Le Conseil de la paix de Trump pose un problème fondamental
L’ambiance est électrique au Forum de Davos. Il apparaît de plus en plus clairement que le «Conseil de la paix» imaginé par Donald Trump dépasse largement le simple rôle d’organe de surveillance pour Gaza.
Le président américain vise bien davantage, soit une organisation qui concurrencerait l’ONU. Une structure censée garantir sa vision de l’ordre mondial bien au-delà de sa propre disparition.
Un problème fondamental
La charte fondatrice, qui a fuité dans la presse, donne une idée du projet. L’accès serait réservé à des dirigeants triés sur le volet, moyennant un droit d’entrée d’un milliard de dollars. Parmi les invités, des autocrates comme Xi Jinping, Vladimir Poutine ou Alexandre Loukachenko. Volodymyr Zelensky, en revanche, n’en ferait pas partie. A la tête de ce conseil, Donald Trump lui-même, président à vie, avec le droit exclusif de désigner son successeur.
La tentation est grande de tourner ce projet en dérision. Trump aurait enfin enterré l’idée d’un troisième mandat à la tête des Etats-Unis. Pourtant, la critique sur laquelle repose cette lubie de fin de carrière n’est pas infondée.
L’ONU est en effet débordée dans son rôle de garante de la paix. Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto et se montre impuissant face à des régimes terroristes comme celui de l’Iran.
Mais c’est précisément pour cette raison que le contre-projet de Trump est si problématique. Quiconque veut réellement corriger les faiblesses de l’ONU devrait renforcer son idée fondamentale, à savoir la sécurité collective, la protection contre l’arbitraire et le renforcement de la démocratie.
Le Conseil de la paix de Trump fait exactement l’inverse. Il repose sur la loyauté, l’argent et le pouvoir. Ce n’est pas un instrument contre les dictatures, c’est leur club privé.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
