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Corée du Nord

Pyongyang lance un missile intercontinental, mais rate sa cible

Pyongyang lance un missile intercontinental, mais rate sa cible

A la fin septembre, le régime de Kim Jong-un avait décidé de mener des frappes préventives à son bon vouloir.
A la fin septembre, le régime de Kim Jong-un avait décidé de mener des frappes préventives à son bon vouloir.Image: sda
Selon l'état-major interarmées sud-coréen, six missiles ont été tirés jeudi matin par la Corée du Nord, en direction de la mer du Japon.
03.11.2022, 04:2103.11.2022, 07:36
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La Corée du Nord a lancé jeudi trois nouveaux missiles, dont un engin intercontinental (ICBM), au lendemain d'une salve inédite de tirs qui a porté à son comble la tension dans la région. Ils ont déclenché une alerte dans une île sud-coréenne ainsi qu'au Japon.

«Le lancement d'un ICBM par la Corée du Nord s'est vraisemblablement soldé par un échec»
Déclaration de l'armée sud-coréenne

Selon l'état-major interarmées sud-coréen, trois missiles balistiques, l'un à longue portée et deux à courte portée, ont été lancés jeudi matin par le Nord en direction de la mer du Japon.

Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti pour le deuxième jour consécutif dans l'île sud-coréenne d'Ulleungdo, située à 120 km à l'est de la péninsule coréenne, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre japonais de la défense Yasukazu Hamada a précisé que le Japon n'avait pas été survolé par un de ces projectiles, contrairement à ce que les autorités avaient indiqué plus tôt:

«Le missile a été détecté comme ayant le potentiel de survoler l'archipel japonais et une alerte a été émise, mais après avoir vérifié ces informations, nous avons confirmé que le missile n'avait pas traversé l'archipel japonais, mais avait disparu au-dessus de la mer du Japon. Nous sommes en train d'analyser la raison de cette disparition.»
Yasukazu Hamada

«Un outrage»

Les chaînes de télévision japonaises ont diffusé jeudi matin des avertissements aux habitants des régions de Niigata, Yamagata et Miyagi, dans le nord du pays, leur demandant de rester à l'abri. Le service de trains à grande vitesse Shinkansen a été brièvement suspendu.

Le 4 octobre, un missile balistique nord-coréen avait survolé le Japon pour la première fois en cinq ans:

«Le barrage continu de missiles jour après jour est un outrage et ne peut être toléré»
Le premier ministre japonais, Fumio Kishida

Selon l'armée sud-coréenne, c'est la première fois, depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, qu'un projectile nord-coréen terminait sa course aussi près des eaux territoriales du Sud.

«Invasion territoriale»

Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a estimé que ces tirs constituaient «une invasion territoriale de fait». Les autorités du Sud ont fermé plusieurs couloirs aériens au-dessus de la mer du Japon pour «assurer la sécurité des passagers des lignes vers les Etats-Unis et le Japon».

L'armée nord-coréenne avait ensuite effectué une centaine de tirs d'artillerie près de la frontière intercoréenne à l'est de la péninsule. Le Sud a riposté en lançant trois missiles en mer, près de la zone où avait amerri l'un des projectiles du Nord.

Cette démonstration de force par Pyongyang intervient au moment où la Corée du Sud et les Etats-Unis mènent les plus importants exercices aériens de leur histoire dans la région. La Corée du Nord considère ce type de manoeuvre comme une répétition générale à une future invasion de son territoire.

«Cet exercice, baptisé Tempête vigilante ( Vigilant Storm), constitue une manoeuvre militaire agressive et provocatrice visant la République populaire et démocratique de Corée, qui a menacé Séoul et Washington de payer le plus horrible prix de l'histoire.»
Déclaration du régime nord-coréen

Essai nucléaire

Les Etats-Unis et la Corée du Sud avertissent depuis des mois que la Corée du Nord s'apprête à réaliser un essai nucléaire, qui serait le septième de son histoire et le premier depuis cinq ans.

A la fin septembre, le régime de Kim Jong-un avait adopté une nouvelle doctrine proclamant le caractère «irréversible» du statut de puissance nucléaire du pays, rendant impossible tous pourparlers futurs au sujet de sa dénucléarisation, et se réservant le droit de mener des frappes préventives.

Cette proclamation avait été suivie, en septembre et octobre, d'une longue série d'essais de missiles, présentés par Pyongyang comme des simulations «nucléaires tactiques».

Les récentes séries de tirs «sont des célébrations préliminaires à leur futur essai nucléaire», a prédit Ahn Chan-il, chercheur spécialisé sur la Corée du Nord. «Cela ressemble aussi à une série de tests pratiques pour leur déploiement nucléaire tactique», a-t-il dit à l'AFP. (ats/jch)

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