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Euro 2024, l'Italie en larmes: «Les spaghetti, c'est de la merde!»

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Les Italiens sont en larmes: «Les spaghetti, c'est de la merde!»

Samedi, première journée d’Euro 2024, la fondue a battu la goulache et les Albanais ont brisé des spaghetti sous les pupilles horrifiées des supporters italiens. La guerre, parfois, ça se mange. Et, en ces temps troublés, ça fait du bien par où ça passe.
16.06.2024, 11:4116.06.2024, 12:17
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Essayez seulement de glisser du cheddar dans une carbo ou d'affirmer face à un Valaisan que la fondue est une spécialité savoyarde. Vous pouvez commander une ambulance comme un Uber et saluer une dernière fois votre famille. Car la bouffe est une arme. Plus efficace qu'un doigt d'honneur contre un drapeau, plus sournoise qu'un missile balancé par surprise, plus courante qu'un duel à l'épée et bien plus cruelle que des huées dans un virage de stade.

Saloper volontairement la spécialité d'une nation voisine, se moquer de la blanquette de veau ou piétiner l'aura de la paella sera toujours considéré comme une déclaration de guerre, par des habitants susceptibles d'exiger le rétablissement de la peine de mort. Même si certains pays sont rompus à la moquerie gastronomique (coucou les Anglais), c'est une guerre étrangement mondiale, puisque même une vulgaire goulache peut se retrouver un jour sur le champ de bataille.

Samedi après-midi, dans les gradins du premier match de la Nati, les Hongrois n'étaient pas dans leur assiette et le chauvinisme s'est logé dans les poignées d'amour.

Une attaque gourmande qui a fait le tour de la planète.

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image: getty

Au foot (mais pas seulement), quand il s'agit d'écrabouiller le cœur patriotique de l'ennemi, on va souvent préférer déposer crânement une tranche d'ananas sur une pizza plutôt que d'insulter la présidente du Conseil Giorgia Meloni. Pour le coup, les Italiens sont peut-être encore plus susceptibles que les Suisses. Sans doute parce qu'ils peuvent compter sur un patrimoine un poil plus diversifié que ce tas de fromage huileux qu'on fait fondre dans un caquelon, sans que ça ne requiert la moindre compétence culinaire.

Dans leur péninsule, niveau cliché, c'est le foot, la mafia et la ripaille. Un pays qui a eu l'audace d'élever la bufflonne (pourtant d'origine asiatique) au rang de vache sacrée. Conséquence immédiate: le moindre touriste en tongs va commander sa burrata dans un accent italien qui n'existe pas, histoire de coller vaguement au mythe.

Samedi soir, l'Italie défiait l'Albanie. Largement de quoi cuir une bonne louche de chauvinisme al dente, dans un stade de Dortmund plus habitué à la saucisse de Mettbrötchen qu'à la plâtrée de Cacio e Pepe. Un combat perdu par des Albanais qui, avant la rencontre, n'étaient pourtant pas les derniers à vouloir briser de l'Azzurri. Dans une séquence qu'on dirait fomentée par l'intelligence artificielle, des supporters albanais ont fait l'impensable: casser une poignée de spaghetti sous les yeux horrifiés de leurs homologues italiens.

En pleine rue, comme ça.

(Ne bidouillez pas votre bouton de volume, la vidéo originale n'a pas de son.)Vidéo: twitter

Sur le trottoir d'en face, les Italiens sont en larmes. L'un d'eux finira même à genoux, implorant son bourreau de mettre fin à la torture. Du grand cinéma. Que le football et l'Italie savent nous offrir, quand des dizaines de nations se retrouvent quelques semaines autour d'un même ballon (de rouge, aussi, y a pas de raison).

Une guerre bon enfant, joyeuse et, surtout, inoffensive (lourdeurs d'estomac mis à part). A l'heure où l'Europe doit dealer avec le grand méchant russe et digérer des relents autoritaires et extrémistes, cet Eurovision en crampons a les moyens (et peut-être la mission?) d'apaiser les esprits. Si certains dirigeants rechignent à se mettre à la table des négociations, faisons en sorte que les peuples se mettent à table... tout court.

Et qu'importe si c'est pour se jeter des tranches de saucisson à travers la gueule.

Autour des stades, rudoyer un paquet de spaghetti sera toujours plus digeste qu'une pancarte homophobe ou la moindre agressivité politique. Et, à ce petit jeu, samedi, les Albanais auraient peut-être dû s'en tenir au gluten. Dans la séquence précédente, alors que les pâtes volent en éclat, un drapeau fait son irruption dans le champ de la caméra. Celui de la controversée «grande Albanie», dont l'un des symboles, l’aigle bicéphale, avait été mimé par un certain... Xherdan Shaqiri, à la Coupe du monde 2018, en Russie.

Quelqu'un reprend un peu de goulache?

- Le but de Bajrami contre l'Italie
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