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Commentaire

Castex accuse sa fille pour justifier la vaccination des enfants. Quel toupet!

A force de chercher des coupables aux flambées successives ou des arguments pour que la population suive les recommandations des autorités, on finit par accuser sa propre fille. Le premier ministre français a attrapé le Covid fin novembre? Tout est de la faute de sa progéniture!
13.12.2021, 21:5914.12.2021, 12:15
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Chaque nouvelle vague d'infections doit tenir fermement son coupable. Pour rassurer les autres. Pour convaincre. Pour se justifier, aussi. Après les grands-mamans, les malades, les antivax ou les boîtes de nuit, voilà quelques semaines que les enfants sont dans le viseur des épidémiologistes et des politiques. Bien sûr, les gamins sont au centre de l'attention pour de bonnes raisons: les 0-19 ans font partie des plus contaminés et le sujet est chaud bouillant. Mais qu'ont-ils fait de mal?

Rien. Hormis d'être précisément des mioches.

Mais ça n'a pas suffi pour dissuader Jean Castex de balancer sa fille à la France entière ce week-end pour justifier l'importance de la vaccination des plus petits. Selon le Premier ministre, vacciner les enfants de 5 à 11 ans contre le Covid-19 est «une nécessité». Soit. Un certain nombre de scientifiques pensent comme lui. Mais, dans son esprit, rien ne vaut un petit déballage personnel pour espérer convaincre le citoyen:

«J'en suis l'exemple vivant: c'est ma fille de 11 ans qui m'a donné le virus il y a quelques semaines»
Jean Castex, Premier ministre français, sur France Bleu Alsace

Non seulement la petite n'a rien demandé, mais son secret médical se retrouve littéralement éventré et rien ne prouve réellement que le premier ministre a bien été contaminé par la chair de sa chair.

D'autant que ses récents bains de foule épinglent le toupet de Castex aujourd'hui. Lui qui, quelques jours avant l'annonce de sa positivité au Covid-19, serrait des paumes sans sourciller (et sans masque). Vous vous souvenez?👇

Une tactique lâche

Une tactique un peu lâche qui trahit aussi la faiblesse de la stratégie, mais qui permet surtout de démontrer (une fois de plus) que la communication des gouvernements est au moins aussi importante que ses décisions. Surtout quand elle laisse à désirer. Qu'il faille prendre des mesures parce que la vaccination patine, que les variants aiguisent leurs assauts, que les gestes barrières fondent comme neige au soleil, que les hôpitaux suffoquent, c'est une évidence. Mais prendre des mesures, c'est prendre des responsabilités. Les siennes. Un Premier ministre ne peut pas utiliser sa fille dans l'espoir de susciter une prise de conscience.

Jean Castex doit assumer lui-même cette urgence. Une urgence causée, rappelons-le, par des mesures prises tardivement par les autorités. Olivia Keiser, professeur d'épidémiologie à l'Institut de Santé Globale de l'Université de Genève, déplorait d'ailleurs il y a quelques jours sur watson une communication problématique sur la question des enfants:

«Au début, on nous a dit qu'ils ne s'infectaient pas, puis qu'ils ne transmettaient pas aux adultes. Mais on constate aujourd'hui que ce n'est pas vrai»

Nous avons tous été coupables à un moment donné de la pandémie. Le virus, en tête. Mais une chose est aujourd'hui certaine: en deux ans, désigner des boucs émissaires n'a jamais permis d'enrayer la progression du Covid-19. Au contraire: c'est la méfiance de l'autre et les tensions au sein de la population qui se retrouvent à chaque fois renforcées.

Si les boîtes de nuit ou les stades de foot savent se défendre, les gamins se retrouvent impuissants dans ce rôle tout frais d'ennemis numéro un des décideurs en manque d'idées pour faire taire le virus. Protégeons-les au lieu de nous en servir comme écran de fumée quand on a mal fait son boulot.

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