à ne pas «céder à la panique». Alessandro Buhne (30 ans), employé de la boutique de prêt-à-porter masculin Philipp Plein, confie:
Ces manifestations sont organisées alors que les étudiants, les camionneurs et les agriculteurs protestent contre les coupes budgétaires et la hausse du coût de la vie, notamment du logement et du carburant.
Des mesures pour lever les barrages
Après les émeutes et les pillages du week-end dernier à Milan, le gouvernement y a déployé 500 soldats et adopté un décret assouplissant les règles de détention des mineurs et imposant des amendes à leurs parents pour tout dommage causé lors des manifestations.
La police a indiqué avoir effectué des dizaines de perquisitions en amont des manifestations de samedi et arrêté un homme de 30 ans soupçonné d'être le meneur du «Mouvement du 17 octobre», groupe ayant appelé à la mobilisation de samedi.
Le gouvernement a en outre approuvé des mesures financières pour aider les routiers et les pêcheurs à faire face à la flambée des prix du carburant observée depuis la guerre au Moyen-Orient. Les barrages de camions qui paralysaient le sud de l'Italie, provoquant des pénuries de carburant et de nourriture pendant une semaine, sont désormais levés. (btr/ats)
