La culture du pavot à opium repart à la hausse en Afghanistan
Le dernier rapport de de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) révèle une multiplication par quatre des surfaces cultivées en un an. Elles atteignent désormais 43 000 hectares. La production estimée d'opium a, elle, été multipliée par cinq, passant de 300 à 1500 tonnes. Les autorités talibanes affirment toutefois avoir détruit plus de 22 000 hectares.
Premier producteur mondial de pavot pendant longtemps, l'Afghanistan avait été dépassé par la Birmanie après la prohibition décidée par le gouvernement taliban en 2022 et des campagnes d'éradication. Les surfaces cultivées étaient alors passées de plus de 200 000 hectares juste avant l'interdiction à 10 000 hectares en 2025.
De nombreux agriculteurs pauvres bravent toutefois l'interdiction par un manque d'alternatives financières. Un hectare de blé générait un peu plus de 770 dollars en 2023, contre 10 000 dollars pour un hectare de pavot, selon l'ONUDC. En 2026, le prix d'un kilo d'opium séché se négociait à 500 dollars (415 francs).
Pour juguler durablement la production, il faut un développement économique complet. Celui-ci nécessite à son tour environ 500 millions de dollars, chiffrait l'ONUDC en 2025. Or, seulement 10% ont été financés par les donateurs et les autorités talibanes.
«Problème international»
L'opium est «un problème international», souligne le représentant de l'ONUDC en Afghanistan, Polleak Ok Serei. «La drogue afghane est consommée hors des frontières, pas seulement dans les pays voisins, mais au-delà sur d'autres continents».
L'opium afghan est la source principale de l'héroïne dans l'UE, où environ 850 000 personnes consommaient des opioïdes en 2024, selon l'Agence européenne sur les drogues. D'où l'importance d'avoir aussi une «stratégie pour réduire la demande», plaide Ok Serei. (ats/vz)
